Il y a du neuf? (2)

Maryse Côté a fait des recherches afin d'en... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Maryse Côté a fait des recherches afin d'en apprendre davantage sur les personnes qui se trouvent sur les photos dont elle a hérité lorsqu'elle a acheté une maison à La Malbaie.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) CHRONIQUE / Ça fait un bail que je ne vous ai pas raconté la suite de mes histoires, les échos qu'elles ont eus, parfois. Alors voici.

Les secrets d'Harriet

Maryse Côté a tenu promesse, elle m'a donné des nouvelles. J'avais écrit son histoire il y a deux ans, Maryse avait fait une étonnante découverte dans une maison qu'elle et son amoureux ont achetée à La Malbaie, une belle maison centenaire qui a appartenu à une riche famille d'Américains, les Camac.

L'ancien propriétaire lui avait dit : «Je vous laisse des cochonneries dans le garde-robe.» Les cochonneries, c'était huit boîtes remplies de photos, de documents, de livres. Maryse a farfouillé là-dedans, a classé les photos dans le but de les remettre aux descendants. Ça lui a pris six mois.

Dans le lot, elle a découvert quelques photos cachées dans les cadres, celles-là n'étaient pas annotées. Des photos d'un bel homme, habillé en pilote. Et la photo d'une petite fille, d'environ deux ans. Avec de beaux cheveux blonds. Maryse a imaginé un amour interdit, un enfant illégitime.

Maryse a découvert ces photos le 30 mars 2014. Deux jours plus tard, la maison brûlait, perte totale.

Elle s'est mise à faire des recherches, elle a communiqué avec des historiens, a retrouvé les traces d'Harriet, une femme moderne pour le début du siècle qui, avant de se marier à un riche scientifique, a fait le tour du monde en avion, a joué dans un film muet, a même été au volant d'une rutilante Bugatti.

Maryse a même retrouvé une amie d'Harriet, une Américaine de 83 ans qui l'a connue dans les années 60, elle lui a parlé de cette femme, triste. Elle lui a raconté «entre autres ses dépressions, l'amour qui n'était pas au rendez avec son mari. La riche Harriet est morte seule et pauvre».

Un historien en Angleterre lui a confirmé la naissance, en 1933, d'une fille qui pourrait être celle sur la photo.

Aucune trace du beau pilote.

Deux ans après l'incendie, Maryse et son chum ont pu finalement emménager dans la maison. «Elle a été reconstruite selon le style américain des années 1900, et je commence à accrocher les souvenirs des soeurs Camac.»

Pour ce qui reste, le feu a presque tout emporté avec lui les secrets d'Harriet.

Vogue, Amélie, vogue

Une des filles les plus déterminées que j'ai rencontrées, Amélie Tessier a décidé, à 12 ans, qu'elle gagnerait sa vie en conduisant des bateaux. Elle était au chalet de sa grand-mère, sur le bord du fleuve à Lotbinière, l'idée lui est venue en regardant les cargos qui passaient sous ses yeux. Elle n'a jamais dérogé de son objectif, est allée étudier à l'Institut maritime de Rimouski, a navigué tant qu'elle a pu, entre autres aux commandes de ces énormes bateaux de croisière, «j'avais 8000 personnes en arrière de moi...»

J'ai rencontré Amélie en juillet 2014, elle commençait comme apprentie pilote sur le Saint-Laurent, entre Québec et Trois-Rivières. Elle apprenait à prendre les commandes de tous les bateaux qui franchissent cette portion du fleuve, qu'elle doit connaître comme le fond de sa poche. Le stage dure deux ans, elle l'a complété comme tout le reste, avec succès. Fin mars, elle a réussi ses examens, a reçu son brevet de pilote. À 32 ans, mine de rien, Amélie est devenue la deuxième femme pilote au Québec, et la première, entre Québec et Trois-Rivières.

Chaque fois qu'elle passe devant le chalet de sa grand-mère, elle se revoit sur les berges, à rêver d'être là où elle est.

Les lecteurs de Godelieve

Il y a deux ans et demi, Godelieve De Koninck faisait toute seule la tournée de six CHSLD de la ville pour faire la lecture aux résidents. Elle leur lisait le journal, des livres, même leur horoscope, les vieux aiment beaucoup se faire lire leur horoscope, ils ont perdu l'habitude de se projeter dans l'avenir.

À l'époque, Godelieve voulait avoir des renforts, pour faire de son idée un projet, pour augmenter le nombre de séances de lecture. Plusieurs personnes s'étaient offertes, Godelieve a travaillé fort pour les «placer» dans des CHSLD.

Elle m'écrit à l'occasion pour me donner de ses nouvelles, les dernières, reçues la semaine dernière, sont excellentes. «Je vais avoir de nouveaux bénévoles!!! Masculins comme féminins! Je n'avais qu'un seul monsieur jusqu'à maintenant! Tout le monde est content... Moi aussi!»

C'est tout, j'avais juste le goût de vous dire que ça allait bien.

896 jours, ça fait 2 ans, 5 mois et 14 jours

Le 8 novembre 2013, autour de 3h, une voiture a percuté Étienne Gourdes, qui venait de fêter ses 28 ans. Un délit de fuite mortel. Étienne marchait dans la rue du Court-Métrage, dans Loretteville, avec un ami, la seule piste qu'il a pu donner aux enquêteurs, c'est une description sommaire du véhicule, un VUS foncé. Il y avait quelqu'un au volant. Depuis 896 jours, cette personne, un gars ou une fille, porte le lourd secret de savoir, sans dire. Depuis 896 jours, la famille cherche des réponses, en vain. Je me dis que peut-être, depuis le temps, quelqu'un a su quelque chose, même un détail. Et ce quelqu'un peut, de façon confidentielle, communiquer avec le SPVQ en composant le 418 641-AGIR.

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