La prise en charge

Diagnostiquée d'un cancer, Josée Morel considère que le... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Diagnostiquée d'un cancer, Josée Morel considère que le personnel soignant a fait un travail impeccable et humain.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) CHRONIQUE / D'habitude, quand je reçois des histoires d'hôpital, c'est le plus souvent l'histoire de ce qui a mal été.

Ce n'est pas l'histoire de Josée Morel. Elle m'a écrit, il y a un mois environ, pour me raconter comment elle s'est retrouvée à l'Hôpital Laval en avril, deux jours après avoir fêté les 70 ans de son chum. «Je me suis levée avec un mal de tête et, vers 10h30, ça n'allait plus du tout.» Elle ne voulait pas aller à l'hôpital, son chum a insisté.

Josée est arrivée à 11h. «On a fait toutes les étapes, ils ont fait tous les tests qui étaient nécessaires : des radiographies, un scan, deux échographies du coeur, une première légère et une autre en profondeur. Ils ont fait le tour!» Ils ont revu l'urgentologue après, les nouvelles n'étaient pas bonnes. «Ils ont trouvé une masse de 45 millimètres dans mon poumon droit.»

Le cancer. Méchant, stade 4.

Ce n'est pas à cause de ça qu'elle avait mal à la tête, c'était à cause d'une labyrinthite. Ça a été le serin dans la mine. «J'ai été prise en charge tout de suite par une infirmière, elle m'a expliqué ce qui allait se passer.» Josée et son chum sont partis de l'hôpital vers 19h avec des dépliants et un carnet de rendez-vous. Les pronostics n'étaient pas bons. «Habituellement, ils n'opèrent pas ce cancer-là. Mais le chirurgien, Jocelyn Grégoire, a pris une chance. Il est merveilleux. Il est allé voir pour évaluer si c'était possible d'opérer. C'était possible.»

Le chirurgien a enlevé le lobe supérieur, un bout de ganglion au passage, il a recousu Josée.

Et au lieu de faire de la chimio palliative, elle fait de la chimio préventive. «Ils veulent s'assurer qu'il n'y a pas de métastases ailleurs. J'ai quatre séances de trois traitements de chimio et, ensuite, de la radiothérapie.»

Quand je l'ai rencontrée, dans un petit café en face de l'hôpital, elle s'apprêtait à commencer sa deuxième séance. «Tout le monde est de bonne humeur là-bas! Le premier jour, je ne voulais pas y aller, j'étais enragée. Ça s'est tellement bien passé, dans la bonne humeur, que j'ai oublié le traitement!»

Rien à voir avec le mouroir qu'elle s'imaginait. «Ces gens-là, ils travaillent avec la mort, mais ils ont toujours le sourire!» Et ils prennent le temps. «Quand on passe des bouts difficiles, ils prennent le temps de nous écouter, de nous expliquer. Ils nous préparent à ce qui s'en vient, comme les cheveux qui tombent. Ils prennent tous les rendez-vous pour nous, ils inscrivent les dates et les heures, on sait où on s'en va un mois à l'avance.»

Elle m'a montré son livret, «passeport en oncologie», un genre d'agenda de lutte contre le cancer.

«Un matin, j'étais plus essoufflée, l'infirmière l'a tout de suite remarqué. Elle m'a pesée, j'avais pris 10 livres, elle est allée tout de suite voir le pharmacien. Ils ont fait des tests, je n'ai pas eu à me déplacer, et tout a été réglé!» Josée voulait que je vous parle de l'infirmière pivot, son nom le dit, elle est un peu comme le chef d'orchestre. «Si j'ai un problème, je peux l'appeler n'importe quand. Je me sens réconfortée, en confiance. Je sais qu'il ne peut rien m'arriver, elle en a gros sur les épaules, mais jamais je ne sens que je la dérange.»

Et elle n'a pas seulement Josée comme patiente.

Mais Josée, c'est dans sa nature, n'allait pas rester là à se faire prendre en charge sans rien faire. Elle a eu l'idée d'une petite fondation «J'aimerais te dire», pour redonner ce qu'elle reçoit.

Elle a fait des bijoux, des tableaux sur du verre, de petits contenants dans lesquels on peut glisser un minuscule parchemin.

Avec un message dessus.

Entre ses séances, elle planche sur ses oeuvres. «Il fallait que je fasse quelque chose, sinon j'allais faire une dépression. Je n'arrête pas beaucoup, j'ai toujours des nouvelles idées! J'aime mieux être fatiguée que de rester dans mon coin à déprimer, à me demander pourquoi ça m'est arrivé...»

Elle se demande encore pourquoi, 5 % du temps. Le reste, «90 %, je me dis que je suis chanceuse. Et l'autre 5 %, je suis en colère».

L'argent qu'elle ramassera pour sa fondation, elle veut s'en servir pour offrir «des gâteries» aux patients, des petites choses qui font plaisir, qui augmentent le confort. Elle aimerait s'allier avec les Fermières, qui ont déjà un local à l'Hôpital Laval, elle voudrait y vendre ses objets.

Sa première idée, c'était de trouver une solution pour le stationnement, qui finit par coûter une petite fortune, à 6 $ l'heure jusqu'au maximum de 14 $ par jour. «J'aurais bien aimé trouver une solution pour le stationnement, pouvoir offrir des rabais. Mais c'est impossible, je ne ramasserai jamais assez!»

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