Le rêve ou l'argent

Quel détenteur de carte Airmiles n'a jamais rêvé... (Archives La Presse, Bernard Brault)

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Quel détenteur de carte Airmiles n'a jamais rêvé de se payer un voyage avec ses milles accumulés? Il semblerait toutefois qu'entre le rêve et la réalité, il y a un fossé énorme à franchir.

Archives La Presse, Bernard Brault

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CHRONIQUE / Alors voilà, le verdict est tombé, il faut arrêter de rêver.

L'argent, il n'y a que ça de vrai.

Je vous ai raconté mercredi mon aventure avec ma carte Airmiles, aventure qui n'a rien à voir avec celle qu'on m'avait fait miroiter en novembre 1993 quand j'ai adhéré au programme de fidélisation. C'est écrit en bleu sur blanc sur ma carte, «voyagez de par le monde», avec la silhouette d'un avion dessiné dessus.

Le message est clair : accumulez des milles, voyagez.

Alors en 23 ans, j'ai accumulé le rondelet total de 2503 milles, juste assez pour avoir un haut-parleur sans fil, qui n'aura duré que le temps d'une chanson.

Cinq, pour être plus exacte.

Je m'en doutais, je ne suis pas la seule à m'être sentie flouée, j'ai reçu des dizaines de courriels, des «moi aussi», comme celui d'un gars qui a commandé un cellier, livré bossé, qui avait comme seul défaut de ne pas garder sa température.

C'est le gars, disons, qui a été refroidi.

De gentils lecteurs ont voulu me remonter le moral en me prodiguant des conseils sur l'utilisation de la carte, en dissertant sur les différences entre les milles «rêves» et les milles «argent».

En gros, il faut arrêter de rêver.

L'option «argent» a été créée en 2011, quand Airmiles a annoncé que les milles accumulés par ses 10 millions d'usagers seraient effacés... le 31 décembre 2016. Quoi? vous avez manqué la nouvelle? Moi aussi. Airmiles en a fait l'annonce le 30 décembre, pendant que la dinde dégelait dans votre frigo.

Depuis ce jour-là, il faut choisir à l'avance entre le rêve d'un éventuel billet d'avion ou d'un moniteur d'activité pour chiens ou des rabais applicables sur des achats effectués aux commerces où vous accumulez les points. Si comme moi vous n'avez accumulé que du rêve, tant pis pour vous.

Et pour ce monsieur, qui a engrangé 7000 milles de rêves au fil des ans. «Quand Air Miles a créé les deux catégories de "milles", j'en ai conclu que "rêve = voyage". Je suis allé chez Vacances Transat pour avoir un peu d'information sur les voyages offerts en retour de mes "milles", on m'a répondu qu'on ne prenait que les "milles" de la catégorie "argent"!!?»

On ne peut pas convertir ses milles.

C'est le rêve ou l'argent.

Voilà le message d'un client satisfait depuis qu'il ne rêve plus. «Les récompenses sont toujours poches et les choix de voyages ou d'hôtels, trop restreints pour que j'y trouve mon compte. Mais l'argent, c'est parfait. Moi, je me gâte régulièrement en réduisant ma facture d'épicerie ou d'essence. Et ça marche.»

Avec mes 2503 milles, j'aurais eu environ 260 $ d'épicerie chez IGA.

Après 23 ans.

En fait, pour profiter vraiment d'Airmiles, il faut une carte de crédit «partenaire» qui permet d'accumuler des milles à chaque transaction. Un gars m'a écrit, il paye tout avec sa carte de crédit. «Depuis six ans, j'ai sauvé de 400 $ à 600 $ annuellement pour nos vacances hivernales. Calculez-le, c'est 2500 $ à 3000 $ de sauvé à date. Ça fait ça de moins et cela fait bien notre affaire.»

Ça fait aussi l'affaire d'Airmiles, qui vend les statistiques de consommations de ses millions de clients.

Airmiles n'a pas le monopole de la fidélité à sens unique. Un monsieur m'a écrit pour se vider le coeur contre Aeroplan. «Je ramasse des points depuis plusieurs années. Aujourd'hui à la retraite, je vais sur le site Aéroplan pour réserver un vol de Québec jusqu'au Viêtnam. Pour un seul billet, on me demande 90 000 points, plus une surcharge de 955 $ pour les frais et taxes. Je vais sur le site Expédia.ca et sur Jetcost, on me demande 1155 $ pour ce billet aller-­retour, qui inclut toutes les taxes et surcharges.»

Faites le calcul, le monsieur épargne un gros 200 $.

Il fouille encore. «Je poursuis et j'explore un vol Québec-Paris avec Aéroplan. On me demande 60 000 points et une surcharge de 555 $. Air Transat offre des billets aller-retour, pour la même période, à 785 $.»

Il m'est arrivé exactement la même chose, j'avais appelé chez Aeroplan, on m'avait conseillé d'aller faire un tour à Los Angeles ou à New York.

Ou aux Îles-de-la-Madeleine.

C'est magnifique, les Îles-de-la-Madeleine, j'y vais chaque année - en voiture -, là n'est pas la question.

C'est tout simple. Personne n'aime être trompé.

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