Donald Trump for President?

Donald Trump s'est réjoui d'«une soirée fantastique», lors... (AP, Andrew Harnik)

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Donald Trump s'est réjoui d'«une soirée fantastique», lors du «Super mardi», à Palm Beach, en Floride.

AP, Andrew Harnik

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(Québec) CHRONIQUE / Donald Trump, président des États-Unis? Ou même candidat républicain? Il y a quelques mois, la chose semblait impossible. Impensable. Autant donner les clés de la navette spatiale à Bozo le clown, après lui avoir fait fumer la moquette.

On disait que sitôt élu président, le Donald devrait rebaptiser son avion Air Farce One. On ajoutait aussi que ses cheveux pourraient servir de dispositif de flottaison, en cas d'urgence.  

Sur le terrain, on rigolait moins. Trump voit des ennemis partout. Les Mexicains «violeurs». Les musulmans «terroristes». Mais ses flèches les plus acérées, il les réserve aux adversaires de son propre parti. Sa tête de Turc, l'ancien gouverneur de la Floride Jeb Bush, a essuyé 85 insultes différentes, selon un calcul du New York Times. Ça allait de «misérable» à «pauvre type» en passant par «stupide» et «raté».

Le message est clair. Donald Trump ne se contente pas de gagner. Il humilie. Il piétine.

Plus méchant, tu ne pends pas ta crémaillère, tu l'électrocutes.

Visiblement intimidés, plusieurs candidats républicains ont d'abord ménagé le Donald. En politique, on dit qu'il n'est pas nécessaire de nager plus vite que le requin. Il suffit de nager plus vite que le type qui se trouve à côté de vous.

Mais l'ascension de Donald Trump n'a jamais obéi aux règles habituelles. Parlez-en au sénateur du Texas, Ted Cruz. Aujourd'hui, M. Cruz veut rassembler tous les républicains qui s'opposent à Donald Trump. Mais il n'y a pas si longtemps, le même Cruz appelait Trump son «ami». Sa «fierté». Le pôvre ressemblait vaguement à un dévot embrassant les bagues d'un archevêque. Peine perdue. À la fin, ça ne l'a pas empêché de se faire traiter de «pervers» et de «maniaque».

Dans un premier temps, les médias considéraient Donald Trump comme une sorte d'amuseur public, un peu grossier. Malgré un programme fort mince, l'outsider offrait un bon spectacle, en plein été, un moment où la politique ressemble généralement à une course d'escargot filmée au super-ralenti. 

Sauf que la créature Trump a vite échappé à tout contrôle. Pire, elle s'est mise à dicter les règles! Cet automne, elle a menacé de boycotter les débats républicains si ces derniers duraient plus de deux heures, publicité comprise. Paniquées, les chaînes de télé se sont empressées de lui donner satisfaction.

- Quoi? Un débat de candidats républicains sans Donald Trump? Autant diffuser des images de poulets en train de rôtir...

Le temps a passé. En désespoir de cause, les adversaires républicains de Trump ont fini par contre-attaquer. Sans prononcer le mot racisme, pour ne pas déplaire à son électorat de citoyens blancs en colère.

Pas question non plus de relayer les sondages méprisants qui présentent les trumpistes comme des nigauds. En décembre, un sondage Public Policy Poling a demandé à des électeurs s'il fallait bombarder l'Agrabah, sans préciser qu'il s'agit du pays d'Aladin, dans un film de Disney. Pas moins de 41 % des partisans du Donald ont dit oui!

Peu importe. Car personne ne se moque autant de l'électorat trumpiste que Donald Trump lui-même! N'est-ce pas lui qui s'est exclamé, en Iowa : «C'est incroyable. Je pourrais tirer sur quelqu'un, en plein milieu de la 5e Avenue, sans perdre un seul partisan.»

Aujourd'hui, l'impensable est devenu réalité. Il est probable que Donald Trump affrontera la démocrate Hillary Clinton, aux élections à la présidence, le 8 novembre. Reste à savoir si sa recette fonctionnera à l'échelle des États-Unis.

Depuis 1992, peu importe le candidat, les républicains peinent à obtenir plus de votes que les démocrates, lors des élections présidentielles. C'est arrivé une seule fois, en 2004, lors du scrutin qui a suivi les attentats de septembre 2001*. Les républicains ont de la difficulté à séduire les Latinos, les Noirs, les femmes, les jeunes et les électeurs des grandes villes.

Mais qui osera encore prétendre qu'une victoire du Donald est impossible? Pas vous, j'espère?

Par moments, on se croirait dans un dessin du défunt Wolinski, où un politicien s'écrie : «Je donnerais n'importe quoi pour qu'on cesse de me traiter de corrompu!»

Et un électeur qui passe par là demande :

«Vous iriez jusqu'à combien?»

* Lors des élections de l'an 2000, George W. Bush a été élu président, mais avec un pourcentage de votes inférieur à celui du démocrate Al Gore.

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