Cheikh Labeaume et les Olympiques modestes

Les Émirats arabes unis ont commandé une étude... (AFP,  Marwan Naamani)

Agrandir

Les Émirats arabes unis ont commandé une étude sur la faisabilité d'une montagne artificielle qui modifierait le climat du désert, en augmentant... la pluie.

AFP, Marwan Naamani

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CHRONIQUE / Il y a quelques années, les Émirats arabes ont construit le plus haut gratte-ciel du monde, à Dubaï. Mais cette semaine, ils ont frappé très fort, en commandant une étude sur la faisabilité d'une montagne artificielle. Ils rêvent d'une structure si imposante qu'elle modifierait le climat du désert, en augmentant la... pluie.

Ha! Ha! Ha! Ha! Devant tant de démesure, le monde a rigolé. Sauf peut-être à Québec, où les projets ont suscité une impression de déjà-vu.

Un gratte-ciel aux allures de phare? Une montagne artificielle? N'est-ce pas une version gonflée aux stéroïdes des idées récentes du cheikh de Québec, euh, je veux dire, du maire Régis Labeaume!

Vraiment trop injuste. Nous vivons une époque formidable, mais un peu folle, où il devient vraiment difficile d'avoir l'air mégalo. Peu importe l'effort fourni.

Heureusement, il existe un grand projet de Régis Labeaume que les émirs du pétrole n'imiteront pas : l'organisation de Jeux olympiques «modestes», quelque part en 2026. Vrai qu'à côté du rêve de Jeux abordables, le pays des Bisounours passe pour un modèle de réalisme, sans même l'ajout de peintres comme Mickey l'ange et le homard de Vinci.

On raconte que les Olympiques beaux-bons-pas chers sont aussi répandus que les licornes. Tellement, que des villes aussi «modestes» que Boston et Toronto ont retiré leur candidature.

Mais voyez plutôt. Depuis 1960, le coût des Jeux olympiques a dépassé les prévisions de 174 %, en moyenne. À Londres, en 2012, la facture des Jeux d'été a frisé les 24 milliards $. Cinq fois plus prévu. Et en 2014, les Jeux d'hiver de Sotchi ont coûté la bagatelle de 50 milliards $ à la Russie.

Peu importe. La modestie, M. Labeaume en fait une spécialité. La preuve, c'est que le gratte-ciel de 280 mètres qu'il veut voir surgir, au milieu d'un spaghetti d'autoroutes, sur le boulevard Laurier, ne serait pas le plus haut du monde. Seulement le deuxième au Canada.

Quant à sa montagne artificielle, qui accueillerait les épreuves de ski alpin, elle serait «démontable». 

Bref, s'il était plus lumineux et modeste, M. Labeaume devrait fournir des lunettes de soleil pour qu'on assiste à ses discours.

Ne vous y trompez pas. Avant de plonger dans l'aventure des Jeux, M. Labeaume posera des «conditions» aux bonzes du mouvement olympique. Quitte à ressembler à la souris qui donne des conseils au chat en matière de gastronomie. Monsieur rêve d'une ville partenaire. Il voudrait même recréer «l'esprit» des Jeux de Lillehammer, organisés en Norvège, en 1994.

Hélas, Lillehammer semble loin. Pas l'époque des Pierrafeu, mais presque. Avant les attentats de septembre 2001. Avant la peur de l'État islamique. Avant la folie sécuritaire, qui fait exploser les coûts.

En 2010, à Vancouver, la sécurité des Jeux d'hiver a frôlé le milliard de dollars. Dix fois les projections initiales. Cet été, à Rio, les Jeux vont mobiliser 40 000 policiers et soldats. Quatre gardiens pour un athlète!

Des Olympiques modestes? Comme disent les Britanniques, vous feriez mieux d'essayer d'introduire une livre de beurre fondu dans l'oreille gauche d'un jaguar enragé, avec une paire de gants de boxe, dans l'obscurité la plus totale.

La dernière blague décrit la rencontre entre Régis Labeaume et un citoyen de Québec, dans un aéroport, à l'autre bout du monde. 

Après les politesses d'usage, le citoyen propose un jeu, pour passer le temps.

«Vous me posez une question et si je ne parviens pas à trouver la réponse, je vous donne 5 $, explique-t-il. Ensuite, c'est mon tour. Vous commencez?»

Au début, Régis Labeaume refuse de jouer. Il veut faire une sieste, à cause du décalage horaire. Mais l'autre insiste, alors il finit par accepter. Il lui pose sa question : «Comment je vais faire pour organiser des Jeux olympiques modestes?»

L'homme réfléchit. Il cherche sur son téléphone. Au bout de 15 minutes, il tend un billet de 5 $ au maire. «Vous avez gagné», concède-t-il.

Régis Labeaume empoche l'argent. «Je peux faire un petit somme, avant de continuer?» demande-t-il.

«Bien sûr, répond l'autre. Mais juste par curiosité, pouvez-vous me donner la réponse?»

Régis Labeaume pousse un long soupir. Il sort un 5 $ de sa poche et le tend au citoyen...

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer