Plus on sait, mieux on fait

Le Dr Potvin s'intéresse particulièrement au pilulier des... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le Dr Potvin s'intéresse particulièrement au pilulier des résidents des CHSLD, beaucoup trop garni.

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(Québec) CHRONIQUE / (Médecins en quête de solutions - 2e de 3)/ Ce qu'il propose est à la fois simple et compliqué : repenser les CHSLD. «Les CHSLD sont là, ils ont été créés pour s'occuper des personnes âgées. C'est une structure qu'on pourrait améliorer à peu de frais.» Voilà qui devrait être de la musique aux oreilles du ministre de la Santé.

En résumé, il faut moins prescrire et mieux soigner, dans le sens de donner des soins, pas des pilules.

Et, pour faire ça, chacun doit y mettre du sien, allant du médecin à l'infirmière, en passant par le gestionnaire et la famille. «En certaines circonstances, tout ce beau monde peut être responsable, à des degrés divers, de l'acharnement thérapeutique, de la maltraitance et de la prévention futile.»

Le Dr Potvin s'intéresse particulièrement au pilulier des résidents des CHSLD, beaucoup trop garni. Il abonde dans le même sens que la Dre Marie-Thérèse Lussier, dont je vous parlais mercredi, les personnes âgées consomment trop - et trop longtemps - des antipsychotiques, des antidépresseurs et des anxiolytiques.

Il ajoute à ça les suppléments vitaminiques et aussi les statines, prescrites pour contrôler le cholestérol.

Le remue-ménage doit commencer à l'université, où les étudiants en médecine sont trop peu exposés aux CHSLD. «Dans toute la formation des médecins de famille, les étudiants ne passent que trois jours dans un CHSLD. C'est un début, mais il faudrait qu'ils y passent plus de temps.»

Pourquoi? «Parce que plus on sait, mieux on fait.»

Un séjour plus long en CHSLD permettrait aux étudiants d'en apprendre davantage sur «la situation d'un patient qui a épuisé les ressources de la médecine curative et, surtout, la portée de la pertinence de la thérapie».

La pertinence. Le Dr Potvin insiste beaucoup sur ce mot. On doit y penser dès qu'une personne débarque dans un CHSLD. «Quand le médecin traitant arrive, qu'il voit un nouveau patient, il voit toutes les prescriptions qui sont au dossier. Présentement, sur le formulaire, il faut juste les cocher pour les répéter. Je serais surpris de voir il en enlèverait combien s'il devait seulement les réécrire...»

Le médecin devrait aussi «mieux évaluer l'impact psychologique chez un patient d'être placé en CHSLD».

Le changement de cap est majeur, il ne se fera pas en criant ciseau, surtout pour évaluer la pertinence, ou non, d'un traitement curatif. «La résistance la plus difficile, elle vient des médecins, c'est "dormant". Mais la résistance la plus grande, elle vient des familles», qui ont «une croyance quasi mythique en la médication».

Dans un CHSLD, «il faut se préoccuper davantage du confort, que de la survie».

Les pharmaciens devraient aussi être appelés en renfort, après tout, ils sont les experts du médicament. L'Ontario les a d'ailleurs mis à contribution pour élaborer un projet de déprescription et le Québec s'apprête à les intégrer aux groupes de médecine familiale, mieux connus par leur acronyme, GMF.

Les pharmaciens préfèrent parler d'utilisation optimale, ou rationnelle, plutôt que de déprescription.

Sur le terrain, ce sont les préposés qui écopent. «On doit faire en sorte qu'ils se sentent des soignants à part entière.» Et il faut les comprendre, aussi, qu'ils puissent parfois «espérer la prescription d'une médication tranquillisante» quand un patient est agressif ou turbulent.

Un et un font deux, le gestionnaire devrait diriger l'argent qu'il peut épargner en médicaments vers les soins aux patients. Il doit «comprendre que le soin de tous les jours [hygiène, alimentation, activités, marche, etc.] est un traitement. [...] Que penser quand il y a seulement deux préposés pour 16 malades dans une unité de traitement de patients présentant un comportement perturbateur?»

Que l'argent n'est pas mis au bon endroit.

Ainsi, «le gestionnaire devrait pouvoir faire preuve d'initiative lors de situations difficiles». Le Dr Potvin observe le contraire. «Le gestionnaire n'est pas encouragé à prendre des initiatives. S'il ne fait rien, il est certain de ne pas avoir de problème. Donc, ce qui arrive, c'est que rien ne change.»

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