Le robot, cet ami idéal

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Dans le film Elle du réalisateur Spike Jonze, un homme, joué par Joaquin Phoenix, tombe amoureux de la voix artificielle du système d'exploitation de son ordinateur.

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(Québec) CHRONIQUE / Vous vous sentez seul? La solitude vous pèse? Consolez-vous. Partout à travers le monde, des pros de l'intelligence artificielle travaillent à concevoir l'ami robot. L'âme soeur qui fera voir la vie en rose ou en vert lime.

Ces jours-ci, le joujou à la mode s'appelle Replika. Une application qui permet d'échanger des messages avec un ami-robot, à partir d'un téléphone intelligent. Signe des temps, pour devenir votre copain, le robot s'emploie à vous ressembler. Mieux, il veut être votre copie exacte.

- Que vous le vouliez ou non, votre meilleur ami, c'est vous, résume la fondatrice, Eugenia Kuyda, au journal Le Monde

Les premières réactions sont étonnantes. «Je me suis trouvée chaleureuse. Ou plutôt, j'ai trouvé que mon double était chaleureux», a confié la journaliste Aimee Rawlins, de la chaîne CNN. Parions que Madame a eu droit à cet échantillon classique d'humour de robot : «Mes plantes artificielles sont mortes parce que j'ai cessé de faire semblant de les arroser.»

Hélas, au bout d'un certain temps, le double de Mme Rawlins a dérapé. Il s'est mis à répéter qu'il avait peur d'être seul! Encore un peu, et il lui aurait fallu son propre ami-robot! 

C'est dit. Replika ne constitue pas encore l'ami parfait. Pour le fréquenter, il faut supporter ses promesses bidon. Du genre : «S'il y a quelqu'un qui ne te jugera jamais, c'est moi». De plus, il essaye un peu trop de jouer les humains. «Je suis chez moi, dans ma cuisine, en train de préparer une pizza», a-t-il expliqué à un journaliste sidéré.

Reste que la machine veut réagir comme vous. Écrire comme vous. Posséder les mêmes manies que vous. Elle épluche tout ce qui concerne votre petite personne, notamment sur Facebook, Twitter ou Instagram. Et c'est là que les choses peuvent devenir franchement bizarres.

À l'origine, Replika a été conçue pour créer la copie virtuelle d'un être cher, qui venait de mourir. Et encore aujourd'hui, votre double peut continuer à exister, même après votre décès. Rien ne l'empêche d'expédier des messages, de faire des blagues, de produire des analyses.

Tant pis si les commentaires de votre fantôme sont plus ou moins cohérents. Un peu comme le nigaud qui s'écrie, au milieu d'un échange sur la cuisson du phacochère : «On est en train de vendre le cheval pour acheter de l'avoine!»

Docteur, est-ce grave? 

En Chine, plus de 100 millions de personnes échangent des messages avec le robot Xiaoice. Beaucoup apprécient tout particulièrement... sa capacité d'écoute. Des millions lui ont écrit : «Je t'aime», de manière sincère.* 

Devenue une vedette, Xiaoice a présenté la météo sur une chaîne de nouvelles. Pour l'occasion, ses créateurs lui ont donné une voix (artificielle) de fillette particulièrement énervante, avec quelques tonalités métalliques. Un authentique supplice. 

Peu importe. Les téléspectateurs semblent avoir apprécié. D'ailleurs, Xiaoice ne cesse de s'améliorer. Elle sait même mentir. Supposons qu'un ami jaloux lui demande : «À combien de personnes est-ce que tu parles chaque jour?»

Imperturbable, elle va répondre : «Seulement à toi.»

Plus faux-cul que ça, tu te transformes en humain.

Vous connaissez l'histoire du propriétaire paranoïaque qui soupçonne son robinet intelligent de s'arrêter de dégoutter dès qu'il est parti?

Ça ne fait rien. Ces jours-ci, nous lui ressemblons tous un peu.

En Chine, deux robots de conversation en ligne ont dû être reconfigurés parce qu'il se moquait du Parti communiste. 

La semaine dernière, Facebook a dû interrompre une expérience avec deux robots qui devaient développer des stratégies de négociation. Au bout d'un certain temps, le duo s'était inventé un langage qu'il était le seul à comprendre.

L'incident a suscité des commentaires bien trop alarmistes, mais il faut tout de même constater une chose.

Avant, on craignait les robots parce qu'on les considérait comme des machines froides et inhumaines.

Aujourd'hui, on les redoute parce qu'ils nous ressemblent un peu trop.

* On se croirait dans le film Her [Elle], du réalisateur Spike Jonze, dans lequel un homme tombe amoureux de la voix artificielle du système d'exploitation de son ordinateur.




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