L'âge du pingouin anxieux

Il semble que même les nouvelles positives sont... (AP)

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Il semble que même les nouvelles positives sont destinées  à mal se terminer : alors que le monde s'attendrissait devant l'amitié entre le tigre Amour et le bouc Timour en Sibérie, les autorités russes cherchaient à déterminer si les reportages consacrés sur cette amitié étaient une forme de promotion de l'homosexualité.

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(Québec) CHRONIQUE / Tous les psys à la mode le répètent. Il paraît que nous préférons les mauvaises nouvelles.

Ça tombe bien, parce qu'il y a surproduction, en ce moment. Même que si on remplaçait chaque nouvelle déprimante par une boule de barbe à papa, le monde croulerait sous des tonnes de bonbon rose qui... qui... non! c'est trop affreux. Oubliez ça!

Appréciez plutôt l'actualité récente, au hasard. En Irak, plus de 18 000 civils ont été tués dans les combats, depuis un an. En Méditerranée, plus de 300 enfants réfugiés se sont noyés depuis septembre. À l'échelle de la planète, les 62 individus les plus riches possèdent autant que les 3,5 milliards les plus pauvres. Et on ne parle pas du terrorisme... 

Même les histoires à l'eau de rose tournent au vinaigre. Qui a oublié l'amitié entre le bouc Timour et le tigre Amour, dans un parc de Vladivostok, dans l'est de la Russie? En décembre, les deux amis improbables attendrissaient le monde. 

Deux mois plus tard, rien ne va plus. Un procureur local mène une enquête visant à déterminer si les reportages consacrés aux deux «amis» constituent une forme de propagande homosexuelle, interdite en Russie. Par mesure de précaution, le magistrat a exigé que les deux animaux suspects soient séparés.

«Je ne crois pas en la réincarnation, dirait Henny Youngman. Mais à quelle espèce appartenait Monsieur quand il était vivant?» 

Tous les psys à la mode le répètent. Il paraît que les mauvaises nouvelles aident à mesurer le danger qui nous entoure.

Peut-être. Mais à la longue, le malaise s'apparente à celui de l'insomniaque coincé en Antarctique, durant l'hiver, à l'endroit maudit où la nuit dure plus de quatre mois. 

L'ennemi est partout! Aux États-Unis, l'écureuil est devenu la principale cause des pannes de courant. En Inde, un homme aurait été tué par la chute d'un météorite. En Colombie, le virus Zika, généralement transmis par un moustique, a contaminé plus de 20 000 personnes. Comme le virus peut causer de graves malformations au cerveau des bébés, les autorités recommandent aux femmes de ne plus tomber enceintes!

N'écoutant que son découragement, le magazine Le Point pose la question qui tue : «L'espoir est-il has been

Sur le coup, tout le monde voulait crier : «Non! La lumière au bout du tunnel n'est pas toujours celle d'un train qui fonce droit sur nous!» Mais ça, c'était avant d'entendre le républicain Donald Trump se moquer de la fidélité aveugle de ses électeurs, sans éprouver la moindre gêne.

«Je pourrais me tenir au milieu de la 5e Avenue et tirer sur quelqu'un. Ils voteraient encore pour moi,» a-t-il fanfaronné.

De l'humour noir à l'état brut. Digne du pilote d'avion que les passagers surprennent en train d'enfiler un parachute, au milieu du vol. «La mauvaise nouvelle, c'est que nous allons manquer de carburant, explique-t-il. La bonne, c'est que je vais sauter pour aller chercher de l'aide.»

Accablé par la sinistrose ambiante, vous songez peut-être à fuir. Très loin.

Méfiez-vous. Les pentes de l'Everest sont jonchées de déchets. En Amazonie, la construction d'une autoroute menace le mode de vie de l'une des dernières tribus isolées. Un peu partout, la montée des océans menace les grandes villes, gracieuseté du réchauffement climatique. Miami et La Nouvelle-Orléans vont y passer, prévient l'Académie américaine des sciences. 

Même les voyages dans le temps ne garantissent rien. D'ici 2030, le tiers des emplois seront remplacés par des machines. Les champions du pessimisme vont jusqu'à prédire que l'intelligence artificielle finira par détruire l'humain.

Ne souriez pas. Au point où nous en sommes, plus rien n'est exagéré. Il n'est pas trop tôt pour s'inquiéter d'un éventuel problème d'obésité sur la première colonie humaine de Mars.

Mais de grâce, ne dites pas que l'histoire se termine forcément en queue de poisson. On vous répondrait que d'ici 2050, les mers vont contenir plus de résidus de plastique que de poissons. D'ailleurs, les vieux dictons sont dépassés. À preuve, l'idée voulant «qu'une pomme par jour éloigne le médecin» a été mise en doute par la recherche. 

Finalement, c'est Churchill qui avait raison. «Une pomme par jour éloigne le médecin, disait-il. À condition de bien viser.»

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