Jamais sans mon flingue

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Une minute de silence a été observée à la Bourse de New York.

Associated Press

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(Québec) CHRONIQUE / Le contrôle des armes à feu aux États-Unis, c'est comme l'existence du père Noël à partir l'âge de six ans. On essaie de s'y accrocher de toutes ses forces, mais chaque jour qui passe rend l'affaire plus improbable.

Allons, ne dites pas le contraire. 

Encore une fois, après le massacre de 50 personnes dans un bar gai d'Orlando, en Floride, une partie de l'Amérique s'est écriée : «Plus jamais cela!» Sans parler de ceux qui se sont surpris à rêver que la tragédie agisse comme un électrochoc.

Il n'empêche. Juste au cas où, ne pariez pas contre le tout-puissant lobby des armes, avec ses millions de dollars à distribuer aux élus.

En décembre 2015, le Sénat des États-Unis a même voté contre un projet de loi qui voulait interdire la vente d'armes aux citoyens placés sur la liste des suspects de terrorisme.

Cherchez l'erreur.

D'un côté, on leur interdit d'embarquer à bord d'un avion, sous prétexte qu'ils représentent un trop grand danger pour la sécurité publique. De l'autre, on leur permet d'acheter des armes!

Comprenne qui pourra. Mais ne dit-on pas que tout l'art de la politique consiste à promettre un pont là où il n'existe pas de rivière?

Souvent, les analystes présentent la haine comme une sorte de fatalité. Un sous-produit de notre époque.

Samedi, le tireur d'Orlando s'attaquait à des homosexuels, au nom de l'État islamique. En juin 2015, le tueur de Charleston voulait massacrer des Noirs, pour provoquer une guerre raciale. En octobre 2015, le meurtrier de Roseburg visait tout particulièrement les chrétiens. Monsieur se voyait déjà en enfer, accueilli à bras ouverts par le Diable.

Reste que la haine ne suffit pas. Pour en arriver à ses fins, la terreur moderne a besoin d'autre chose. Vous ne devinez pas? Allons, un petit effort. Qu'est-ce qui unit le terroriste d'Orlando et les auteurs des pires tueries, notamment dans une école primaire de Newton, au Connecticut (2012), et dans une fête de Noël à San Bernardino, en Californie (2015)?

Simple. Pour réussir leur carnage, les tueurs ne peuvent pas s'en remettre à un vulgaire tire-pois. Ils se procurent un fusil d'assaut, souvent de type AR-15. Un joujou légal, dont la version américaine peut tirer plus d'une trentaine de balles à la minute. Pas étonnant que la pub l'ait déjà présenté comme un supplément de virilité.

En tous cas, si c'est un objet nécessaire à la liberté et au bonheur, moi, je suis Marcel Proust.

C'est entendu. Aux États-Unis, le second amendement de la Constitution garantit le droit de porter des armes. Une affaire sacrée. Reste qu'en 1994, plusieurs types d'armes d'assaut ont été bannis pour une période de 10 ans. Sans provoquer une guerre civile.

Il fut même un temps où le candidat républicain Donald Trump se voulait accommodant, sur le sujet. Dans son livre The America We Deserve [«L'Amérique que nous méritons»], paru en 2000, Mister Trump se disait «en faveur d'une interdiction des armes d'assaut». Il soutenait aussi l'idée «d'imposer une plus longue période d'attente pour obtenir une arme».

Aujourd'hui, ce genre de solution apparaît aussi inaccessible que la calotte polaire martienne. Tant pis si les statistiques sur les armes à feu pourraient remplacer les zombies dans les films d'horreur.

Aux États-Unis, plus de 30 000 personnes sont tuées par balles, chaque année, incluant les suicides. Le taux d'homicide avec une arme à feu est six fois plus élevé qu'au Canada. Quinze fois plus élevé qu'en Allemagne. En décembre, pour la première fois depuis les beaux jours du Far West, les armes à feu ont provoqué plus de morts que les accidents de la route.

Il n'importe.

Le mot de la fin appartient au quotidien satirique The Onion. À chaque tragédie, pour illustrer l'enlisement de la situation, il republie le même article. Coiffé du même titre.

«On ne peut rien faire contre ce genre de tragédie, répète en coeur le seul pays du monde où ce genre de tragédie survient régulièrement.»

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