Si le monde était un avion...

Si le monde était un avion, nul doute... (Photothèque Le Soleil)

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Si le monde était un avion, nul doute que l'atmosphère serait des plus électriques.

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(Québec) CHRONIQUE / L'embarquement se révèle particulièrement bordélique. Les Ukrainiens se plaignent que des Russes occupent leurs sièges. Les Kurdes piquent une crise en découvrant qu'ils n'ont pas de place. Et les Palestiniens, relégués dans une sorte de placard, se barricadent dans les toilettes, pour protester.

Ça commence mal. Mais l'avion décolle quand même, en secouant si fort les passagers qu'ils se sentent comme une poignée de grains de riz enfermés dans un maracas lors d'un grand défilé du Carnaval de Rio. 

Pour alléger l'atmosphère, votre voisin de siège lit les mémoires de l'acteur Rodney Dangerfield. «Quand j'étais petit, j'étais si laid que lorsque je jouais dans le carré de sable, mon chat essayait continuellement de m'enterrer».

Attendez. Est-ce une odeur de brûlé, qui se répand? Les Syriens ont mis le feu à l'arrière. Les Saoudiens, les Américains, les Français, les Iraniens, les Turcs se précipitent aussitôt. Chacun veut conseiller les pompiers. 

Comme disent les Arabes : «Rien n'est impossible pour celui qui n'a pas à le faire lui-même».

Le vol est agité. L'avion traverse une série de turbulences. À l'arrière de l'appareil, l'incendie s'étend. À l'avant, à travers la porte de la cabine de pilotage, on entend l'Américain Obama, l'Allemande Merkel et le Russe Poutine qui s'engueulent.

Ça ne fait rien. Les passagers gardent le moral. Au-dessus de l'Amazonie, un rigolo cite le dessinateur Philippe Geluck : «Chaque minute, en Amazonie, on déboise l'équivalent de 60 terrains de football. C'est un peu idiot, il n'y aura jamais assez de joueurs.»

Les choses se gâtent à l'heure du repas. La section VIP, située tout à l'avant, se sert en premier. Copieusement. Puis, c'est au tour de la classe affaires. Rendu au fond, tout au fond de la classe économie, il ne reste que des miettes. 

La colère gronde. Beaucoup de passagers réclament de l'eau. D'autres se plaignent de l'air irrespirable. Il y en a même qui décident de tout casser.

Votre voisin devient morose. Énigmatique. «La vie, c'est comme jouer une pièce de Shakespeare, philosophe-t-il. On n'a jamais le droit de s'asseoir, sauf si on joue le roi.»

Pour vous changer les idées, quelqu'un conseille de regarder un film un peu cynique sur les bords. Mauvaise idée.

L'histoire commence à bord d'un avion. Un passager a découvert une énorme coquerelle dans la salade qu'on vient de lui servir. Le soir même, il rédige une plainte à la compagnie d'aviation. Quelques jours plus tard, il reçoit la réponse par la poste.

«Cher Monsieur. Votre plainte nous a consternés. Sachez que tout a été mis en oeuvre pour que ce genre d'incident ne se reproduise plus. Nous avons changé le fournisseur qui prépare les repas à bord de nos avions. De plus, nous avons embauché une compagnie d'extermination pour nettoyer l'appareil.»

Le voyageur est impressionné. La compagnie a répondu rapidement et elle a tout fait pour corriger sa bévue. Il s'apprête à ranger la lettre, lorsqu'il aperçoit une petite note, restée collée à l'endos :

«Veuillez expédier à cet imbécile la lettre standard pour les coquerelles», y lit-il.

Ouf. Vous décidez de laisser tomber le film. À bord, la chaleur devient suffocante, même si plusieurs passagers font comme si de rien n'était en commandant un autre café flambé.

Profitant du chahut, la classe VIP fait main basse sur la boutique hors taxe. L'avion perd de l'altitude. On chuchote qu'il pourrait manquer de carburant. Autant profiter des privilèges jusqu'au bout.

À l'autre bout, l'incendie a pris des proportions infernales. Des passagers affolés tentent de se réfugier dans les autres sections de l'appareil. Mais l'Américain Donald Trump s'est donné pour mission de leur barrer la route. «J'ai perdu ma réputation il y a longtemps. Elle ne m'a jamais manqué!» hurle-t-il. 

Votre voisin tourne au vert. Il vous tend un parachute en murmurant : «Si t'as pas l'habitude de réussir du premier coup, évite le parachutisme.»

Pouf! À ce moment précis, vous vous réveillez. Tout cela n'était qu'un rêve! C'est à peine si votre pyjama sent un peu le brûlé...

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