Le commentaire politique pour les nuls

En raison du débat sur le niqab, une... (Photothèque Le Soleil)

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En raison du débat sur le niqab, une vague d'électeurs sont allés voter à visage couvert lors du vote par anticipation, la fin de semaine dernière. Une situation qui n'a pas manqué d'alimenter les discussions politiques.

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(Québec) Vous êtes invité à une table ronde sur la campagne électorale? Pas de panique. Le Soleil vient à votre secours, avec cinq phrases incontournables du commentaire politique en 2015.

1. «Il pourrait s'agir du point tournant de la campagne.» 

En période électorale, il est devenu courant d'apercevoir des «points tournants» un peu partout. Le procès du sénateur Duffy. La vraie/fausse récession. La crise des réfugiés. Le niqab. Le «Partenariat transpacifique».

D'accord. Il manque la promesse de Stephen Harper de doubler le nombre de pandas géants dans les zoos du Canada. «Sur les réseaux sociaux, la nouvelle n'a-t-elle pas battu des records de popularité?» demandent les amis des bêtes.

Peut-être. Mais, ça ne vaut pas cette banderole d'une église, quelque part aux États-Unis. «Ne laissez pas vos soucis détruire votre vie. Notre église peut s'en occuper.»

2. «Cela encourage le cynisme chez l'électeur.»

Souvenez-vous. Le politicien a le droit d'être cynique. Le commentateur aussi. En fait, tout le monde peut embrasser le cynisme, sauf l'électeur.

L'électeur, c'est la rose qui doit pousser dans le fumier. La serveuse du bar qui doit garder le sourire, même après 10 blagues d'épais sur la longueur de sa jupe. L'éternel optimisme qui doit croire que c'est par hasard que Stephen Harper prononce sans arrêt le mot sécurité, avec un sourire de boa constrictor.

Avec un peu de bonne volonté, il paraît qu'on finit par oublier à quel point la campagne ressemble à une chorégraphie, soigneusement préparée. On arriverait même à comprendre cette phrase de Justin Trudeau, durant un débat :

«Il continue d'esquisser la question de pourquoi le Canada n'est pas en train d'être le pays que les gens à travers le monde ont toujours vu le Canada comme étant.»

3. «La campagne délaisse les grands enjeux.»

Contrairement aux apparences, cette phrase n'engage à rien. Souvent, le truc consiste à déplorer que la campagne évite les questions importantes, pour faire exactement la même chose. 

Qui veut entendre parler des complexités du fractionnement du revenu, qui ne profite qu'à 15 % des ménages? Place à la vidéo du candidat qui fait pipi dans une tasse. Sans oublier la vieille déclaration d'une candidate stipulant qu'elle emporterait «un cell, un pénis et ben des chips», en cas d'attaque nucléaire.

Entre nous, je préfère la candeur de cette affiche, jadis épinglée à la porte d'un bureau électoral...

«Pour ceux qui ont des enfants et qui ne le savent pas, nous avons une garderie à l'étage.»

4. «Tout peut arriver.»

En fin de campagne, il est permis de piger dans les pires clichés du sport. En sachant qu'au lendemain du scrutin, tout sera oublié. Y compris les pires prédictions.

Personne n'avait prévu la vague orange en 2011. Et cette année, qui aurait prédit que Justin Trudeau se retrouverait en tête, à la veille du scrutin?

Mais ça ne date pas d'hier. J'en profite pour rappeler le commentaire de La Presse Canadienne, au soir des élections québécoises du 22 juin 1960, qui allaient marquer le début de la Révolution tranquille. «L'analyse» se lit comme suit : «On ne s'attend pas à ce que la victoire des libéraux apporte des changements immédiats à la province.» 

5. «La publicité électorale est plus négative qu'avant.»

«Les publicités négatives, dit le blogueur Pierre Martin, c'est comme les bagarres au hockey. Tout le monde les condamne, mais elles reviennent toujours.»

En politique, la peur constitue une valeur sûre. Plus facile à partager que le rhume dans un marathon de bisous baveux, organisé dans une maternelle. 

Dans les pubs des conservateurs, le programme économique du Nouveau Parti démocratique (NPD) ressemble à celui du désastre grec. Dans celles du NPD, l'entourage de Stephen Harper semble sorti d'un épisode des Soprano.

Tout est permis, ou presque.

Dans l'État de New York, on raconte l'histoire (inventée) d'un gouvernement qui augmente la hauteur des panneaux le long des autoroutes, après plusieurs hivers très enneigés.

Mais les travaux coûtent très cher. Attaqué de toutes parts, le porte-parole du gouvernement fait taire les critiques en passant à l'attaque. 

«Avec l'opposition, les choses auraient été encore pires, explique-t-il. Parions que ces idiots auraient plutôt abaissé toutes les autoroutes.»

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