Le dossier suit son cours

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Bruno doit affronter le dédale bureaucratique pour que son fils, Canadien, puisse rentrer au pays.

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(Québec) CHRONIQUE / Bruno* est Québécois pure laine, il a travaillé à Madagascar pendant un an, y a rencontré sa femme, ils ont eu un enfant.

Son fils a quatre ans, il est Canadien, il ne peut pas rentrer au pays.

C'était en 2008, Bruno travaillait pour une compagnie minière canadienne, il a croisé cette gentille et jolie Malgache, qui s'est d'abord fait tirer l'oreille. «Elle n'était pas dans cette dynamique-là, de rencontrer un homme de l'étranger. Je l'ai invitée une quinzaine de fois, et elle a fini par dire oui!»

Son amoureuse est venue passer deux mois ici, Bruno est retourné cinq fois à Madagascar. Ils se sont mariés là-bas, en 2011.

Ça fait 14 mois que Bruno multiplie les démarches pour faire venir son fils, sa femme et la fille de sa femme chez lui, tout près de Québec. Il se porte garant, il a les moyens de subvenir à leurs besoins, il a fait aménager sa maison pour avoir de la place pour tout ce beau monde. La chambre de son fils est prête.

Le plus absurde dans l'histoire, c'est que le Canada a accordé le statut d'immigrant à sa femme, à la fille de sa femme, mais pas à son fils, qui attend toujours d'obtenir la permission de venir au pays.

Sa belle-fille de 17 ans est arrivée le 30 décembre, au lendemain de la première vraie bordée, toute seule, sans sa mère.

Elle aime déjà jouer dans la neige.

Bruno l'a fait venir le plus vite possible, «pour pouvoir l'inscrire à l'école aux adultes». Elle commence le 25 janvier. Le 31, si sa femme et son fils ne sont pas arrivés, Bruno devra demander une prolongation du séjour de sa belle-fille. «À l'aéroport, sur les papiers, c'était écrit que sa mère devait signer à son arrivée.»

Bruno a signé, en croisant les doigts. «Ils ont saisi son passeport en attendant que ça se règle, on a jusqu'au 31. C'est ce que prévoit la procédure, étant donné que sa mère n'était pas présente, et c'est correct comme ça. Mais là, il faut que ça se règle vite, parce qu'il y a aussi les délais pour l'avion...»

Bruno n'est pas au bout de ses peines. «J'ai fait la demande de citoyenneté en novembre 2014. Là, ils viennent de me redemander mon certificat de naissance, la version longue. Il paraît qu'ils l'ont perdu. Ils l'ont reçu hier. Quand on leur demande où ça en est rendu, ils disent que «le dossier suit son cours»...»

On, c'est surtout la consultante en immigration embauchée par Bruno, Latifa El-Ghandouri, qui fait des pieds et des mains auprès de l'Ambassade du Canada en Afrique du Sud pour faire avancer le dossier.

En vain.

Même les cinq demandes de visite ont été refusées.

Jusqu'ici, les démarches ont coûté à Bruno autour de 5000 $. «Il y a deux ans, le dossier était à l'ambassade du Kenya, ils avaient oublié de me retourner les passeports avec leur réponse. Vous savez ce qu'ils m'ont demandé? Que j'envoie une enveloppe préaffranchie - ça coûte environ 300 $ avec UPS -, pour qu'ils me les envoient.»

Bruno s'est choqué, les passeports ont été envoyés à Madagascar, prestement, aux frais de l'ambassade.

Bruno a écrit au député fédéral de Louis-Hébert, Joël Lightbound, et aussi à John McCallum, ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration. Un assistant du député lui a promis cette semaine qu'il jetterait un oeil au dossier. Un dossier qui devrait être pourtant si simple, du fils d'un Canadien, qui vient rejoindre son père.

À côté de ça, la maison des fous dans Astérix a l'air d'un temple bouddhiste.

Non seulement les fonctionnaires de l'ambassade ne veulent pas reconnaître la citoyenneté canadienne du garçon, qui porte le nom de famille de son père d'ailleurs, ils refusent également de lui octroyer un visa temporaire ou un statut d'immigrant. «Il a son passeport malgache, comme sa mère et sa demi-soeur.»

En attendant, Bruno parle tous les jours à sa femme par Skype, son fils vient lui dire «bonjour papa», puis il retourne jouer au soccer avec ses amis.

Il a bien hâte de le serrer dans ses bras.

*Le prénom a été modifié.

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