Monsieur sourire

Quand il a du temps, David part à...

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Quand il a du temps, David part à la chasse aux sourires avec son jeu de cartes, sa trousse de magicien et des longs ballons à gonfler, il rend visite à des gens qui ne rigolent pas très souvent, entre autres au CHSLD de Maria où l'amoureuse de David, Linda, travaille comme préposée.

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(Québec) CHRONIQUE / David Philippe, ça ne vous dit rien, mais si je vous parle de «l'homme magique», vous vous souvenez peut-être de cet homme dont j'ai parlé il y a un an, qui s'amusait à jouer des tours de magie et surtout, à se jouer du cancer.

La magie opère plus que jamais.

Je suis David sur Facebook, depuis sa Gaspésie, où il mène une vie paisible avec sa blonde et leurs deux enfants. Il y a trois ans, les médecins lui ont annoncé qu'il était bourré de métastases, un an ou deux à vivre, à moins d'un miracle. Le miracle est arrivé, il se nomme Xalcori, le traitement de l'avant-dernière chance.

«Je réponds au-delà de toutes les attentes au traitement. L'oncologue a dit: "Regarde les statistiques et les taux de réponse et jette ça! Tu ne rentres plus dans aucune catégorie." Ils n'ont jamais vu ça.»

Son garçon avait neuf mois lorsqu'il a reçu son premier diagnostic de cancer, il a maintenant six ans. Sa fille en a huit, lui, 38. «Si tu savais le nombre de nuits que j'ai pleuré en pensant qu'ils ne connaîtraient pas leur père... Et là, plus le temps passe, plus je laisse de traces dans leur vie. Ça a l'air que je suis parti pour vivre un bout...»

Il rêve d'«emmener ses enfants à la majorité».

Entre-temps, il s'amuse avec eux, essaye d'être un bon papa. Il a une façon bien à lui de régler les problèmes. Tenez, l'autre jour, ses enfants se chicanaient pour être au même lavabo dans la salle de bain, alors qu'il y en a deux, pareils. Quand les enfants ont été couchés, David a enlevé le lavabo de la discorde.

Le matin, les enfants étaient pris avec l'autre. «Ils ne s'obstinent plus!» C'est maintenant chacun son lavabo.

Il a recommencé à travailler à temps plein depuis un an à la microbrasserie Le Naufrageur, il est très content, son corps tient bon. «Ma santé va super bien, à part deux petites traces suspectes sur mes os, probablement deux minimétastases qui dorment. Je ne suis peut-être pas guérissable, mais je ne suis pas tuable...»

Quand il a du temps, David part à la chasse aux sourires avec son jeu de cartes, sa trousse de magicien et des longs ballons à gonfler, il rend visite à des gens qui ne rigolent pas très souvent, entre autres au CHSLD de Maria où l'amoureuse de David, Linda, travaille comme préposée.

Il y est allé le 25 décembre. «Il y avait une dame qui est toujours seule, une dame sous curatelle qui n'a jamais de visite. Le personnel était touché de voir une fleur en ballon dans sa chambre. Parce que ça fait aussi de la peine au personnel, de voir une personne toute seule comme ça.»

David est allé avec sa petite. «Je lui disais : "Regarde le sourire qu'on va aller chercher, regarde bien quand je leur donne la fleur, c'est un vrai sourire." Même si eux, ils vont l'avoir oublié demain, moi, je ne l'aurai pas oublié. Et puis, ils l'ont vécu, ce sourire-là, c'est ça qui est le plus important.»

Et chaque sourire qu'il reçoit lui fait une fleur. «C'est un peu égoïste ce que je fais, parce que ça me fait du bien à moi aussi...»

Lundi, il s'est rendu à Saint-Siméon, chez «Super Félix», un garçon de neuf ans «qui combat un deuxième cancer. J'ai passé une heure à le faire rigoler, le garçon prend ça bien quand même... J'avais apporté des manteaux d'hiver flambant neufs, O'Neill, qu'on m'avait donnés, mais qui étaient trop grands».

Le petit Félix a souri, pour vrai.

Sur le chemin du retour, il s'est arrêté voir une vieille tante, avec son kit à sourires. «Elle a à peu près un âge mental de huit ou neuf ans, j'ai l'habitude de ça à la maison! On a fait des appels de Noël avec le mains libres, on a appelé des gens de la famille, elle était contente.»

Il a rempli sa chambre de ballons.

En revenant, David a fait un petit détour sur la réserve micmaque de Gesgapegiag. «Il me restait du temps, je suis arrêté au dépanneur et je leur ai demandé de me suggérer une famille qui aimerait avoir des tours de magie, qui en aurait particulièrement besoin. Je suis arrivé dans une famille, il y avait un enfant lourdement handicapé.»

Il n'était pas seul. «Il y avait aussi une dizaine d'enfants de moins de 10 ans qui étaient là aussi! Je me suis rempli le coeur de sourires.»

Un coup parti, Davis est allé en décrocher d'autres à l'hôpital. «Je suis allé voir un jeune, il a 32 ans, ça fait quatre ans qu'il est en santé mentale. C'était un jeune qui adorait la vie, mais il a attrapé une maladie au cerveau, il n'a plus de mémoire...

Le soir, revenu à la maison, j'ai regardé ma famille autour de moi, j'étais content d'en profiter, d'être là pour pouvoir en profiter...»

Il a souri.

***

Pour donner un coup de pouce à la famille du petit Félix: www.gofundme.com/pxc28z5g

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