L'étrange corrida

Hillary Clinton et Donald Trump avancent à l'avant... (AP, Joe Raedle)

Agrandir

Hillary Clinton et Donald Trump avancent à l'avant de la scène après le débat.

AP, Joe Raedle

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CHRONIQUE / Le monde attendait un feu d'artifice. Une bataille de ruelles. Un western spaghetti.

Il a plutôt eu droit à une étrange corrida. Avec Hillary Clinton, tout de rouge vêtue dans le rôle du toréador. Et Donald Trump dans celui du taureau.

Pendant la plus grande partie du débat, Hillary Clinton a titillé le Donald. Elle a plusieurs fois réussi à le faire sortir de ses gonds en agitant des chiffons rouges sous ses yeux.

L'argent hérité de son père. Son refus de dévoiler ses rapports d'impôts. Les accusations de racisme contre ses entreprises immobilières. Alouette.

Donald Trump était prévenu. Le piège se voyait à des kilomètres. Mais il n'a pas pu s'empêcher d'y sauter à pieds joints.

Le site Vox avait créé des cartes de... (Image tirée du site vox.com) - image 2.0

Agrandir

Le site Vox avait créé des cartes de bingo pour le débat : chaque fois qu'un candidat mentionnait un des enjeux inscrits sur la carte, il fallait mettre un jeton.

Image tirée du site vox.com

Reste que la toréador d'un soir ne s'en sortait pas toujours indemne. En voyant son adversaire rager et fulminer, Hillary Clinton ne pouvait pas s'empêcher d'afficher son éternel sourire satisfait. Triomphaliste. Madame adoptait vite le ton condescendant de l'archiduchesse qui rappelle à l'ordre le roturier.

- Donald, je sais que tu vis dans ta propre réalité, a-t-elle lancé.

Ou encore, cette perle livrée sur le ton d'une maîtresse d'école : 

- Si tu veux savoir à quoi ressemblent les faits, Donald, tu n'as qu'à lire notre site Web.

La soirée avait pourtant commencé par des échanges courtois. Pendant quelques minutes, même Donald Trump rajoutait plusieurs couches de politesse, comme l'aspirant pâtissier qui abuse de la crème. «Avec tout le respect que je vous dois.» «Je tiens à ce que vous soyez heureuse.»

L'homme à la chevelure jaune s'était-il métamorphosé?

Rassurez-vous. Ça n'a pas duré. Selon le site Vox.com, Donald Trump a ensuite interrompu 26 fois son adversaire en 25 minutes. Par moment, on aurait juré que le modérateur s'était volatilisé.

Le candidat républicain répétait les phrases chocs qui l'ont amené au sommet. Il a passé à la moulinette les traités de libre-échange. La Chine qui se sert des États-Unis comme «tire-lire». Il a vociféré contre les politiciens de carrière comme Hillary Clinton, «qui traîne dans le paysage depuis 30 ans».

Mais le décorum d'un débat présidentiel n'a rien à voir avec l'atmosphère survoltée d'un aréna au coeur de la Pennsylvanie. Pas d'applaudissements. Pas de sifflements. Pas d'occasions de communiquer directement avec la foule.

À la longue, le taureau Donald Trump s'est mis à ressembler à un poisson hors de l'eau. Un peu perdu dans les statistiques, les yeux furibonds, il s'est lancé dans une longue explication sur le manque «d'endurance» de Hillary Clinton.

- Donald, tu me critiques pour m'être préparée pour ce débat? a piqué Hillary Clinton, pour ajouter l'injure à l'insulte.

Au fond, la guéguerre psychologique avait débuté bien avant le débat. Vendredi, les démocrates croyaient avoir frappé un grand coup lorsque le milliardaire Mark Cuban, un farouche détracteur de Donald Trump, a révélé qu'il serait assis au premier rang dans la salle. Rien que pour déranger Trump.

La riposte n'avait pas tardé. Aussitôt, le républicain a menacé d'inviter Gennifer Flowers, une actrice qui prétendait avoir eu une aventure avec Bill Clinton. 

«Si cette nouille de Mark Cuban vient assister au débat, je vais placer Gennifer Flowers à côté de lui.

Mais gardons-nous de conclure trop vite.

Hier soir, ces épisodes peu glorieux semblaient oubliés. Qui a gagné? Qui a perdu? se demandaient les analystes. Une heure après le débat, les premiers sondages du réseau CNN donnaient la victoire à Hillary Clinton par une marge de 62 %. 

Du calme. Un débat ne fait pas une campagne. Ou comme l'a déjà dit un candidat malheureux : «Vous croyez que tout peut s'écrouler en 90 minutes? Rappelez-vous que le Titanic a quand même mis trois heures à couler.»

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer