Un accommodement raisonnable?

Des contraventions ont été placées sur des véhicules... (Collaboration spéciale Paul-Robert Raymond)

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Des contraventions ont été placées sur des véhicules aux abords du terrain Fergus-Brett, au parc Victoria, dans le quartier Saint-Sauveur. Un accommodement est souhaité pour permettre aux parents de s'y stationner lorsque leurs enfants y jouent au soccer.

Collaboration spéciale Paul-Robert Raymond

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(Québec) CHRONIQUE / Un beau samedi, gros soleil, le tendre époux part avec les gars, le grand commence le soccer. Contrairement à l'hirondelle, le soccer fait le printemps.

Et la joie de nos deux gars.

Le tendre époux cherche un stationnement, «vironne» dans le quartier Saint-Sauveur, il n'est pas le seul, le nombre d'enfants qui jouent au soccer a explosé à Québec au cours des cinq dernières années. Juste pour les petits, les Timbits, on est passé de 220 joueurs en 2011 à 396 cette année, pratiquement le double.

On est contents, on parle beaucoup de l'activité physique chez les jeunes, et le soccer est un sport formidable. 

Mais qui dit plus de joueurs dit plus de parents qui cherchent un stationnement.

Le problème est connu, les responsables de l'association Soccer Québec Centre ont fait des représentations auprès de la Ville pour accommoder les parents, pour permettre le stationnement aux endroits où la sécurité n'est pas compromise, des endroits où les voitures ne dérangent pas trop.

Sans succès.

Toujours est-il que ce samedi-là, des parents, dont le tendre époux, ont fini par se stationner en bordure d'une rue, à côté des terrains de soccer, où il est clairement indiqué qu'il est interdit de stationner. Les parents se sont dit, naïvement, c'est samedi matin, on vient faire du sport avec nos mousses, on devrait être corrects.

Évidemment, non.

À la fin de l'entraînement, dans le pare-brise de la quinzaine de voitures, une belle contravention de 53 $; 40 $ plus 13 $ de frais. Et là, je veux que ce soit clair entre nous, le tendre époux n'aurait pas eu de contravention que j'aurais écrit sur ce sujet quand même. J'écris pour les parents, en général.

Impossible de contester, bien sûr, les deux agents ont fait respecter le règlement à la lettre, les contrevenants ont sciemment enfreint la loi en se disant que le gros bon sens allait triompher, que les agents allaient voir les parents dans les estrades et les dizaines d'enfants sur les terrains de soccer. 

Le gros bon sens a perdu.

Et rebelote le samedi suivant. C'est moi qui suis allée au soccer, j'ai eu la chance, contrairement à d'autres parents, de trouver un espace «légal» où garer ma voiture. Les deux mêmes agents sont revenus avec leur véhicule blanc identifié «Ville de Québec», ils se sont payé une autre tournée.

J'ai remarqué, sur leur chemise, un logo : G4S.

J'ai cherché sur Google, la compagnie est une grosse multinationale britannique, installée dans 110 pays, elle se présente comme «le chef de file en matière de solutions de sécurité au Canada». La Ville de Québec l'embauche comme sous-traitant pour distribuer des contraventions depuis quelques années.

Une partie du montant des contraventions sert donc à enrichir G4S.

On ne demande pas aux agents de se servir de leur jugement, on leur demande d'appliquer le règlement sans se poser de questions. Et, si la compagnie veut renouveler son contrat avec la Ville, j'imagine qu'elle doit s'arranger pour rapporter un maximum d'argent. Ma collègue Annie Morin écrivait d'ailleurs lundi à ce sujet, les agents ont donné en contraventions l'an dernier 5 350 170 $, un record en 10 ans.

Le problème se pose surtout pour la rue Simon-Napoléon-Parent et la rue Chênevert, à côté des terrains de soccer, où le stationnement est interdit d'un côté, en tout temps. L'accommodement demandé est de cinq heures, le samedi de 9h à midi, le lundi et le mardi soir, de 18h30 à 19h30. 

En dehors des heures de pointe.

À la Ville, on a commencé par fermer la porte à tout accommodement, on l'a entrouverte quelques heures plus tard. «La Ville entend faire des analyses de sécurité et de circulation dans les prochaines semaines afin de valider si le stationnement peut être permis des deux côtés de la rue Simon-Napoléon-Parent sans affecter la sécurité sur cette artère.»

C'est un bon début.

Ironiquement, le stationnement est toléré la plupart du temps sur la rue Simon-Napoléon-Parent, étant donné que ça ne nuit pas vraiment à la circulation la fin de semaine, comme quoi la raison peut parfois triompher. C'est la même chose chaque été, des dizaines de parents se stationnent du côté interdit et, un samedi, comme ça sans prévenir, un agent passe et applique le règlement.

Ce serait quoi de légaliser le gros bon sens pendant cinq heures?

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