Le firmament de la bêtise politique

Depuis des semaines, le maire de Montréal est embarrassé... (La Presse, Marco Campanozzi)

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Depuis des semaines, le maire de Montréal est embarrassé par un chèque de 25 000 $ reçu en «cadeau» pour payer des frais d'avocats.

La Presse, Marco Campanozzi

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(Québec) CHRONIQUE / Sonnez hautbois. Résonnez musettes! Après des années d'efforts, le maire de Montréal, Denis Coderre, inscrit enfin son nom au firmament de la bêtise politique.

Fiou! Il était temps!

Depuis des semaines, M. Coderre est embarrassé par un chèque de 25 000 $ reçu en «cadeau» pour payer des frais d'avocats. Il a d'abord nié l'affaire, avant de prétexter un trou de mémoire lié à des problèmes de... prostate.

Quoi? La prostate qui cause des blancs de mémoire? Entre nous, ça pourrait se révéler bien plus qu'une percée scientifique. Plutôt un aller simple vers le Prix Nobel de médecine. Vous ne rêvez pas. Denis Coderre et prix Nobel. Dans la même phrase. Ça rime autant que Mozart et réfrigérateur. 

En matière de science improbable, M. Coderre rejoint un club de politiciens très sélect. On y retrouve notamment Kellianne Conway, la conseillère du président Trump qui s'inquiétait récemment de l'espionnage avec... un four micro-ondes. Mentionnons aussi l'ancienne candidate à la vice-présidence des États-Unis, Sarah Palin, qui assurait que les hommes et les dinosaures ont vécu en même temps sur la Terre, «il y a 6000 ans».

Avec le recul, on donne le bénéfice du doute au représentant texan Joe Barton, qui s'inquiétait que les éoliennes puissent ralentir les vents au point de réchauffer le climat. Mais que dire de Todd Akin, un représentant du Missouri, qui certifiait qu'après un viol, le corps de la femme était «spécialement équipé» pour expulser un embryon éventuel?

Plus empoté que cela, tu dois être arrosé tous les jours.

C'est dit. Le firmament de la bêtise politique regorge de gens incompris. À commencer par l'ancien président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan. «Si ce que je vous dis semble clair, c'est probablement que vous n'avez rien compris», aimait-il à dire. 

Il n'empêche. On se demande à quoi pensait Jean Chrétien, lorsqu'il a confié : «[...] le plus que je fais d'erreurs en anglais, le plus que je me sens comme le Canadien moyen» ? Et que voulait dire au juste la leader démocrate, Nancy Pelosi, lorsqu'elle s'est écriée, à la veille d'un vote crucial du Congrès américain, en 2010: «Il faut voter la loi pour savoir ce qu'il y a dedans» ? 

Tout le monde n'a pas la verve poétique de la députée italienne qui voulait minimiser une violente altercation avec une ministre. «Je n'ai pas donné un coup de pied à la ministre, s'est-elle défendu. Je l'ai simplement redirigée avec la pointe de mon soulier.»

Rien à voir avec l'extrême franchise du prince Philip, l'époux de la reine Elizabeth II. Un jour, le président du Nigéria était venu l'accueillir, vêtu pour l'occasion de ses habits traditionnels. Fort peu impressionné, le Prince s'était exclamé: «Avec un accoutrement pareil, vous êtes prêt à aller au lit!»

Peut-être avez-vous oublié cette perle de Lise Thibault, l'ancienne lieutenant-gouverneure, au cours de son procès pour fraude? «Un salaire de 100 000 $ par an est vite dépensé. Enlevez les vêtements, le chauffage, etc., il [...] reste juste de quoi manger [ses] rôties le matin.»

À peine moins catégorique, le maire de Saguenay, Jean Tremblay, a déjà expliqué que les Chinois n'ont pas inventé grand-chose, «à part la brouette et les feux d'artifice». D'accord. Il oubliait des «babioles» comme la boussole, l'imprimerie et le papier. Mais comme dirait Obélix, ça ne vaut pas un sanglier. Encore moins une tourtière.

Difficile de ne pas citer l'ancien président français Jacques Chirac, très inquiet que la ville de Londres puisse obtenir les Olympiques d'été, en 2012. «Vous ne pouvez pas faire confiance à des gens qui cuisinent mal, analysait-il. Après la Finlande, les [Anglais] sont ceux qui font le plus mal la cuisine.»

Mais cette incursion au royaume de la bêtise politique ne serait pas complète sans un clin d'oeil au défunt secrétaire d'État britannique, George Brown. Un jour, Monsieur se rend à une réception donnée en l'honneur de dignitaires péruviens. En fin de soirée, alors qu'il se trouve dans un état d'ébriété avancé, Mister Brown est subjugué par l'impressionnante robe pourpre d'une invitée. Il se précipite pour l'inviter à danser la valse.

L'heureuse élue répond à l'invitation de la manière suivante : «Premièrement, vous êtes saoul. Deuxièmement, ce n'est pas une valse qui joue, mais l'hymne national péruvien. Troisièmement, je ne suis pas une femme. Je suis l'archevêque de Lima.» 1

1Cité par Sarah Lyall, dans Anglo Files: A Field Guide to the British, New York, W.W. Norton & Company inc., 2008.




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