La vie est un sport dangereux

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Avec la rentrée, vous n'échapperez pas aux multitudes d'études et de chiffres sur la santé.

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(Québec) CHRONIQUE / Cet été, vous avez survécu à tout. Aux morsures de chiens méchants, aux avertissements de chaleur accablante, à la maladie du hamburger, aux ennuis de la Fondation Maman Dion et au 312e retour d'André Arthur.

Peu importe. Car avec la rentrée, vous n'échapperez pas aux multitudes d'études et de chiffres sur la santé. Ceux-là ressemblent aux Indiens dans un vieux Western, lorsqu'ils tournent autour du chariot des pionniers, en poussant des hurlements de ptérodactyles.

Inutile de préciser que vous êtes dans le chariot. Encerclé. Occupé à calculer vos chances d'en sortir vivant.

Allons droit au but, avec quelques exemples récents. 

Vos parents étaient trop protecteurs? Cela entraîne un risque supplémentaire de boire de l'alcool de manière incontrôlée.

Vous écoutez la télé plus de cinq heures par jour? Ajoutez 30 % aux probabilités d'être infertile.

Vous dormez moins de six heures par nuit? Les possibilités de mourir prématurément augmentent de 12 %.

Même les joueurs de cornemuse font mieux de se tenir à carreau. Ne courent-ils pas le risque (infime) de contracter le syndrome de la cornemuse, une infection pulmonaire provenant d'un instrument mal lavé?

Soudain, vous comprenez mieux le vendeur d'assurance vie qui part le soir en disant : «Je ne veux pas te forcer la main. Dors là-dessus. Si tu te réveilles demain, nous en reparlerons.»

Travailler, c'est trop dur. Mais les études statistiques suggèrent que travailler assis, c'est encore pire.* Ne prenez pas les yeux horrifiés de la poule qui contemple pour la première fois un cube de bouillon de poulet. La cause est entendue. Pour ceux qui restent assis huit heures par jour, le risque de mourir prématurément grimpe de 60 %.

Oui, le travail assis tue à petit feu. Mais ça ne veut pas dire que ceux qui travaillent debout s'en sortent indemnes. Douleurs lombaires, enflure des jambes, épuisement, troubles... musculosquelettiques. La liste des maux qui les guettent ressemble à un manuel de torture du temps de l'Inquisition.

Pour échapper à ces calamités, il y a l'exercice physique. Mais n'allez surtout pas vous précipiter dehors, bande d'inconscients!

L'exercice, c'est bon à la campagne. En ville, rien n'est moins sûr. Même que la pollution aux particules fines fait perdre 15 mois d'espérance de vie dans les grandes agglomérations urbaines.

Et surtout, ne croyez pas vous en sortir en prenant un aller simple vers la planète Mars ou une galaxie lointaine. Voyager dans l'espace fait vieillir prématurément les artères. Tous les astronautes le confirmeront.

De la même manière, ne défiez pas les statistiques en suivant les vieux dictons. Du genre : «Je vais aller me réfugier sous cet arbre qui vient d'être foudroyé, parce que la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit.»

Souvenez-vous que la foudre tombe 80 fois par année sur la tour du CN, à Toronto!

Rien n'arrête les études statistiques sur la santé. À la blague, on dit que si tu as oublié un numéro de téléphone, elles peuvent t'en donner une estimation. L'an dernier, une étude a même conclu qu'il y avait... trop d'études.

Stop. Que se passe-t-il? Vous êtes tout pâle?

Laissez-moi deviner. Vous avez lu l'étude qui prédit que 90 % des Québécois souffriront d'hypertension?

Ou l'étude britannique qui a calculé que le samedi et le dimanche constituaient (de loin!) les pires journées pour être hospitalisé?

Pour vous remonter le moral, je termine avec une anecdote sur le travail qui tue. Elle remonte à la campagne présidentielle de John F. Kennedy, en 1960. Après un discours, un inconnu s'était approché de Kennedy pour lui poser une question, d'une voix forte.

«- M. Kennedy, est-il vrai que vous n'avez jamais eu besoin de gagner votre pain à la sueur de votre front, en travaillant pour un patron intraitable, pour un salaire minable?

L'entourage du candidat redoutait un incident. On se préparait à éloigner l'intrus. Mais le futur président avait insisté pour répondre.

- C'est vrai, monsieur, avait-il admis.

Tout le monde s'attendait au pire. Mais à la surprise générale, l'homme avait conclu, en souriant.

- Je veux simplement vous dire que vous n'avez rien manqué du tout.»

*La seule chose qui semble pire que le travail, c'est l'absence de travail. En France, le Conseil économique, social et environnemental estime que le chômage est à l'origine de 10 000 à 14 000 morts par an.

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