La solidarité

Jennifer Stone, qui a appris que ses prestations... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Jennifer Stone, qui a appris que ses prestations d'invalidité allaient  être coupées deux jours avant d'accoucher, a eu droit au généreux soutien de la communauté beauceronne.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) CHRONIQUE / Je vous ai raconté l'histoire de Jennifer Stone en février, 22 ans, elle avait appris deux jours avant d'accoucher que ses prestations d'invalidité allaient être coupées.

Pouf.

Célibataire, elle aurait eu droit toute sa vie à ses prestations. En couple, elle n'a plus une cenne, elle devient à la charge de son amoureux, qui ne peut pas la faire vivre avec son salaire.

Son salaire dépasse le maximum permis : 18 192 $.

François Blais était ministre de la Solidarité sociale à l'époque, son attachée de presse m'avait expliqué les savants calculs. «On se base sur la notion de vie maritale, aussi à savoir s'il y a présence de secours mutuel. S'il est reconnu que des personnes s'entraident, même si ce n'est pas un couple, le montant sera recalculé.»

Surtout, ne pas s'entraider.

En désespoir de cause, Jennifer avait contacté ses députés, elle avait appelé au ministère dans l'espoir de trouver une solution, d'obtenir une révision de son dossier. Une seule fonctionnaire lui a fait une suggestion pour retrouver ses prestations. «Vous n'avez qu'à vous séparer.»

Jennifer a dit merci et elle a raccroché.

Jennifer m'a écrit la semaine dernière pour me dire que le ministère n'était pas revenu sur sa décision, le contraire aurait été étonnant.

Mais Jennifer a eu d'autres prestations de solidarité, des vraies, de gens qui ont été touchés par son histoire, qui se sont mis dans ses souliers. Qui ont fait ce qu'ils aimeraient que les gens fassent s'ils étaient dans sa situation.

En avril, sa famille a organisé un gros souper-bénéfice, ils ont récolté 7000 $. Ce n'est pas rien, 7000 $, c'est presque huit fois la prestation qu'elle recevait avant d'accoucher. «Les gens de notre paroisse, Saint-Prosper, ont fait du porte-à-porte et ils ont amassé tout près de 5000 $ en certificats-cadeaux, pour de l'essence et de l'épicerie.»

L'église baptiste de Saint-Georges a payé deux ans de taxes municipales.

Deux autres membres de sa famille ont organisé un tournoi de balle-molle, il a eu lieu la fin de semaine dernière, c'est 1500 $ de plus. Ils ont même un coup de main pour réparer leur maison. «Il y a une compagnie de construction qui nous aidera avec nos rénovations urgentes :)»

Une femme d'affaires a aussi eu le goût de faire sa part, Anne-Marie Veilleux vient de fonder un organisme pour aider une famille beauceronne par année, elle a choisi celle de Jennifer. La fille de Jennifer fréquente la même garderie que celle d'Anne-Marie, c'est une mère qui veut - et qui peut - en aider une autre.

L'objectif est de remettre 20 000 $.

Au journaliste d'EnBeauce.com, Anne-Marie, qui a une entreprise de services financiers, a expliqué d'où lui est venue l'idée. «Dans le cadre de mon travail, je rencontre beaucoup de gens qui, à cause d'un diagnostic de maladie grave ou un décès prématuré qui survient dans la famille, se retrouvent dans une situation financière très difficile. Depuis quelque temps, je cherchais une cause pour laquelle m'impliquer. L'idée m'est donc venue de créer ma fondation pour aider les familles d'ici. Une fondation à plus petite échelle, mais qui remet la totalité de ses fonds aux gens d'ici.»

Moi aussi, j'en vois beaucoup, des gens qui sont dans le rouge parce qu'ils sont malades.

Ou parce qu'ils ont un enfant malade.

Parce que oui, on se pète les bretelles au Québec sur notre filet social, mais dans les faits, il est pas mal effiloché. Parlez-en aux parents de la petite Rosalie, dont je vous ai parlé deux fois, elle vient d'avoir cinq ans et elle ne tient pas assise. Il faut un lève-personne pour lui donner son bain.

L'an passé, ses parents ont dû faire adapter leur maison. Ils se qualifiaient pour le programme d'aide, ils étaient contents, mais ils ont déchanté. Les travaux ont coûté

35 000 $, ils ont eu droit à 16 000 $. «Le reste, on a réussi à l'obtenir par nos campagnes de financement et par nos donateurs.» 

C'est presque un travail à temps plein, trouver de l'argent. 

Tout en s'occupant de Rosalie, elle est encore aux couches. 

J'aurais aimé vous dire que Jennifer allait mieux, que sa sclérose en plaques se tenait tranquille. «Eh bien, il y a des bonnes et des mauvaises journées... ce n'est pas pire que c'était, mais ce n'est pas mieux non plus. Mais avec cette grande vague d'amour et de soucis financiers de moins, même temporairement, ça fait un grand bien à la tête!»

C'est au moins ça. 

Et la petite, elle aura trois ans vendredi. «Elle va super bien! Elle est notre petit rayon de soleil, littéralement! Elle nous donne tellement de courage et d'espoir... Elle passe avant tous les autres besoins que nous avons, nous la chérissons tellement et remercions la vie chaque jour de l'avoir parmi nous et en santé!»

C'est tout ça, la solidarité. Ça permet à des parents de voir grandir leur fille ensemble et de ne pas suivre le «conseil» d'une fonctionnaire.

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