Philippe Couillard, sauveur du Québec

«Gouverner, ce n'est pas facile», répète souvent M.... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

«Gouverner, ce n'est pas facile», répète souvent M. Couillard.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CHRONIQUE / Mardi, quand Philippe Couillard a déclaré que son gouvernement avait «sauvé» le Québec, vous avez sursauté.

Ne dites pas le contraire. Je vous connais. Mais il faut comprendre le premier ministre. Le mot Messie a été réservé par Jésus. Celui de héros est trop associé à Nelson Mandela. L'expression Grand Bâtisseur a été retenue par Jean Charest. De plus, le leader nord-coréen Kim Jong-un se fait déjà surnommer «Grand Homme descendu du ciel», «Commandant invaincu à la volonté de fer» et «Grand soleil du XXIe siècle». 

Dans ces conditions, quel titre pouvait se décerner Philippe Couillard, à part celui de «sauveur», je vous le demande? «Illustre fils du Saint-Laurent»? «Grand Coulou des Laurentides»? Avouez que ça ne ferait pas très sérieux.

***

«Gouverner, ce n'est pas facile», répète souvent M. Couillard, avec l'air douloureux du père missionnaire que des indigènes survoltés sont en train de faire rôtir à la broche.

Ne souriez pas, Mesdames et Messieurs les cyniques. La vie est dure dans l'air raréfié des grands sommets de la vie politique. Même qu'il faut croire M. Couillard sur parole lorsqu'il vante son «courage», tel un athlète qui se remet à lui-même la médaille d'or.

Oui, il en faut du courage, pour oser dire que les pratiques douteuses du gouvernement Charest appartiennent à «une autre époque de la politique au Québec» alors qu'une douzaine de membres de l'actuel conseil des ministres (sur 27) en faisaient partie.

Oui, il en faut, du courage, pour semer la pagaille dans la Santé et dans l'Éducation, pour ensuite annoncer triomphalement des «réinvestissements». 

Oui, il en faut, du courage, pour regarder sans broncher le système de justice foncer dans le mur, en retardant l'annonce du plan de sauvetage jusqu'au dernier moment, juste avant la catastrophe. 

Oui, il en faut, du courage, pour être Philippe Couillard. Jouer à la fois le pompier et le pyromane, ça ne convient qu'aux plus grands comédiens.

Qui va prétendre le contraire? Des jaloux? Des envieux? Des gosseux de poils de grenouille? Des pisse-vinaigre qui estiment que si le premier ministre se vante d'avoir la conscience tranquille, c'est parce que sa mémoire est défaillante?

***

Bien sûr, les grands hommes restent souvent incompris. Galilée, Gandhi et Sam Hamad n'ont-ils pas été injustement mis à l'écart, selon les époques?

Euh, attendez. Ai-je vraiment placé Galilée, Gandhi et Sam Hamad dans la même phase?

Tant pis. On continue. Il était question du peuple qui ne comprend jamais rien. Selon un récent sondage Léger, à peine 12 % des Québécois ont l'impression que la corruption a diminué depuis l'élection de Philippe Couillard. Une vraie gifle! À titre de comparaison, il y a deux fois plus de Québécois qui croient à l'existence des fantômes!

Ouille. Ça fait mal. Devant tant et tant d'ingratitude, n'importe qui finirait par éprouver du chagrin. Ou pire, de l'amertume. N'importe qui, sauf Philippe Couillard.

Grand seigneur, Monsieur préfère relier ses ennuis politiques à un problème de... communication. Bref, entre le peuple du Québec et son sauveur autoproclamé, il y aurait juste un peu de friture sur la ligne.

«Notre plan de gouvernement fonctionne. Maintenant, il faut le montrer plus, le dire plus», a commenté M. Couillard après la performance décevante de son parti lors d'une série d'élections partielles.

Est-ce sa faute à lui si tout le monde ne peut pas être un héros, un grand bâtisseur, un sauveur? Quand on y pense, il faut bien qu'il reste un petit peuple pour applaudir...

***

Pôvre Philippe Couillard. À Québec, la dernière blague raconte l'ouverture d'une Maison des inventeurs, en présence de nombreux visiteurs prestigieux. Après quelques discours de circonstance, un guide amène les invités visiter les lieux. Il leur présente successivement des statues à l'effigie des grands inventeurs de l'histoire, depuis celui qui imagina la première machine à vapeur jusqu'à celui qui conçut la bombe atomique, en passant par la télégraphie sans fil et Internet. Thomas Edison, Robert Oppenheimer, et j'en passe.

À la fin, les invités aperçoivent une statue beaucoup plus haute que les autres, au milieu de la plus grande salle. Intrigué, un visiteur demande au guide : «Et celui-là?» 

- Celui-là? répond l'autre. C'est le premier ministre Philippe Couillard, l'inventeur de la Maison des inventeurs.

 

 

 

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer