Le papa nouveau

Valérie et son conjoint Philippe - un papa... (Fournie par Valérie Harvey)

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Valérie et son conjoint Philippe - un papa impliqué - reviennent d'un voyage d'un mois en famille au Japon.

Fournie par Valérie Harvey

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(Québec) CHRONIQUE / Valérie Harvey, dans ses études en sociologie, a commencé à s'intéresser aux mères, puis aux pères. Elle s'est rendu compte que l'on comparait toujours les mères aux pères.

Logique, non?

Pas tant que ça. «J'ai comparé les pères, ceux d'avant et ceux de maintenant, et ce que je vois est très intéressant. Le papa est en mutation. Pour ce qui est des tâches ménagères, il y a encore un bout de chemin à faire, mais pour ce qui est des soins aux enfants, on remarque une énorme progression.»

Voilà qui est au coeur de sa thèse de doctorat, le rôle du papa au Québec, sur laquelle elle est en train de plancher.

Valérie a évidemment cherché à comprendre pourquoi le père avait changé. Au début, c'est parce qu'il n'avait pas vraiment le choix. «L'augmentation des divorces et des gardes partagées, même si c'était une fin de semaine sur deux, a amené le père à être seul pour s'occuper des enfants. Il a été forcé de tout faire.»

Personne pour le faire. 

Ou pour lui dire quoi faire.

Et l'enfant, lui, a vu son père faire des lunchs, promener la petite soeur en poussette, changer les couches. Il s'est dit qu'un père pouvait faire ça et, quand il est devenu père, il a naturellement été porté à le faire. «Ce que ça donne, c'est que là, on a des pères qui veulent être là, qui veulent s'occuper des enfants.»

Et ils prennent, en moyenne au Québec, sept semaines de congé parental.

Ce n'est pas la mer à boire, me direz-vous, mais c'est tout de même un bon début. Et pas mal plus que les pères des autres provinces, qui n'ont pas une banque réservée à eux de cinq semaines en congé parental. Au Québec, plus de 80 % des papas prennent un congé parental, qui, on s'entend, n'est pas un vrai congé.

Au Canada, c'est à peu près le quart.

Et en Islande, les papas prennent... trois mois. Valérie est allée voir, pour étayer sa thèse. «Les papas islandais gagnent au niveau mondial, ils ont un congé réservé de trois mois et ils le prennent!» Le programme existe depuis 2000 et il a fait des petits. «On voit des changements dans la société, entre autres plus de papas éducateurs en garderie.»

C'est la même chose pour les cinq semaines au Québec, si le père ne prend pas son congé, il n'est pas transférable. 

Et ça, c'est très important. «Lorsque le congé parental est laissé au choix des deux parents, c'est presque toujours la mère qui le prend. Traditionnellement, c'est tellement fort et la mère va même se sentir coupable si elle ne le prend pas.»

Valérie l'a remarqué lors de ses entrevues avec des papas québécois. «Ils vont dire : "La mère m'a permis de prendre des semaines." Cette perception-là est très forte chez les mères, l'impression que le père prend quelque chose qui lui appartient. C'est pour ça que c'est très important d'avoir des congés réservés au père.»

Le Conseil du statut de la femme avait proposé l'an dernier d'ajouter trois semaines au congé du père, de les retrancher du congé parental. «Il s'était fait rentrer dans le dash... par les mères! Ce n'était pas une mauvaise idée, le Conseil s'était ajusté au gouvernement, ça devait être à coût nul.»

En fait, l'enfant devrait pouvoir rester à la maison jusqu'à 18 mois. «Le mieux, ce serait 4 mois pour le père, 4 mois pour la mère et puis 10 mois en congé parental, avec l'équivalent de 55 % des salaires. Ce ne sont pas tous les parents qui pourraient le prendre, mais ils auraient le choix.»

Valérie n'en démord pas, «il faut investir au maximum dans la petite enfance. La période entre zéro et six ans, c'est tellement important, ça détermine toute la suite. Il ne faut pas calculer l'argent comme une dépense, mais comme un investissement qui va générer des économies par la suite». Entre autres les budgets des hôpitaux et des prisons.

Dans ses entrevues, Valérie a aussi noté que le discours des papas a changé. «Il y a beaucoup qui se disent "papa poule", qui me partagent leurs réflexions, que ce sont des si beaux moments qui passent et dont il faut profiter, ils réalisent que le travail n'est pas si important. Les pères n'ont plus peur d'exprimer ça.»

Et certains en payent le prix, comme les femmes. «Il y en a qui m'ont dit, j'ai mis ma carrière sur pause et ça m'a nui.»

Mais ils ne regrettent pas.

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