Ils sont fous, ces parents!

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Les experts sont divisés quant aux effets que pourrait avoir un prénom bizarre.

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(Québec) Tous les enfants du monde le confirmeront: il ne faut jamais laisser vos parents sans surveillance. Surtout lorsqu'ils choisissent votre prénom. Sinon, bonjour les dégâts.

En France, la justice a récemment interdit à un couple de surnommer son bambin Nutella. Au Danemark, au début de l'année, on a proscrit le prénom Superhero.

Et si le mauvais goût des parents paraît à la hausse, il ne date pas d'hier. Dans le livre Bad Baby Names (2008, Ancestry Publishing), deux chercheurs américains ont épluché les recensements et les registres officiels, de 1790 à 1930. Ils en ont ramené une liste de prénoms inusités, où l'on remarque un Garage Empty, une Hysteria et une Major Slaughter [Tuerie de masse]. Sans oublier plusieurs bébés Satan.

Quelque part au XIXe siècle, un enfant a même été baptisé Cholera Plague [Épidémie de Choléra]. 

«Gardons notre calme, a dû se dire le curé. Le tact, n'est-ce pas la capacité de dire à un homme qu'il a l'esprit ouvert, alors qu'il a un trou dans la tête?»

***

Comprenne qui pourra. En France, la justice bannit les prénoms Titeuf et Fraise. En revanche, il est permis d'appeler son enfant Jetaime. En Suède, les parents peuvent choisir les prénoms Lego ou Metallica. On leur interdit néanmoins Superman ou Brfxxccxxmnpcccclllmmnprxvclmnckssqlbb11116 (1).En Nouvelle-Zélande, un rejeton peut s'appeler Number 16 Bus Shelter. Mais oubliez Yeah Detroit et Talula Does The Hula From Hawaï.

Aux États-Unis, les parents rencontrent très peu de contraintes. Avec des résultats parfois sidérants. En 2013, la BBC s'était amusée à recenser des enfants répondant au nom de Lettuce, Rage, Cheese, Orgasm et Post Office.

Au passage, vous serez enchantés d'apprendre que pas moins de 14 personnes portent le nom de Santa Claus - l'équivalent du père Noël - à travers les États-Unis.

Sûr que les enfants ont un faible pour le Santa Claus qui habite dans le village de pôle Nord, en Alaska. Ça doit être lui, le vrai.

***

Au Québec, la Direction de l'état civil est déjà intervenue pour empêcher l'attribution de prénoms comme Spatule, C'est-un-ange ou Goldorak.

Mais certains parents n'ont pas renoncé à leur imagination débordante. Bien au contraire.

L'an dernier, le Québec a enregistré une Minute-Elizabeth, une Jolie-Fleur Trésor, une Foune, une Tite et une Queen Clarisse. 

À peine moins inspirés lorsqu'il s'agit de garçons, les parents ont accueilli un Storm, un Trésor et un Nick Jésus.

Bon prince, nous vous épargnons les 20 manières différentes d'épeler le nom Priscilla. De quoi donner des cauchemars d'orthographe à Bernard Pivot lui-même.

Ici, il convient de rappeler le bon mot du boxeur Rocky Graciano, confiant à des journalistes qu'il avait quitté l'école en sixième année, «à cause de la pneumonie».

Puis, après un bref silence, il avait ajouté ceci :

«Ce n'est pas que j'avais attrapé la pneumonie, c'est plutôt que je n'arrivais pas à l'épeler.»

***

Vous remarquez qu'il n'a pas été question de célébrités. Même pas du musicien humanitaire Bob Geldof, qui a surnommé ses enfants Peaches, Fifi Trixebelle et Heavenly Hiraani Tiger Lily.

«Quel que soit l'impact d'un nom étrange, il est rarement comparable à celui d'être éduqué par les parents qui l'ont choisi», écrit le sociologue Dalton Conley, dans un livre consacré à la «science» d'être parent (2)..

Bien envoyé. Reste que les experts sont divisés quant aux effets d'un prénom bizarre.

D'un côté, il y a ceux qui soutiennent que les enfants ayant un nom inusité font face à davantage de problèmes. Les employeurs auraient même tendance à snober les CV contenant des noms trop exotiques.

De l'autre, il y a les experts qui assurent que les gens possédant un nom bizarre bénéficient d'un avantage. Ils apprendraient très tôt à assumer leur différence et à faire face aux railleries.

Bref, il y a peut-être de l'espoir. Même pour le fils de monsieur et madame Roch, quelque part en Suisse. Devinez quoi. Ils l'ont baptisé... Hard.

Reste que le jeune Hard Roch devra démontrer la volonté de fer de l'acteur Roger Blin, dont le comique Pierre Richard évoque le souvenir dans Je ne sais rien mais je dirai tout, (Flammarion, 2015).

Le gars bégayait tellement que certains finissaient par lui demander pourquoi il avait choisi la profession d'acteur.

Et Monsieur répondait : «Si... si... si... j... j... j'avais é... été c... c... cul-de-jatte, je s... s... serais dev... v... venu cou... coureur.»

1. Ce nom avait été soumis par des parents qui voulaient protester contre la loi suédoise réglementant les prénoms.

2. Parentology: Everything You Wanted To Know About The Science of Raising Children but Were too Exhausted to Ask, Simon et Schuster, 2015.

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