Régis Labeaume, ce démocrate incompris

Le maire de Québec, Régis Labeaume... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Le maire de Québec, Régis Labeaume

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(Québec) CHRONIQUE / Il y a des gens - forcément des jaloux et des mauvais perdants - qui répètent que Régis Labeaume est allergique à la démocratie. Ceux-là collectionnent les citations croustillantes du maire comme les enquêteurs recueillent des indices sur les lieux du crime.

Ils ont l'embarras du choix. Ces jours-ci, M. le Maire repart en croisade contre les référendums citoyens sur les projets immobiliers. Tel le renard qui propose l'abolition des clôtures électrifiées autour des poulaillers, Monsieur s'est écrié : «Les référendums, [...] c'est antidémocratique».

Nous y reviendrons plus loin. En attendant, la phrase s'ajoute aux grandes citations de M. Labeaume. À commencer par le cri du coeur, jadis lancé en direction d'un conseiller municipal. «Mon ostie, j'vais t'en câlisser une dans l'front.»

D'accord. Mais ça ne prouve rien. Les apparences sont souvent trompeuses. Le tigre a des rayures. Le zèbre aussi. Est-ce que cela fait de lui un tueur sanguinaire?

***

Il a réponse à tout, M. le Maire. Des fois, il ressemble au sage qui affirme que puisque les marées noires sont inévitables, on devrait fabriquer du pétrole bleu.

En 2000, avant les fusions municipales, plus de 150 élus représentaient le territoire de la future ville de Québec. En 2007, quand M. Labeaume est devenu maire, la ville comptait 37 conseillers. Depuis, le nombre a été réduit à 27. Puis à 21.

À Québec, on compte un élu municipal pour 26 000 personnes. À Montréal? Un pour 18 500 personnes. Sur l'île d'Orléans? Un pour 200 personnes.

Moins d'élus, cela signifie généralement moins d'opposition. Moins de diversité aussi. Sauf à Québec, bien sûr, où le maire a déjà expliqué que l'opposition était inutile, puisque son équipe pouvait à la fois exercer le pouvoir et jouer le rôle de critique!

On rêve de voir cette solution géniale implantée au hockey. Les joueurs du Canadien seraient les seuls autorisés sur la glace, en plus de tenir le rôle des arbitres et des juges de ligne. Bons princes, ils laisseraient à leurs adversaires le soin de jouer la foule. Après tout, il en faut pour applaudir les héros...

***

Du calme. Est-ce la faute de M. Labeaume si aucun maire de Québec n'a perdu une élection depuis... 1938? Est-ce sa faute si sa campagne disposait de (presque) 100 000 $ de plus que l'opposition, lors du dernier scrutin?

Faut pas écouter les vilains journalistes. Si Régis Labeaume marchait sur les eaux, ceux-là diraient qu'il ne sait pas nager!

Ces jours-ci, M. Labeaume réclame l'abolition des référendums sur les projets immobiliers. À ses yeux, il importe peu que le mécanisme ait été utilisé seulement cinq fois en 15 ans. À la place des référendums, M. Labeaume prône davantage de... consultations, un mot qui sonne étrangement dans sa bouche. Monsieur n'a-t-il pas déjà ouvert une consultation publique en s'écriant : «Si vous êtes venus ici pour chialer, c'est pas la place»?

Apparemment, le maire a déjà oublié la farce du récent Programme particulier d'urbanisme du plateau centre de Sainte-Foy. Pendant des mois, la Ville et les citoyens avaient discuté de l'avenir du secteur. À la fin, on s'était entendu pour limiter la hauteur des édifices à 30 étages. Ce qui n'a pas empêché le maire de tout balancer par-dessus bord, pour accueillir son projet fétiche du Phare, avec sa tour de 65 étages.

À Québec, chacun a droit à une opinion. À condition qu'il s'agisse de celle de Régis Labeaume, bien entendu.

***

Dans le fond, Régis Labeaume aime bien la démocratie. C'est seulement qu'il la considère comme un luxe inutile. Une police d'assurance qui couvre la chute du toit, mais pas le violent contact avec le sol. «Faites-moi confiance», répète-t-il. L'air de dire : «En matière de démocratie, n'ai-je pas droit à une 403e chance?»

Snif. Une telle performance théâtrale, snif! ça brise le coeur.

À propos, vous savez ce qu'on raconte? Pour améliorer l'ambiance lors du conseil municipal, les élus d'Équipe Labeaume ont eu une idée. Chaque fois que l'un d'eux lance une insulte ou bafoue une règle démocratique, il doit payer une amende.

La première bourde coûte 50 $. Et le prix double chaque fois. Cent dollars pour la seconde infraction. Deux cents dollars pour la troisième. Ainsi de suite.

En entendant cela, le maire Labeaume devient blême. Il se met à pianoter sur sa calculatrice.

- Je vais être ruiné avant la fin de l'année, bredouille-t-il. 

Mais ses conseillers le rassurent aussitôt.

- Pour vous, on a établi un tarif saisonnier.




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