La lutéine, c'est la santé

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Aujourd'hui, il ne suffit plus d'être en santé. Il faut aussi entretenir son «capital santé».

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(Québec) CHRONIQUE / Ça y est. Vous avez pris le virage santé. Adieu l'époque insouciante où vous citiez Woody Allen : «Tu peux vivre jusqu'à 100 ans si tu renonces à tout ce qui te donne la volonté de vivre jusqu'à 100 ans.»

Oui, elle est bien finie la rigolade. Même qu'aujourd'hui, il ne suffit plus d'être en santé. Il faut aussi entretenir son «capital santé». Comme un banquier. D'ailleurs, les gourous du mieux-être calculent tout. Y compris l'espérance de vie. Et leur comptabilité se veut aussi précise que le remboursement d'un prêt hypothécaire.

Selon des chercheurs de l'Université de San Diego, le travail en position assise coûterait jusqu'à huit ans d'existence. La consommation quotidienne de boissons gazeuses? 4,6 ans. Le tabac? 10 ans. La télévision? 3 ans. La mauvaise hygiène de vie? 17,9 ans. Sans oublier le stress, qui retrancherait 33 ans à votre «capital santé».

Pas besoin d'être un champion en arithmétique pour comprendre qu'à ce rythme, 99 % de l'humanité est déjà morte, même si elle ne le sait pas encore.

***

Je sais. La gestion maniaque du capital santé, ça rend parano. Surtout quand il s'agit d'alimentation. La semaine dernière, l'Agence britannique de sécurité alimentaire soupçonnait les toasts trop grillés d'être cancérigènes. Au même moment, des chercheurs de Belfast s'interrogeaient sur l'arsenic contenu dans le riz cuit à la vapeur. En plus, il ne s'agit que de la pointe de l'asperge, comme on dit.

Désormais, le menu idéal bannit le bacon, les fritures, la charcuterie et même certains poissons. Souvent, les aliments et les nutriments à la mode semblent sortis d'un film de science-fiction. Bienvenue dans le monde des caroténoïdes, des fruits violets et des légumes orangés. À quand un débat enflammé sur le thème «La lutéine et la zéaxanthine, des amis pour la vie?»

Place aux superaliments, qui accroissent l'espérance de vie. Y compris le petit dernier, le café aux champignons, qu'un critique a décrit de la manière suivante : «Si vous survivez à ça, vous pouvez survivre à n'importe quoi. Y compris à la mastication prolongée d'un kilo de carton, imbibé de jus de chaussette et d'huile à moteur.»

***

Reste que le plus important, en matière de capital santé, c'est le moral. Les optimistes vivent plus longtemps, d'après une équipe de chercheurs de Harvard. Mais comment garder son jovialisme, quand on vient de se taper une étude-fleuve suggérant que le fait d'habiter près d'un grand axe routier augmente les risques de démence? 

Parfois, il vous prend une envie folle d'échapper à tout cela. En faisant un peu de vélo, peut-être? C'est là que ça se complique. Pas de chance, des recherches de l'Université de Columbia sous-entendent que le vélo dans les grandes villes serait néfaste pour la santé, à cause de la pollution. Même qu'après deux semaines en ville, l'espérance de vie d'un oiseau commencerait à diminuer !

Ici, la situation paraît sans issue. Car il ne sert à rien de rester enfermé chez vous. Tout le monde sait que l'air intérieur est de 3 à 10 fois plus pollué que celui de l'extérieur, en moyenne! Bref, le temps semble donner raison à l'humoriste Jackie Mason, qui disait : «La question, ce n'est plus de rester en santé. C'est de vous découvrir une maladie acceptable.» 

***

Faites-vous fausse route? Votre capital santé est-il entre bonnes mains? Parfois, le doute vous envahit. Comme le jour où vous contractez le rhume pour la 12e fois de l'année, malgré vos 99 pilules pour stimuler le système immunitaire.

Soudain, votre capital santé ressemble à un mirage. Un mystère insoluble. Comme dans la vieille histoire du gardien d'usine qui voit un travailleur sortir avec une brouette pleine de foin, tous les vendredis soirs. 

Chaque fois, le garde fouille méticuleusement le foin, pour s'assurer que l'homme ne cache pas quelque chose. Jour après jour, il ne trouve rien.

Le manège se répète durant des années. Jusqu'à ce que le gardien soit à la veille de prendre sa retraite. En voyant le gars s'approcher une dernière fois, avec sa brouette pleine de foin, il pose la question qui lui brûle les lèvres. «Écoute, je me doute bien que tu voles quelque chose. Je prends ma retraite ce soir. Je ne le dirai à personne. S'il te plaît, dis-moi ce que tu voles.

Le gars sourit et il répond :

- Je suis un voleur de brouettes.»

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