Voyager en famille, mode d'emploi

Caroline Jacques n'hésite pas à trimbaler ses trois... (Fournie par Caroline Jacques)

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Caroline Jacques n'hésite pas à trimbaler ses trois filles aux quatre coins du globe, ce qui lui vaut certains jugements à l'occasion.

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(Québec) CHRONIQUE/ J'écoute habituellement beaucoup pendant une entrevue, je prends des notes, je garde des silences.

Les silences sont des portes qui s'ouvrent.

Pas avec Caroline Jacques. Zéro silence, nous avons parlé voyages. Elle a eu la piqûre quand elle avait 16 ans, un échange étudiant chez les Ch'tis. Et puis, quelques années plus tard, pendant un stage au Mali, pour son bac en travail social, où elle devait proposer le grigri, une amulette, comme moyen de contraception.

«Je proposais de le combiner avec un autre moyen, comme le condom»...

Elle n'est jamais vraiment revenue. «Ça a été très dur au retour. Je ne retrouvais pas la chaleur des Africains, je me questionnais beaucoup sur notre façon de vivre, je me demandais pourquoi on faisait tout ça, toujours à la course...»

Et pour courir après quoi?

À partir de là, sa vie a été une suite d'allers et de retours. Elle a visité 40 pays, dont 14 en Afrique, autant pour les gens que pour les paysages.

Et, c'est pour ça que je l'ai rencontrée, elle voyage avec son amoureux et leurs trois filles. «Le premier voyage en famille, la petite avait trois mois, on est allés au Japon. Elle a fait ses premiers pas à Barcelone, a appris à nager dans la mer des Caraïbes, à patiner sur la Place Rouge à Moscou. Et elle a commencé l'école à Bali, en 2012.»

Ses filles ont trois, sept et neuf ans. La plus grande est allée dans 20 pays, a pris l'avion plus de 90 fois.

Quand j'ai rencontré Caroline, elle revenait tout juste de Tanzanie, où elle avait organisé deux voyages de groupe pour des familles, deux fois deux semaines, son chum et ses enfants faisaient partie de la deuxième cohorte. «Ça s'est passé numéro un! La première semaine, il y avait neuf adultes et 11 enfants, de 1 an à 10 ans!»

Certains sont partis malgré les mises en garde de leur entourage. «Il y a des grands-parents qui écrivaient aux parents, quelques jours avant le départ : "tu peux toujours changer d'idée..."» comprendre ici qu'ils n'étaient pas chauds à l'idée de voir leurs petits-­enfants se jeter dans la gueule des lions.

Ils ne sont pas les seuls. «Quand on voyage avec nos enfants, on se fait beaucoup juger, comme si on n'était pas responsables. Moi, les voyages, c'est un des moyens que j'ai choisis pour éduquer mes enfants. Est-ce qu'on peut faire confiance à mon jugement? J'ai voyagé toute ma vie, je continue le même mode de vie.»

Et, depuis cinq ans, elle raconte ses aventures en famille sur un blogue, Maman Globe-trotteuse. Son billet du 31 mars s'intitule : «Ma réponse aux parents inquiets de voyager avec bébé (lire jugés durement)». Elle écrit à une mère qui se demande s'il est trop tôt pour aller à Cuba avec son bébé de cinq mois.

Vous imaginez ce qu'elle lui conseille.

Go.

Caroline a aussi créé une série de cinq revues pour les jeunes globe-trotteurs, chacune présentant un pays où elle est allée en famille. Elle y présente, entre autres, les grandes lignes de l'histoire du pays, quelques coutumes et rudiments de la langue. 

C'est très bien fait. J'ai abonné mes deux jeunes, ils y ont déjà choisi notre prochaine destination voyage, le Costa Rica.

J'ai rencontré Caroline dans sa maison de Stoneham, qui est presque un pied-à-terre. Elle et son chum l'échangent d'ailleurs, chaque été, contre une chaumière en France, grâce à www.trocmaison.com. Le principe est simple, vous trouvez une destination qui vous tente et cherchez si quelqu'un veut venir dans votre coin.

Caroline et sa famille ont passé comme ça les six derniers étés en France. «Quand on n'a pas de logement ni de voiture à payer, il reste juste la nourriture et les billets d'avion. On s'installe dans un petit village pendant un mois et demi et on vit avec les gens. C'est pour dire, mes filles n'ont pas encore vu la tour Eiffel!»

Plus elle voyage, plus elle se fait des amis qui habitent aux quatre coins du globe, qui l'invitent faire un tour. «Je saute sur toutes les occasions, sur toutes les invitations que je peux accepter.» Avec ses congés de maternité et son homme qui peut travailler par Internet, les bottes de sept lieues ne sont jamais loin.

Elle n'est pas près de les ranger.

Et pas besoin de faire le tour du monde pour voyager avec ses enfants. «Il y a des gens qui me disent, presque en s'excusant, "on va juste une semaine à Cuba"... Il n'y a rien qui empêche d'en faire une expérience culturelle, on peut cuisiner un plat cubain, montrer aux enfants des mots en espagnol, danser sur de la musique cubaine!»

La destination n'a pas d'importance. «Je dis aux parents qui ont le goût de voyager, faites-le, n'attendez pas. Faites une ode aux voyages et aux autres cultures. On n'a pas besoin de voyager à temps plein pour ça, c'est un état d'esprit. Chez nous, Partir autrement en famille à TV5, on cuisine des mets de partout.»

Sa petite de trois ans baragouine le swahili.

Dans son dernier billet, sur son blogue, Caroline raconte comment l'idée d'un troisième enfant lui est venue en regardant une rizière à Bali et comment ils ont mis les divinités de leur côté, alors que bébé se laissait désirer.

«C'est Chéri qui a eu le rôle de formuler le tout aux Dieux et de déposer les billets d'argent (en rupiah, s'entend) dans la boîte de bonne fortune. Je vous le dis, au cas où, les Dieux ne prennent que de l'argent comptant et des offrandes (riz, fleurs, biscuits de préférence).

Puis, nous avons fait comme si de rien n'était. Continué à (pas) y croire, à manger du tempeh et nous coucher de bonne heure.»

Et finalement? Un résultat attendu?

Assurément.

«C'était presque ga-ran-ti, nous assuraient nos amis.

Quelques semaines après la demande solennelle au temple, nous rentrions en Amérique. Puis, mine de rien, la bonne nouvelle est arrivée au même moment que la nausée... (j'aurais dû spécifier : sans nausées svp, univers).» Bouche bée, vous avez dit?

Toujours est-il que le bébé Univers a trois ans ce matin.

«Un jour, nous lui raconterons.»

Je serais curieuse de savoir quelle méthode est la plus efficace, entre les dieux balinais et le grigri.

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