Plus bas que le fond

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Des démocrates regardent le dernier débat Trump-Clinton à Pasadena, en Californie.

AFP, Frederic J. Brown

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(Québec) CHRONIQUE / On croyait avoir touché le fond. Erreur. Au cours de leur dernier débat, mercredi, à Las Vegas, Hillary Clinton et Donald Trump sont descendus encore plus bas. Au point où Mister Trump n'a pas voulu s'engager à reconnaître le résultat des élections. Portrait d'un désastre annoncé...

Au début, les naïfs ont pu croire au miracle. Il était question de constitution. De programme. Il n'y manquait que des angelots jouant de la harpe. À un certain moment, Donald Trump s'est même excusé avant d'interrompre sa rivale!

Ça n'a pas duré. La férocité de la lutte électorale a vite repris ses droits. Les insultes se sont mises à pleuvoir. Hillary Clinton a traité son rival de «marionnette» du président russe, Vladimir Poutine. Plus tard, elle l'a accusé d'avoir employé des immigrants illégaux pour construire ses gratte-ciel.

Donald Trump n'a pas été en reste. Il a répété que Mme Clinton ne devrait pas avoir le droit d'accéder à la présidence, parce qu'elle a menti des centaines de fois au FBI et au pays tout entier. Il a suggéré que sa campagne démocrate avait payé des agents provocateurs pour fomenter de la violence, dans ses rassemblements. «Quelle femme dégueulasse», a-t-il fini par échapper.

Le modérateur, Chris Wallace, de FOX News a pu contenir les débordements, durant un certain temps. Mais à la fin, il ressemblait au personnage de bande dessinée qui tente de colmater les brèches sur un barrage avec ses doigts, puis avec orteils, avant d'être emporté par les flots déchaînés.

Un peu moins agité que d'habitude, Donald Trump a sans doute livré son meilleur débat de la campagne. Mais sa manie de voir des complots partout a fini par le rattraper. Il a répété que les élections sont truquées. Il n'a même pas voulu dire s'il acceptera les résultats, au soir du 8 novembre. «On verra à ce moment-là. Je garde le suspense», a-t-il expliqué.

Un candidat à la présidence des États-Unis qui ne s'engage pas à reconnaître les résultats, trois semaines avant le vote? Ne cherchez pas dans vos livres d'histoire. Cela reste du jamais-vu.

À côté de cela, la paranoïa passée de Donald Trump paraît plutôt bénigne. Dès la fin du premier débat, il accusait les organisateurs d'avoir saboté son micro. Après le second face-à-face, il soupçonnait sa rivale d'avoir pris des «substances pour améliorer sa performance». Il a même réclamé des tests de dépistage de drogue!

Réagissant à ses accusations, l'humoriste Andy Borowitz, du New Yorker, a écrit : «Les États-Unis ont peur que les tests de dépistage révèlent que Trump n'est pas drogué [et qu'il pense réellement tout ce qu'il raconte].»

Le débat suffira-t-il à redresser la barre pour Donald Trump? Peut-être. Mais pour le républicain, il se fait tard. Les nouvelles en provenance du front électoral sont très mauvaises. Mercredi, un sondage donnait à Hillary Clinton une avance de cinq points en Arizona, une forteresse républicaine.

Donald Trump est devenu si impopulaire que même ses entreprises enregistrent une baisse marquée de leur chiffre d'affaire. Selon un sondage Travel Weekly, 61 % des agences de voyage refusent de réserver dans des hôtels ou des stations touristiques appartenant à la famille Trump.

En attendant le grand soir, les candidats se réjouiront d'avoir livré le dernier débat de la campagne. Il était temps. À la fin, ils n'ont même pas daigné se donner la main. Faut-il pleurer? Faut-il en rire? Le magazine en ligne Slate a choisi de rire jaune, en rappelant que l'Iran a diffusé en direct le troisième débat de la campagne. «À quoi bon [se donner le mal de] faire de la propagande anti-américaine? insiste le magazine. L'Iran a compris qu'il suffit de télédiffuser nos débats horribles.»

Et de grâce, n'allez pas dire que tout cela ressemble à un cirque. Du genre : «La démocratie est l'art de diriger le cirque à partir de la cage du singe»*. Il y a quelques jours, le cirque Barnum & Bailey a lancé un cri du coeur. «Tout le monde [...] a pris l'habitude de comparer l'élection présidentielle de 2016 à un cirque et les candidats à des clowns. Il faut que cela cesse!»

Ouille. Le mot de la fin appartient à l'animateur de télé James Corden : «Tu réalises que cette élection est catastrophique lorsque même la femme-à-barbe et l'homme-lézard se mettent à crier : «Nous ne voulons plus être associés à ce genre de spectacle dégradant!»

* Gracieuseté du défunt journaliste Henry Louis Mencken

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