L'esprit LEGO

Frank Gilbert et François Lacroix, des experts du... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Frank Gilbert et François Lacroix, des experts du LEGO de la boutique Briques Toys Jouets de Québec.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Quand j'étais petite, j'avais une grande boîte en carton avec des LEGO dedans, il y avait des briques de toutes les couleurs, des roues, des fenêtres et des portes.

C'est tout.

C'est tout ce dont j'avais besoin pour construire des maisons, des moulins à vent, des oiseaux, des bolides, des hélicoptères, tout ce que mon petit cerveau d'enfant pouvait imaginer. J'essayais jusqu'à ce que je sois satisfaite du résultat, je construisais, reconstruisais. Pendant des heures et des heures.

Aujourd'hui, quand j'achète des LEGO à mes deux gars, il y a, dans la boîte, un livret d'instructions digne d'IKEA. 

C'est un ami qui a d'abord donné des LEGO en cadeau à notre plus grand pour ses cinq ans. Un magnifique camion de pompier, il adorait les camions de pompier. Pas n'importe quel camion, le 4208, pour les 5 à 12 ans, avec 243 morceaux dedans. Le livret d'instructions avait 78 pages. Oui, 78.

C'est papa, finalement, qui a fait le camion.

Notre grand a joué pendant même pas une heure avec son camion, il a fait «pimpon, pimpon», a fait semblant d'éteindre l'arbre en flammes avec son petit pompier en bonhomme. Il a finalement eu l'idée géniale de le démantibuler, a essayé de reconstruire autre chose avec les morceaux.

En vain.

Le camion 4208 est discontinué depuis décembre 2012, il a été remplacé par le 60002, 209 morceaux, 73 pages d'instructions.

La durée de vie d'un modèle est d'environ trois ans, c'est François Lacroix qui me l'a dit, il en connaît un rayon sur les LEGO. Il travaille dans une boutique spécialisée dans l'usager et le vrac, ça s'appelle «Briques Toys Jouets», c'est sur l'avenue Eugène-Lamontagne, juste avant de tourner sur Hamel.

C'est le paradis des blocs, ils vendent plein de briques, de roues, de fenêtres et de portes. C'est un peu pour ça que j'y suis allée il y a quelques mois, pour que mes garçons puissent laisser libre cours à leur imagination et arrêter de se bâdrer avec les maudits manuels d'instructions. J'ai acheté trois sacs de briques, des bleus, des jaunes et des rouges.

Depuis, mes gars ont recommencé à jouer aux LEGO.

Ça faisait un bout de temps que je cherchais des boîtes de briques dans les magasins, je ne trouvais que des kits qu'il faut monter en suivant le plan à la lettre et déposer amoureusement sur une tablette une fois terminés. Des modèles à collectionner, presque tous des produits dérivés de films à succès.

François m'a appris que, «cet automne, on s'attend à ce que LEGO sorte 700 nouveaux kits. C'est énorme.»

François m'a expliqué. Les ententes avec Disney, Lucas Film et les autres studios coûtent très cher, LEGO doit rentabiliser son investissement. «Les trois mois où ils font le plus d'argent, avant Noël, ils sortent leurs nouveaux kits. En mars, ils envoient les boîtes de briques dans les magasins...»

Ce sont les LEGO Classic, il y a huit grosseurs de boîtes, on peut aussi les commander par Internet, évidemment. Mais ce n'est pas avec ces boîtes-là que LEGO fait sa fortune, la compagnie est devenue un empire, avec ses films et ses six parcs d'attractions LEGOLAND. Un septième parc doit ouvrir ses portes l'an prochain.

À Dubaï.

Certains produits LEGO sont devenus des objets de collection, certains modèles discontinués peuvent se vendre jusqu'à 10 fois le prix d'origine. Il existe d'autres types de blocs, entre autres Brictek, de Saint-Eustache, et Mega Bloks, compagnie montréalaise rachetée par Mattel en 2014.

Ils vendent principalement des kits, eux aussi.

Pendant ce temps-là, les parents nostalgiques de leur enfance essayent, comme moi, de recréer chez leurs enfants le malin plaisir qu'ils avaient à jouer aux LEGO. François le confirme, «à tous les jours, il y a quelqu'un qui vient à la boutique, et qui cherche des briques pour ses enfants...»

Mais les enfants n'en ont parfois rien à cirer, observe Frank Gilbert, proprio de la boutique. «Quand les parents viennent avec leur enfant, ils s'en vont tout de suite vers les sacs de briques en vrac, alors que leur enfant se plante devant les kits de films... C'est plus ça qu'ils veulent, ils voient ça à la télé...»

Et «je pense que les enfants, aujourd'hui, sont moins portés à créer qu'avant. Ça demande un effort, créer.»

Après tout, tente François, qui a d'ailleurs troqué les jeux vidéo pour les LEGO quand il est devenu père, «ça peut être une bonne chose, les modèles, ça peut leur apprendre à se concentrer et à suivre des consignes, à faire les choses selon des instructions précises. Ils feront ça toute leur vie.»

Justement.

Raison de plus pour balancer les plans à la poubelle.

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