Le lendemain de la veille

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Des milliers de personnes se sont réunies à Times Square, à New York, afin de regarder le déroulement des élections en direct.

AFP, Eduardo Munoz Alvarez

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(New York) CHRONIQUE / Les Américains se réveillent aujourd'hui avec une gueule de bois de catégorie mondiale. Le genre de mal de bloc qu'aucune pilule ne peut calmer. Une élection aussi sale, ça ne fait que des perdants.

Jusqu'au bout, les deux adversaires ont brûlé tous les ponts derrière eux. Jusqu'à la fin, ils ont répété qu'il n'y avait pas de lendemain et que tout était en jeu. Le pays, la démocratie et bla-bla-bla.

Pour les démocrates, Trump était un monstre. Un raciste et un sexiste indécrottable. Le barbare aux portes de Rome. Pour les républicains, Clinton était la fée Carabosse. Une menteuse incorrigible. Une chipie qui veut voler les bijoux de famille. Le slogan le plus populaire, chez les «Trumpistes», c'était : «Jetez-la en prison!»

Les deux camps ne semblaient avoir qu'une chose en commun : la méfiance. À quelques jours du vote, 95 % des partisans de Hillary Clinton confiaient qu'une présidence Trump leur faisait peur. Et 97 % des pro-Trump disaient la même chose à propos d'une victoire de Clinton.

Réconcilier les uns et les autres, ça ne sera pas de la tarte. Pour reprendre l'expression consacrée, le défi s'annonce aussi facile que de réintroduire le dentifrice dans le tube, après l'avoir sorti. Ou, si vous préférez, aussi compliqué que de reconstituer le poisson, après l'avoir réduit en mille miettes dans la bouillabaisse.

Hier, à New York, le cauchemar électoral avait pourtant des airs familiers.

Pour des raisons assez bizarres, l'État ne permet pas le vote par anticipation. Ici, les files d'attente devant les bureaux de vote sont aussi légendaires que les vendeurs de hot-dog ambulants ou que les mimes déguisés en statue de la Liberté, sur Times Square. 

À certains endroits, il fallait plus de deux heures pour voter. Dans le Bronx, même les électeurs arrivés pour l'ouverture des bureaux de vote, à 6h, ont attendu une heure et demie. Remarquez, ça n'empêchait pas un employé du bureau de vote de la 56e Rue de philosopher : «L'oiseau qui se lève tôt ramasse le ver de terre. Pourtant, c'est la deuxième souris qui ramasse le fromage.»

En ce jour pas comme les autres, la campagne réservait une ultime surprise aux New-Yorkais. En soirée, les deux candidats tenaient leur soirée électorale en plein coeur de Manhattan. À moins de deux kilomètres de distance! Du coup, plusieurs rues étaient fermées à la circulation, pour des raisons de sécurité. Au début de l'après-midi, le milieu de Manhattan était déjà congestionné.

«Les élections, c'est une épreuve. Ces emmerdeurs de politiciens, je préférerais qu'ils fassent leurs conneries au milieu du Kansas, avec les troupeaux de bovins», m'a dit un chauffeur de taxi, immobilisé sur la 5e Avenue. Je vous épargne la quinzaine de jurons bien gras que Monsieur a générés en deux phrases, juste au cas où des enfants seraient à l'écoute.

La seule bonne nouvelle, selon lui? Il reste 1456 jours avant la prochaine élection à la présidence.

Au terme de cette campagne désolante, les vainqueurs ressemblent au roi grec Pyrrhus, lors d'une victoire sur les Romains, en 280 av. J.-C. Ce jour-là, la bataille avait été si meurtrière et si coûteuse qu'un partisan s'était écrié : «Encore une victoire comme celle-là, et nous sommes perdus!»

Vous savez que les choses ont vraiment dépassé les bornes le jour où l'Iran diffuse les débats entre Hillary Clinton et Donald Trump, juste pour se moquer de la démocratie des États-Unis.

Que faut-il ajouter de plus?

Le mois dernier, Elon Musk, un célèbre entrepreneur high tech, prétendait qu'il sera bientôt impossible de distinguer la réalité et les jeux vidéo. Selon lui, nous sommes probablement les personnages du jeu vidéo d'une civilisation avancée.

Ah oui? Si c'est le cas, est-ce qu'un volontaire pourrait suggérer à ces damnés extraterrestres de revoir le scénario de cette campagne désastreuse? Quitte à revenir un peu en arrière, dans le temps? Finalement, ça arrangerait tout le monde...

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