La mémoire des poissons rouges

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Le plus grand amnésique de l'équipe des poissons rouges reste Philippe Couillard.

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(Québec) CHRONIQUE / C'est fou le nombre de gens qui perdent la mémoire autour de Philippe Couillard.

À sa place, je serais inquiet. On se croirait à l'époque où Alfonso Gagliano, le ministre fédéral, pouvait s'écrier: «La mémoire est une faculté affaiblie!»

Ne dévions pas du sujet.

Ces jours-ci, le cas de l'ancien ministre Jacques Daoust apparaît troublant. Du temps où il était ministre de l'Économie, Monsieur ne se souvient pas d'avoir été averti de la vente des quincailleries RONA. Quitte à passer pour une plante verte. De la même manière, lors de son passage aux Transports, M. Daoust n'avait pas de souvenir de la lettre de démission d'Annie Trudel, une analyste qui menait une enquête interne. Mme Trudel soutenait qu'on l'empêchait de faire son travail, pour préserver des secrets nauséabonds.

Les mauvaises langues disent que M. Daoust voudrait ajouter quelque chose, pour tout expliquer, mais qu'il a oublié de quoi il s'agissait.

Et que penser de l'étrange mémoire de Pierre Ouellet, l'ex-chef de cabinet de M. Daoust? En 2014, c'est lui qui aurait autorisé par courriel la vente d'un bloc de 140 millions $ d'actions de RONA, détenues par Investissement Québec. Sauf qu'il lui a fallu des mois pour démêler ses souvenirs, sans trop embarrasser le gouvernement. Vous comprenez. Un p'tit 140 millions $ par-ci, par-là, ça devient vite banal. Après, tu ne sais plus trop si tu agissais au nom du ministre, du premier ministre ou d'un entraîneur pee-wee en visite.

Ces messieurs font concurrence au comique, qui disait: «Si ma mémoire était juste un peu plus mauvaise, je pourrais planifier ma propre fête surprise. Mais à quoi bon, puisque j'oublierais d'y aller?»

******

Le plus grand amnésique de l'équipe des poissons rouges, cela reste pourtant Philippe Couillard.

À une certaine époque, il ne se souvenait plus très bien s'il avait été «ami» avec le défunt Arthur Porter, son partenaire d'affaires accusé de fraude.

Mais ça se passait il y a longtemps. Aujourd'hui, c'est lorsque M. Couillard évoque les années de pouvoir de Jean Charest que sa mémoire ressemble à une charpente de bois qui vient d'accueillir un congrès mondial de termites.

Les jours pairs, M. Couillard affirme que l'ère Charest constitue «une autre époque de la politique». Un peu plus, il parlerait de préhistoire et du Parc jurassique, pour s'en distancer. Même qu'on se demande s'il s'agit du même Philippe Couillard qui a été ministre de Jean Charest, durant cinq ans.

Ça ne fait rien. Les jours impairs, M. Couillard dit exactement le contraire. «Pendant les années où j'étais dans le gouvernement [Charest], je n'ai jamais rien vu d'autre que [l'intégrité]», a-t-il martelé. En résumé, il ne savait rien. Ou alors, il a oublié.

Docteur, est-ce le syndrome Gérald Tremblay? Une forme d'amnésie politique foudroyante, baptisée en l'honneur de l'ancien maire de Montréal, qui a déjà dit: «Je ne suis pas au courant de tout ce que j'ai appris»?

Allez savoir. Dès qu'une tuile lui tombe dessus, M. Couillard a une panne de mémoire providentielle. Ou alors, il emprunte le ton courroucé du bon fermier, victime d'un coup pendable. Du genre: «Pendant ma sieste, les chenapans ont attaché ensemble les lacets de mes bottines. Après, ils ont peinturé la ferme orange fluo. Pis on va dire que c'est ma faute, en plus?»

*****

Vous connaissez la dernière?

Philippe Couillard, Barack Obama et François Hollande participent à un concours d'habiletés, devant un public.

- Je suis le meilleur, commence Barack Obama. Qu'on me donne un sabre et une mouche. Je la couperai en deux.

On apporte un sabre et on libère une mouche, juste à côté. Aussitôt, Barack Obama tranche l'insecte en deux, sous les applaudissements.

- Enfantin, commente François Hollande. Donnez-moi le sabre et trouvez-moi une puce. Je vais la couper en deux!

On lui donne le sabre et on amène une puce, dénichée en coulisses. Tout de suite, François Hollande coupe la puce en deux, sous les applaudissements de la foule.

Philippe Couillard hausse les épaules.

- Trop facile, déclare-t-il. Donnez-moi le sabre et un moustique.

On attrape un moustique, pour ensuite le libérer devant Philippe Couillard. Il donne un grand coup de sabre dans les airs, mais le moustique continue son vol, sans être affecté.

La foule, déçue, se met à huer Philippe Couillard, tandis que Barack Obama et François Hollande se moquent de lui.

- Échec! ricanent-ils.

Mais le premier ministre Couillard ne se laisse pas démonter.

- Échec? Vous ne voyez donc rien? Ce moustique n'aura jamais d'enfants...

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