Un mal pour un bien

Atteinte de fibromyalgie, une maladie qui fatigue et... (LE SOLEIL, ERICK LABBÉ)

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Atteinte de fibromyalgie, une maladie qui fatigue et bombarde sans cesse le corps de douleur, Catherine Leclerc indique que l'on peut continuer à avancer malgré la maladie.

LE SOLEIL, ERICK LABBÉ

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(Québec) Catherine avait mal aux jambes, elle faisait comme si elle n'avait pas mal, elle patinait entre quatre et six heures chaque jour. Elle voulait participer aux championnats canadiens, ses chances étaient bonnes, il fallait seulement continuer à patiner et à souffrir, encore un peu, ça allait passer.

Elle avait 16 ans, rien ne pouvait l'arrêter.

«Je ne vivais que pour le patin artistique, je ne parlais que de ça. J'étais obsédée par la perfection, par la performance, je me disais que mon corps n'avait pas de limite. J'étais juste Catherine la patineuse.»

Août 2010, elle s'est présentée à une compétition. «Tout a craqué. J'avais trop de douleur, je ne pouvais plus continuer, je n'arrivais plus à faire semblant. Je me sentais tellement humiliée.» Catherine-la-patineuse est morte ce jour-là, il ne restait que Catherine-tout-court, qui avait du mal à se traîner les pieds.

C'est toute sa vie qui était sur la glace.

Je vous épargne l'année où les médecins ont cherché ce qui clochait dans son corps, avant qu'ils n'arrivent à mettre le doigt sur le bobo, en 2011. Catherine était atteinte de fibromyalgie, une maladie qui, pour une raison encore inexpliquée, fatigue et bombarde le corps de douleur, tout le temps.

Elle était super contente de savoir ce qu'elle avait, mais elle n'était pas beaucoup plus avancée.

Ça lui a pris deux ans avant de comprendre le nouveau «mode d'emploi» de son corps. «Avant, mon vocabulaire, c'était des mots de performance, de perfection, d'objectifs. Je les utilise moins. J'ai fait le deuil de ma vie d'avant et j'ai appris à accepter qu'il y a des journées où ça va mieux, d'autres où ça va moins bien.»

Son corps lui fait toujours mal, elle est suivie à la clinique de la douleur du CHUL. «Si j'ai à vivre ma vie avec ces douleurs, ce sera ça.»

Tranquillement, Catherine s'est remise en mouvement.

Elle achève son cours en publicité et en relations publiques au Collège Mérici, après quoi elle ira à l'Université Laval en communications. Elle aimerait gagner sa vie en gérant des événements, sportifs ou autres. Elle s'entraîne au gym, travaille chez Énergie Cardio. Elle s'est remise au patin. «Bientôt, je vais refaire des sauts.»

Pour le plaisir.

Ça fait curieux à dire, mais Catherine n'a jamais eu autant de plaisir depuis qu'elle n'est plus obsédée par la performance. En fin de semaine, elle sera sur la ligne de départ du 10 kilomètres au Marathon des deux rives avec sa mère. Son père fera le 21 kilomètres. Elle ne s'est pas fixé d'objectifs.

C'est comme ça qu'elle mène sa vie, maintenant.

Ça fait encore plus curieux à dire, mais Catherine ne reviendrait pas en arrière, dans le temps où elle n'était pas malade et où elle carburait à la performance et à la perfection. Dans le temps où elle n'avait à peu près pas de vie sociale, à cause du patin, à peu près pas de vie, en fait, à cause du patin.

«J'avais besoin de comprendre, de changer.» Il lui aura fallu un électrochoc, une maladie invalidante, qui l'a forcée à s'arrêter. Et à se regarder dans le miroir. Dans une lettre qu'elle a envoyée au Soleil à la fin juillet, elle a écrit : «Cette maladie est une des plus belles choses qui me soient arrivées.»

Plusieurs ont cette même «chance», la fibromyalgie toucherait environ 5 % de la population, plus de femmes que d'hommes, parfois des enfants.

Catherine veut leur dire une chose : « il n'y a rien d'impossible, il suffit de prendre un chemin différent». Elle a donné une petite conférence il y a deux ans pour l'Association de la fibromyalgie de Québec, elle s'est fait apostropher par une dame, qui lui disait que, pour elle, ce n'était pas pareil.

Qu'elle n'était pas jeune, elle. «L'âge, ça n'a pas d'importance. Le message que je veux envoyer, c'est qu'on peut continuer à avancer avec la maladie, qu'il n'y a rien d'impossible. Il faut juste trouver son rythme et le respecter.»

Un message qui s'adresse à bien du monde, fibromyalgie ou pas.

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