Le remède miracle

Karine Champagne a formé sur Facebook il y... (Caroline Durocher)

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Karine Champagne a formé sur Facebook il y a trois ans le groupe Karine et ses Mères-veilleuses. Son objectif était de faire bouger les femmes, les mères.

Caroline Durocher

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(Québec) CHRONIQUE / L'ANTIPERFORMANCE (Dernière de 3) - Tic, tac, tic, tac. Le chrono roule, l'horloge règle nos vies. Dans le tourbillon du quotidien, qui nous étourdit parfois, il devient difficile de nous arrêter. De prendre le temps de faire du sport, de reprendre le contrôle sur notre vie. Voici l'histoire de trois femmes qui l'ont fait. 

Il y a trois ans, presque jour pour jour, Karine Champagne a écrit un petit message sur Facebook. «Je cherche des femmes à motiver pour un cinq kilomètres.»

Elle s'attendait à en avoir trois, peut-être quatre.

Elle en a eu 50. «J'ai appelé le groupe Karine et ses Mères-veilleuses, un peu comme Marc et ses échalotes! L'objectif, c'était faire bouger les femmes, les mères. Je les ai réunies, j'ai donné ma première conférence. Je leur ai dit, «aujourd'hui, on est 50, mais un moment donné, dans 5, 10 ans, on va être 25 000!»

Ça lui a pris deux ans et une semaine.

Le groupe Facebook compte aujourd'hui plus de 31 000 membres, exclusivement des femmes, qui se partagent ce qu'elles font pour bouger, qui demandent des conseils, qui viennent chercher des tapes dans le dos. C'est aussi un réseau de vigilance. L'idée de Karine a fait boule de neige. «Des belles histoires, il y en a à la tonne!»

J'en ai pris trois, au hasard.

Myriam : «En 2011, je pesais 298 livres. Je suis maman de quatre enfants, je vis et travaille dans le sucre, les gâteaux, la crème au beurre, le fondant et les bonbons, environ 70 heures par semaine, je suis cake designer. Aujourd'hui, presque 100 livres en moins, j'ai complété mon premier triathlon de 750 mètres de nage, 20 kilomètres de vélo et 5 kilomètres de course en 1h51. Comme quoi si on met du temps pour soi avec de la volonté, tout est possible.»

Sylvie : «Je voulais vous partager que ça fait sept mois que je n'ai pas pris une seule goutte d'alcool. Sept mois de petites et grandes victoires quotidiennes :-) Vous les mères-veilleuses, vous m'aidez d'une façon incroyable. [...] Ce n'est pas toujours facile, mais je reste debout!»

Marie-Soleil : «Ça fait maintenant trois semaines que je marche entre deux et huit kilomètres par jour. Il y a des jours où je marche simplement et d'autres où je fais de la marche rapide. Je suis fière de moi, mais je n'ose pas en parler avec ma famille, car je finis souvent par me faire dire des commentaires décourageants. Alors, qui a envie d'être fière avec moi?»

En quelques heures, elle a reçu 740 «like» et 182 commentaires.

Tous positifs.

Vous avez sûrement déjà vu Karine à TVA, vous l'entendez peut-être à Rouge FM dans le retour à la maison. Elle et moi, on a été «colocs» dans une autre vie, on a appris notre métier ensemble à Jonquière en art et technologie des médias. Elle donnait des cours de workout pendant que j'allais boire des pichets à l'Envol sur la Saint-Do.

Dans ma tête, Karine était une sportive. «Ça s'est arrêté là.»

Elle a commencé à travailler tout de suite après le cégep, elle a eu deux enfants, et le sport a pris le bord. Jusqu'à l'âge de 35 ans. «C'était en mars, je m'en souviens bien. Je me suis demandé à quoi je voulais ressembler plus tard... Je me suis habillée, j'ai mis mes espadrilles, j'ai fait une minute de course, une minute de marche. Pendant 24 minutes.»

Quand elle est revenue, elle était cramoisie. «J'étais rouge tomate, j'avais envie de vomir. J'avais le choix entre la same old shit ou la crazy new shit

Vous connaissez la réponse.

Elle s'est souvenue de Julie Moss. «Quand j'avais neuf ans, je l'avais vue à la télé, c'était la première femme à compléter un Ironman. Je me rappelle, quand elle est arrivée au fil d'arrivée, elle s'était effondrée, elle avait fini à quatre pattes. À neuf ans, je comprends que c'est difficile...»

Elle a fait cette promesse à son père : «Quand je vais être grande, je vais faire ça.»

Ça lui a pris 31 ans, elle était grande depuis un bon bout de temps. «Je l'ai fait. Je me suis inscrite à 40 ans, j'ai fait le Ironman de Mont-Tremblant à 41 ans. Quand je suis arrivée à la ligne d'arrivée, je me revoyais, à neuf ans...»

Un Ironman, c'est 3,8 kilomètres de natation, 180 kilomètres de vélo et 42,2 kilomètres de course. «Et de la fierté jusqu'à la fin de tes jours!»

Le sport, c'est ce que Karine a trouvé pour soigner une dépression, en 2011, quand elle était à LCN le matin. Le médecin lui a prescrit «jusqu'à six heures de sport par jour... Je ne me suis jamais rendue jusque-là, mais ça a frappé mon imaginaire. J'ai soigné ma dépression comme si c'était un cancer, et le sport, c'est le meilleur antidépresseur...»

Elle s'est qualifiée pour le Championnat du monde de triathlon six mois plus tard.

Le sport l'a sauvée, littéralement. «Il faut décider d'investir sur soi, se dire : "J'en vaux la peine." Je vais avoir 43 ans en novembre et jamais je ne me suis sentie aussi bien de toute ma vie.»

C'est ce qu'elle dit aux femmes, bougez, n'importe comment.

Aucune pilule n'accote le sport. Des chercheurs australiens et danois ont calculé l'effet de l'activité physique, ils ont répertorié plus de 1000 réactions dans le corps. D'autres recherches ont démontré que le sport peut contrôler le diabète, réduire le stress, prévenir le cancer, les crises cardiaques.

Un remède miracle, rien de moins.

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