Mononcle Marcel, ce fieffé farceur

On dira que Marcel Aubut est un mononcle... (Photothèque Le Soleil)

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On dira que Marcel Aubut est un mononcle important. Influent. Dans ces cas-là, le monde préfère souvent regarder ailleurs. Éviter l'affrontement. Tolérer l'abus de pouvoir.

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(Québec) Quel fieffé farceur, ce mononcle Marcel.

Dès 2011, la direction du Comité olympique canadien, fort poétiquement surnommé le COC, lui avait expédié une lettre, pour exiger:

a) qu'il cesse de tripoter les gens;

b) qu'il cesse les bisous baveux, à part sur les joues;

c) qu'il cesse de faire des commentaires du genre: «veux-tu être ma copine»?

d) qu'il cesse de faire des allégations sexuelles, du genre: «t'as un beau cul».

e) Toutes ces réponses.

Je caricature à peine. On peine à croire que le comité s'adressait à un gestionnaire de 63 ans, et non pas au personnage du patron libidineux, échappé d'un mauvais vaudeville.

Avant même qu'on ait le temps de crier «chaud lapin», celui-là embrasse la téléphoniste sur la bouche, pince les fesses d'une secrétaire et demande 15 fois en mariage la directrice des affaires juridiques. Et puis, quand il se réveille pour de bon, notre boute-en-train se donne une grande claque sur le front, en s'écriant: «Sapristi! Me v'là encore en boxeur, dans la salle de conférence, en train de raconter des blagues cochonnes!»

***

C'est dit. Mononcle Marcel n'est pas le genre à se moucher dans les rideaux. Mais juste au cas, gardez l'oeil ouvert. En 2010, selon le Globe and Mail, les femmes travaillant dans l'organisation des Jeux de Vancouver auraient mis au point une «alerte Marcel», sur leurs téléphones ou leurs ordinateurs, pour sonner l'alarme lorsque Mononcle arrivait dans les parages.

Chouette ambiance de travail, pas vrai? En lisant cela, on se demande si l'endroit le plus redoutable des Jeux était la piste de luge ou le tremplin du saut à ski? Que dire du bureau de Marcel Aubut?

Oui, vraiment, un sacré farceur, ce mononcle Marcel. Indémodable, en plus. Car le plus étonnant, dans toute cette histoire, c'est que des gens l'aient trouvé drôle pendant aussi longtemps.

On dira qu'il s'agit d'un mononcle important. Influent. Dans ces cas-là, le monde préfère souvent regarder ailleurs. Éviter l'affrontement. Tolérer l'abus de pouvoir. Il y a plusieurs années, une avocate de Québec m'avait résumé le malaise. «Si tu rouspètes, ton attitude risque d'être perçue comme un manque de loyauté envers l'organisation. Et ça, il n'y a rien de pire. C'est une tache qui te suivra partout. La fautive, ça devient toi.»

Malgré ce qui précède, je parie que Madame va éclater de rire en lisant cet extrait d'une entrevue de M. Aubut, tirée du magazine Prestige, en 2011.

Question: Ce que vous regardez d'abord chez une femme?

Réponse de Marcel Aubut: «son aspect classique».

Pfff. Bande d'esprits tordus. Ne dites pas que vous attendiez autre chose?

***

Mardi, le Comité olympique canadien a lancé une enquête indépendante sur la conduite de Marcel Aubut, durant ses années à la barre de l'organisation.

Quoi? Enquêter sur le coq du COC?

On leur souhaite bonne chance.

Déjà, la fin de semaine dernière, le communiqué «d'excuses» de Marcel Aubut semblait aussi calculé que le nombre d'antidépresseurs dans une boîte de pilules. Ou si vous préférez, il contenait plus de bémols qu'une chorale de barytons.

«Je suis conscient que, parfois, mon attitude a pu être perçue comme discutable auprès de certaines personnes de la gent féminine et avoir entraîné un sentiment de malaise», peut-on y lire.

Remarquez l'utilisation des mots «auprès de certaines personnes», pour suggérer qu'il s'agit d'une minorité. Sans oublier l'expression «gente féminine», dans un style très Louis XIV, alias le roi Soleil.

Je ne sais trop pourquoi, mais les malheurs de Marcel Aubut me rappellent soudain l'histoire du Don Juan un peu timbré, qui s'introduit chez des femmes inconnues, la nuit, pour leur laisser ses messages.

Le gars attend toujours que les dames soient absentes, pour éviter les rencontres. Mais un jour, lorsqu'il entre dans un appartement, une voix retentit dans le noir.

- Je te vois. Poussin aussi.

Le gars reste figé. Il ne bouge plus. La voix se fait à nouveau entendre.

- Je te vois. Poussin aussi.

Finalement, le gars ouvre une lampe de poche. Il aperçoit un perroquet.

- Je te vois. Poussin aussi, répète l'animal.

Ouf, dit l'homme à haute voix. Ce n'est qu'un minable perroquet.

Et le perroquet répond.

- Je ne suis peut-être qu'un minable perroquet, comme tu dis, mais Poussin est un doberman.

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