«Nous ne pouvons pas tous être des pandas»

La mort du lion Cecil, tué par un... (Photo AFP)

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La mort du lion Cecil, tué par un dentiste du Minnesota en Afrique du Sud, a suscité un traitement médiatique incroyable. Mais il ne s'agit pas du seul événement qui mérite de soulever l'ire populaire.

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(Québec) Connaissez-vous Tommy le chimpanzé? Sandra l'orang-outan? Les deux oursons orphelins de la Colombie-Britannique?

À un moment ou un autre, tous ces animaux sont devenus des célébrités. Mais aucun n'approche la renommée de Cecil le lion, abattu au Zimbabwe, le 1er juillet. 

Depuis sa mort, le lion martyr a été le sujet de centaines de reportages. Les réseaux sociaux se sont déchaînés contre le chasseur. Plus de 700 000 personnes ont signé une pétition pour demander justice. L'image du roi Cecil a même été projetée sur l'Empire State Building, à New York.

Un peu jaloux de l'attention accordée à Cecil, un comédien noir américain a diffusé une photo de lui-même, déguisé en lion.

«Comme ça, les policiers sauront que si je me fais tuer, les hommes blancs vont me venger», a-t-il écrit.

On le comprend un peu. Il y a des jours où le monde semble avoir été revu et corrigé par Brigitte Bardot.

Mme Bardot, qui aime les animaux au point d'avoir déclaré, à propos de la naissance de son fils : 

«J'aurais préféré accoucher d'un petit chien.»

Oui, il a de la chance, Cecil le lion.

S'il n'était pas mort, faudrait lui demander son truc.

Chaque année, plus de 600 lions anonymes sont abattus, à travers l'Afrique. Sans soulever beaucoup d'indignation.

Au Zimbabwe, le président Robert Mugabe vient de fêter ses 91 ans en dévorant l'équivalent du Parc safari africain. Le menu proposait un éléphant, deux buffles, cinq impalas, un crocodile et un... lion.

Le monde n'a pas protesté très fort...

Oui, il en a de la chance, l'ami Cecil. Au moment où il nous faisait pleurer à chaudes larmes, des dizaines d'humains se noyaient en essayant de traverser la Méditerranée, pour rejoindre l'Europe. Un bébé était brûlé vif en Palestine. Et une série d'attentats faisaient des dizaines de morts, en Irak.

Tout cela dans l'indifférence quasi générale.

C'est entendu. Vous êtes plus attendrissant si vous êtes un lion flamboyant. Ou, à la rigueur, un bébé phoque larmoyant.

Malheureusement, comme le résume l'Association pour la préservation des animaux laids : «Nous ne pouvons pas tous être des pandas!»

L'explication facile, c'est que nous sommes tombés sur la tête. Ou que le cours de l'humanisme est en chute libre.

En 1988, un capitaine de la US Navy s'est retrouvé devant une cour martiale pour avoir abandonné 110 réfugiés vietnamiens qui dérivaient sur un bateau, en mer de Chine. Le capitaine avait d'abord arrêté son navire, pour fournir des cartes et des vivres aux réfugiés. Puis il s'était éloigné. Quand les malheureux ont touché terre, 19 jours plus tard, la moitié étaient morts.

Bof. Ça se passait à une époque plus sentimentale...

De nos jours, en Méditerranée, beaucoup de navires ignorent tout simplement les appels de détresse en provenance des réfugiés de la mer. Et nous avons fini par trouver cela normal.

Malgré tout, il serait injuste de prétendre que les drames du monde ne nous atteignent jamais. 

En mars, la photo d'une petite Syrienne a fait le tour de la planète.

L'image provenait d'un camp de réfugiés, près de la frontière turque. Au moment où le photographe avait braqué son appareil sur elle, la petite Hudea, âgée de quatre ans, avait instinctivement levé les mains en l'air, pour se rendre.

Elle croyait qu'il s'agissait d'une arme.

Est-ce le genre d'images qui a convaincu l'artiste britannique Thomas Thwaites d'abandonner l'espèce humaine pour se transformer en chèvre, l'espace d'un été?

L'artiste s'est d'abord fait fabriquer des prothèses imitant des pattes. Puis il s'est infiltré dans un troupeau de chèvres, en Suisse. 

Mission accomplie. À la fin, les chèvres l'avaient adopté. Au point de pas trop aimer qu'il s'éloigne du groupe...

À la fin, la chèvre d'adoption n'a pas voulu donner de leçons de philosophie. Parions qu'elle avait plutôt hâte d'entendre la dernière blague, sur l'histoire d'un politicien mort dans le dénuement le plus complet. «Des gens décident d'amasser des fonds pour lui payer ses funérailles dignes de ce nom. On commence en réclamant 10 $ à un commerçant.

- Dix dollars pour enterrer un politicien? répond celui-ci. Je vous fais un chèque de 1000 $. Si je calcule bien, ça vous permettra d'en enfouir une centaine.»

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