Le mieux n'est pas l'ennemi du bien

Atteinte de fibromyalgie, Catherine Leclerc a dû apprendre,... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Atteinte de fibromyalgie, Catherine Leclerc a dû apprendre, à l'âge de 16 ans,  à écouter son corps, ce qu'elle n'avait jamais fait avant.

Le Soleil, Erick Labbé

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CHRONIQUE / L'ANTIPERFORMANCE (2e de 3) - Tic, tac, tic, tac. Le chrono roule, l'horloge règle nos vies. Dans le tourbillon du quotidien, qui nous étourdit parfois, il devient difficile de s'arrêter. De prendre le temps de faire du sport, de reprendre le contrôle sur sa vie. Voici l'histoire de trois femmes qui l'ont fait.

À 16 ans, le corps de Catherine Leclerc l'a lâchement laissé tomber, un coup de Jarnac au pire moment évidemment, pendant une compétition de patinage artistique.

«Tout a craqué, m'avait-elle raconté lors de notre première rencontre l'an dernier. J'avais trop de douleur, je ne pouvais plus continuer, je n'arrivais plus à faire semblant. Je me sentais tellement humiliée.»

Catherine-la-patineuse est morte ce jour-là.

Catherine-la-performante aussi. Elle a reçu son diagnostic, fibromyalgie, une maladie qui fatigue le corps au grand complet. Elle a dû apprendre à écouter son corps, ce qu'elle n'avait jamais fait avant.

Quand je vous avais raconté son histoire l'année dernière, elle s'apprêtait à courir le 10 kilomètres du marathon Québec-Lévis. Quand je l'ai rencontrée la semaine passée, elle venait de faire le demi-marathon. «J'ai été surprise de voir que je pouvais courir pendant deux heures avec mon corps...»

Elle ne vise pas le marathon. «On verra, ce n'est pas impossible.»

Elle voulait aussi me parler de Florence. Florence a lu son histoire l'an dernier, elle s'est reconnue tout de suite, c'était son histoire à elle aussi : même diagnostic, au même âge, même deuil de la performance.

Florence a écrit à Catherine sur Facebook pour lui demander conseil. «C'était un dimanche gris, plate, j'avais des douleurs. Il y a des signes, des fois, dans la vie...» Les deux filles se sont liées d'amitié. «On se ressemble beaucoup elle et moi, on a un parcours qui se ressemble. Mon histoire l'encourage, ça lui donne de l'espoir, elle se dit : "moi aussi, je veux commencer à courir."»

Elle lui dit aussi : «tu m'épates».

Florence est en cinquième secondaire, elle a fait un premier kilomètre autour de l'hôpital. «Elle commence à diminuer son horaire, à accepter ses limites. C'est déjà un gros bout de chemin de fait. Et elle s'affirme, elle n'est plus gênée de dire : "j'ai la fibromyalgie".» Catherine en a eu honte longtemps, elle se cachait pour aller à ses rendez-vous chez le médecin.

Plus maintenant.

Catherine a aujourd'hui 22 ans, elle étudie à l'Université Laval, elle donne un coup de main aux communications du Rouge et Or, une dizaine d'heures par semaine. En plus de son entraînement, pour se garder en forme. Catherine-la-performante n'est jamais bien loin. «Des fois, je me rends compte que mon ancien moi revient, mais j'ai tellement touché le fond il y a trois ans que je sais que je ne retomberai pas. Il y a un chemin qui a été fait, je connais mon corps. Quand tu veux trop pousser, ça ne fonctionne pas...»

Il n'y a pas de recette magique.

«Rien ne se fait tout seul. Je ne suis pas une exception. Personne n'est né athlète, tout le monde peut faire de l'activité physique, peu importe ses capacités physiques. J'ai seulement appris à trouver l'équilibre, à connaître mes limites et à aller là-dedans.» 

Et à les repousser, doucement.

Elle continue à prendre sa médication, elle fait aussi du yoga. «Le yoga, ça m'aide beaucoup pour diminuer l'anxiété, pour équilibrer tout ça. Travailler sur moi a beaucoup aidé. Au début, c'était des essais et des erreurs, c'était dur pour le moral, mais là, je vis les résultats de mes efforts!»

Elle aimerait que son histoire en inspire d'autres, comme Florence. «Je ne peux pas juste m'occuper de moi, mais je peux redonner aux autres. On est influencés par les gens autour de nous. Quand il y a du positif, ça donne du positif. Quand tu t'entraînes, t'es avec des gens qui veulent se dépasser, tu ne peux pas laisser tomber!»

Ça aide à passer au travers des mauvaises journées, parce qu'il y en a, et qu'il y en aura toujours. «Je ne suis pas toujours sur un nuage. Il y a des fois où c'est plus dur, je fais une sieste et je repars! Ce n'est pas que la douleur n'est plus là, que c'est réglé, c'est que je vois les choses autrement. Je regarde ailleurs.»

Devant.

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