Que Dieu bénisse... quoi déjà?

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Parmi les 44 présidents des États-Unis, on remarque une impressionnante collection de racistes, d'incompétents et de mal-embouchés. Sur la photo, on reconnaît le président désigné Donald Trump.

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(Québec) CHRONIQUE / Donald Trump est peut-être dangereux. Mais il faut dire que parmi les 44 présidents des États-Unis, on remarque une impressionnante collection de racistes, d'incompétents et de mal embouchés. Le président Harry S. Truman parlait même de «la grande Maison-Blanche», comme s'il s'agissait d'un hôpital psychiatrique.

Commençons par Warren G. Harding, souvent considéré comme le pire président de l'histoire. Un siècle plus tard, il importe peu que M. Harding ait passé son temps à jouer au poker. Ou qu'il ait entreposé de l'alcool de contrebande dans la Maison-Blanche. À la rigueur, les historiens lui pardonnent même sa manie étrange de parler de son pénis à la troisième personne.

Par contre, on s'explique mal qu'il ait fermé les yeux sur le gigantesque réseau de corruption qui gangrenait son administration. Au moins, M. Harding était franc. «Je ne suis pas qualifié pour ce travail et je n'aurais jamais dû être élu», avait-il confié à ses proches.

Rassurant, n'est-ce pas? 

Le président Andrew Jackson a tué un homme en duel. James Bucchanan faisait des plans pour emprisonner ses adversaires. Andrew Johnson a lutté contre le 14e amendement à la Constitution, qui donne la nationalité américaine aux Noirs. 

À peine plus fréquentable, le président Woodrow Wilson croyait à la supériorité de la race blanche. Il a fait réorganiser le gouvernement pour séparer les fonctionnaires en fonction de la couleur de la peau. De plus, Monsieur a envoyé six fois les Marines pour faire la loi dans des pays latino-américains. (1) 

Plus près de nous, Lyndon B. Johnson utilisait un langage ordurier. Très peu présidentiel. Comme cette pique, lancée au futur président Gérald Ford : «Il est tellement idiot qu'il serait incapable de péter et de mâcher de la gomme en même temps.»

Pour blaguer, ou pour intimider un adversaire, M. Johnson montrait parfois son pénis - qu'il surnommait «Jumbo» - dans les toilettes du Congrès. Ici, on touche un sujet inépuisable : la libido présidentielle. Parlez-en à Bill Clinton, qui a été accusé de parjure, pour avoir menti sur sa liaison avec une stagiaire. Sans oublier John F. Kennedy, qui aimait se photographier, complètement nu, avec ses conquêtes féminines. Un employé des services secrets allait parfois faire encadrer les images, dans une boutique de Washington! (2) 

Durant les années 50, les mauvaises langues racontaient que le président Dwight D. Eisenhower passait plus de temps sur les terrains de golf qu'à la Maison-Blanche. Et le héros de guerre pratiquait ses élans jusque dans le bureau ovale, au point d'abîmer le plancher.

Après son départ, ses successeurs n'ont osé rien réparer. Parfois, on montrait aux visiteurs les marques laissées par le Grand homme. Mais tout a changé avec l'élection de Richard Nixon. Ce dernier a fait découper le plancher pour l'expédier à ses partisans, comme des reliques. (3)

Nixon ne reculait devant rien. En 1972, il a embauché une équipe pour voler des documents dans les locaux du parti démocrate, ce qui a engendré le scandale du Watergate. «Quand le président le fait, cela veut dire que ce n'est pas illégal», répétait-il.

Durant la campagne électorale de 1968, en pleine guerre du Vietnam, il a utilisé ses contacts pour saboter les négociations de paix. Pas question qu'un accord fasse bien paraître l'administration démocrate. Quitte à frôler la haute trahison. (3)

Commentaire d'un adversaire : «Nixon, c'est le genre de politicien qui va faire raser une forêt et qui va ensuite monter sur les souches pour livrer un discours passionné sur l'écologie.»

En comparaison, le président Ronald Reagan passe pour un ange. Lors de sa première rencontre internationale, les étrangers ont pourtant été stupéfaits qu'il lise des fiches, sans changer un mot, comme un écolier récitant sa leçon. 

«La bataille pour influencer Ronald Reagan ressemblait à la guerre des tranchées, durant la Première Guerre mondiale, a résumé Peggy Noonan, qui rédigeait ses discours. Jamais un aussi grand nombre de gens n'ont bataillé aussi fort, pour conquérir aussi peu.» «J'ai donné l'ordre qu'on me réveille n'importe quand, s'il y a une urgence. Même durant une réunion du cabinet», blaguait Reagan. Le 30 mars 1981, après avoir été blessé lors d'un attentat, il a encore essayé de faire rire son épouse, dans le couloir menant à la salle d'opération.

- Chérie, j'ai oublié de me pencher.

Stop. On pourrait continuer longtemps cette énumération. Mais à quoi bon? Car si une telle collection de racistes, d'incompétents et de mal embouchés n'a pas réussi à détruire les États-Unis, qui pourra le faire? 

(1) James W. Lowen, Lies My Teacher Told Me, Simon & Schuster, New York, 1996.

(2) Seymour Hersh, The Dark Side of Camelot, Little, Brown and Company, New York, 1997.

(3) Nancy Gibbs and Michael Duffy, The Presidents Club, Simon & Schuster, New York, 2012.

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