Tout le monde aime haïr le Carnaval

Il y a quelques jours, il a suffi... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Il y a quelques jours, il a suffi que le président du Carnaval envisage de ramener un peu d'alcool, un peu de «vice», dans la fête, pour que la capitale monte aux barricades.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Carnaval de Québec

Actualité

Carnaval de Québec

Bonhomme invite la population à s'amuser, du 30 janvier au 15 février 2015. »

(Québec) CHRONIQUE / À Québec, il existe deux sortes de personnes. Celles qui aiment haïr le Carnaval, et celles qui aiment beaucoup haïr le Carnaval. À qui la faute? Depuis 20 ans, l'organisation a traversé plus de crises existentielles que... le Parti québécois lui-même.

Notre Carnaval connaît deux vitesses. Le neutre et la marche arrière. Il a remplacé la bougie. Puis, il a ramené la bougie. Il s'est débarrassé des duchesses. Puis, il a ramené les duchesses. Il a enterré les voûtes à Ti-Père. Puis il a ramené Ti-Père.

Kétaine ou pas kétaine? Festif ou pas festif? Pour les grands ou pour les petits? La jambe soulevée au-dessus ou en dessous de la ceinture fléchée?

À la fin, sûr que Bonhomme est devenu un peu bipolaire. 

Le plus étonnant, ce n'est pas que le Carnaval éprouve des difficultés. C'est qu'il ait survécu à tant de mauvais calculs. Des fois, on jurerait qu'il le fait exprès.

L'an dernier, le Carnaval avait réussi à se mettre tout le monde à dos, en jonglant avec l'idée d'annuler le concours international de sculpture sur neige.

Mais cette année, il fait encore plus fort. Désormais, seuls les organismes ayant vendu suffisamment de bougies ont droit à une visite de Bonhomme.

Plus bête et méchant, tu arrêtes le père Noël pour s'être introduit par effraction dans des millions de foyers.

Chut. Entendez-vous ce bruit?

C'est Bonhomme qui s'affaire à scier la branche sur laquelle il est assis. 

Oui, c'est dur d'aimer le Carnaval. Autant essayer d'attraper un couteau qui tombe.

Mais à la décharge de l'événement, il faut constater que notre ville se méfie de tout ce qui bouge. La musique. L'alcool. Les jeunes. La fête de la Saint-Jean-Baptiste. Notre emblème, ça devrait être Phil, la marmotte qui a peur de son ombre... 

Vous croyez que j'exagère? Il y a quelques jours, il a suffi que le président du Carnaval envisage de ramener un peu d'alcool, un peu de «vice», dans la fête, pour que la capitale monte aux barricades. Panique à Pin-Ponville! On aurait dit que Monsieur proposait la distribution d'ecstasy dans les maternelles. Ou la livraison de magazines pornos dans les couvents.

Le maire Labeaume a pris ses distances.

L'opposition à l'hôtel de ville a déchiré sa chemise. 

Éduc'alcool a sorti son prêchi-prêcha habituel.

Les représentants des citoyens du Vieux-Québec ont multiplié les mises en garde.

Même Philippe Couillard a condamné l'initiative au nom d'une morale à cinq sous. 

En passant, un premier ministre qui trouve du temps pour s'inquiéter de l'ajout d'un peu d'alcool, durant le Carnaval, vous n'en rencontrez pas tous les jours. Vous avez plus de probabilité de tomber sur un gars qui répète que saint François d'Assise n'aimait pas les oiseaux, au beau milieu du Carnaval

de Rio.

- S'il aimait vraiment les oiseaux, dira-t-il, il aurait plutôt tenté d'évangéliser les chats...

L'heure est grave, paraît-il. Le Carnaval a l'obligation de se réinventer. D'ici trois ans. Quelqu'un a parlé de lui injecter un «brin de folie».

Soyez gentils. Même si vous êtes sceptiques, faites semblant que vous entendez ces bonnes blagues pour la première fois.

En attendant la suite, il semble que les saintes nitouches de Québec peuvent dormir tranquilles. Personne ne va confondre notre carnaval avec celui de Dunkerque, où le maire donne le coup d'envoi en lançant des harengs dans une foule costumée. Et personne ne songe à imiter les défilés des carnavals allemands, où les chars allégoriques sont dessinés par des caricaturistes, pour se moquer des politiciens. 

Pour l'instant, l'ambiance la plus carnavalesque, sur Québec, avec des gens costumés partout, c'est le jour de l'Halloween. On pourrait peut-être s'en inspirer, avant qu'il soit trop tard?

À propos, vous connaissez la dernière?

«Il était une fois un président du Carnaval qui venait tout juste d'être élu, après un vote serré du conseil d'administration.

Pour le mettre dans le coup, le directeur lui donne aussitôt un breffage sur la situation financière de l'événement. Quand la lecture de tous les problèmes est finie, le président lève la main pour poser une question.

- Est-ce que je peux demander un recomptage des votes?»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer