L'obsession

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Vincent Langlois-Laroche est notamment accusé de tentative de meurtre sur son ex-copine Caroline Pagé.

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(Québec) Lorsque Vincent Langlois-Laroche s'est présenté au Tim Hortons de Donnacona pour tenter de réparer les pots cassés avec son ex, il lui a remis un ordre du jour.

Un ordre du jour.

C'était le 3 mars 2014, ça faisait deux mois que Caroline Pagé lui avait donné son 4 %, elle ne l'aimait plus. Lui, il l'aimait, il disait l'aimer, il lui a répété par textos, par courriels, en lui envoyant des fleurs à sa fête et à la Saint-Valentin. Il ne l'aimait pas vraiment, il ne voulait pas la perdre.

Nuance.

On pourrait discourir longtemps sur ce qu'est l'amour, mais on peut au moins s'entendre sur ce que ce n'est pas. Harceler une fille en la bombardant de courriels, la supplier de le reprendre, supprimer ses textos et ses messages pour éliminer les «preuves», ce n'est pas de l'amour.

Il lui aurait aussi dit que, parfois, il la détestait tellement qu'il voulait la tuer.

Entre deux commandes de fleurs, Vincent faisait des listes, c'est la grosse mode de faire des listes. Pas comme celle de Vincent, fort heureusement. Les listes de Vincent étaient plus inquiétantes. Il énumérait avec un soin maniaque les étapes qu'il devrait suivre pour réaliser le crime parfait.

- Sortir par la fenêtre du sous-sol

- Approche tactique et assommer

- La «tapé» et la mettre dans le coffre

- Jeter les preuves

- Déjeuner avec parents

Le procès dira si «la» était Caroline, tout laisse croire que oui. Depuis trois jours au palais de justice, les avocats remontent le fil des événements. Caroline a raconté que, un peu après minuit le 8 juin 2014, après son quart de travail au CHUL, un homme cagoulé l'a rouée de coups à la tête.

Il lui a dit de monter dans sa voiture, elle a reconnu la voix de son ex.

Les policiers ont trouvé une liste sur un siège de la voiture de Vincent. L'ex-étudiant en techniques policières avait oublié une étape cruciale, «faire disparaître la liste».

Il n'a pas non plus eu le temps d'enlever le GPS qui était sous la voiture de Caroline. Il la suivait partout à la trace, à partir de son ordi.

Il y avait ce point sur la liste : «nettoyer environnement + sourire». Ça m'a tout de suite fait penser au film American Psycho et au psychopathe Patrick Bateman, personnage principal, qui arrive à tuer et à sourire. C'est une chose de peut-être vouloir tuer, c'en est une autre de se préoccuper de sourire comme si rien n'était.

Magnotta l'a fait.

C'est une chose de peut-être vouloir perpétrer un meurtre, c'en est une autre de prévoir son emploi du temps après. Vincent avait planifié aller casser la croûte chez ses parents le lendemain matin et aller faire du kayak ensuite.

Rien de tel qu'un bon bol d'air frais pour se changer les idées.

Jeudi au tribunal, Vincent a continué à livrer sa version de l'histoire. Le mannequin amateur s'est présenté comme l'amoureux éconduit, épris d'une femme froide qui se jouait de ses sentiments. On a lu une lettre dans laquelle il promettait de changer, qu'il laisserait même ses deux chiens dormir dans son lit, «parce que c'est juste des draps».

Il a dit qu'il était «normalement structuré».

Il est revenu sur ce fameux soir du 8 juin. Il a raconté n'avoir aucun souvenir de ce qui s'est passé, d'avoir été pris de panique en voyant le sang sur le visage de son ex. Il est tout simplement retourné chez lui «pour ne pas alarmer [ses] parents». Et pourquoi trois sacs de poubelle? Au cas où.

L'accusé pesait ses mots longuement, il avait une explication pour chaque détail, comme ce poids de 25 livres caché à côté de la roue de secours. Il a expliqué que la chose, dont il se servirait pour s'entraîner, se déplaçait dans sa voiture quand il conduisait. Ça l'énervait, il l'a rangée.

Il transporte avec lui une mallette, semblable à celles des avocats. Dedans, des crayons sont cordés comme des soldats.

L'homme - il a 25 ans - apparaît obsédé surtout par une chose : lui-même.

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