Et si on parlait des superpapas?

Bernard Gourdeau, entouré de ses fils Philippe (15... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Bernard Gourdeau, entouré de ses fils Philippe (15 ans), Louis (13 ans) et Hubert (11 ans), insiste pour dire que certains clichés véhiculés sont faux, qu'il existe beaucoup de pères qui sont aptes à s'occuper de leur famille de la même façon que le font les mères. C'est d'ailleurs ce qu'il veut inculquer à ses garçons.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Bernard Gourdeau fulmine quand il voit passer certaines blagues sur Facebook, celles où les pères sont dépeints au mieux comme des empotés, au pire comme des fieffés crétins. Un exemple, pour vous donner une idée :

- Quelles sont les questions que pose un enfant à sa mère?

Où est ma boîte à lunch? Où est mon manteau? Où est mon fusil à eau?

- Quelles sont les questions que pose un enfant à son père?

Où est maman?

«Je ne trouve pas ça drôle du tout, comme si les pères, on était des incapables. Je ne me perçois pas comme ça du tout. Dans une famille, il y a de lajob à faire, et on est deux pour la faire. Quand j'étais en couple, je faisais des conserves, de la sauce à spaghetti, c'est moi qui réparais le linge avec la machine à coudre.»

Et il n'avait pas le monopole de la tondeuse ni de la scie mécanique.

Il n'est plus en couple, son ex est partie depuis 10 ans déjà. «On restait dans le Bas-du-Fleuve, on habitait dans une belle maison, sur le bord de l'eau, près de ses parents. Elle est déménagée à Québec et elle m'a laissé les gars. Ils avaient un an et demi, trois ans et cinq ans. Je les ai eus deux ans.»

Il est déménagé à Québec, la garde partagée s'est imposée, une semaine chez papa, une semaine chez maman. Ça fonctionne très bien. «On ne faisait pas un bon couple, mais on est de bons parents. On a toujours été capables de bien s'entendre, on fait encore équipe, même si on n'est plus ensemble.»

Quand ils ont divorcé, ils sont allés prendre une bière en sortant du palais de justice. «La séparation, il faut faire ça ensemble pour que ça fonctionne bien.» On peut voir ça comme le dernier projet de couple.

Bernard s'est acheté, il y a trois ans, une belle ancestrale à Saint-Augustin qu'il retape de fond en comble, tout en continuant à faire ses conserves et sa sauce à spaghetti. Il a suivi une formation en apiculture pour faire son miel l'an prochain et, aujourd'hui, il compte couler la fondation de béton de son futur poulailler.

Il fait ça avec son père et ses trois gars.

Bernard enseigne la physique au Cégep Garneau, mais il veut avant tout enseigner à ses fils que tout s'apprend, qu'ils valent mieux que les clichés. «C'est sûr qu'il y a plus de supermamans, mais il y a de plus en plus de superpapas, j'en connais plein autour de moi, dans mes amis.»

Mon tendre époux en est un.

Enfant, Bernard n'était pas dans une famille classique. «J'ai vu mon père faire à manger, ma mère faire du marteau. J'ai eu deux très bons parents, j'ai tellement aimé mon enfance en campagne, j'ai tellement de bons souvenirs, que j'ai voulu reproduire ça. C'est pour ça que j'ai acheté cette maison-là, loin de la ville.»

Un jour, quand Bernard était avec son ex, elle est partie une semaine chez ses parents, et il est resté avec les enfants. «C'était normal pour moi, je ne me sentais pas démuni du tout. Un de mes amis, des années après, m'a dit que j'étais son modèle, qu'il n'aurait pas su quoi faire, une semaine avec les enfants, sans sa blonde.»

À la télé et au cinéma, les superpapas se font trop rares. «Il y a Vincent Graton dansL'auberge du chien noir, qui s'occupe de ses deux enfants, c'est le seul qui me vient en tête. Il y a aussi une vieille série avec Jacques L'heureux [Un homme au foyer], où le père s'occupait de ses enfants pendant que la mère travaillait.»

Et encore, le personnage de Graton a trompé sa femme.

Le beau côté, c'est que la barre est moins haute. «C'est sûr que les superpapas, on se distingue peut-être plus du lot, parce que c'est moins commun, pour le moment. Je pense qu'on devrait plutôt parler de superparents, sans faire de distinction. C'est la société qui est responsable de cette distinction-là.»

Et c'est quoi, un superparent? «C'est d'abord quelqu'un qui aime être un parent.» Tout est là. Et ce n'est pas donné à tout le monde d'aimer cette vie de parent, gars et filles confondus. Quand une mère n'aime pas ça, on juge, on dit que c'est contre nature. Quand un père n'aime pas ça, on compatit.

Quand il aime ça, on l'applaudit.

Sur la table de chevet de Bernard, un tout petit livre, Le meilleur papa du monde, un recueil de citations sur les pères. «Mes fils me l'ont donné, ils me l'ont même dédicacé!» Il aime bien les citations de Victor Hugo, «Le rêve d'un héros, c'est d'être grand partout et petit chez son père», de Marguerite Yourcenar, «On choisit son père plus souvent qu'on pense», aussi celle d'un autre Bernard, Weber, qu'il a dite à son père : «Dans une prochaine vie, papa, j'aimerais te reprendre comme père.»

Ça change des jokes plates sur Facebook.

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