L'empire du Donald contre-attaque

La recette de Donald Trump apparaît simple. Plus il... (AFP, FREDERIC J. BROWN)

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La recette de Donald Trump apparaît simple. Plus il insulte, plus il fait parler de lui. Plus il fait parler de lui, plus il grimpe dans les sondages.

AFP, FREDERIC J. BROWN

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(Québec) Il y a deux mois, Donald Trump passait pour un multimilliardaire un peu fêlé sur les bords. Une grande-gueule tellement avide de publicité, qu'il aurait été capable d'accorder une entrevue à une caméra de surveillance.

Avec son étrange toupet jaunâtre et son visage de poupon violet, l'oncle Donald faisait sourire. «La dernière fois que j'ai vu une tête aussi effrayante, elle était accrochée au mur d'un camp de chasse», disait un humoriste.

Peu importe. Aujourd'hui, on ne rigole plus. 

Le Donald, comme on le surnomme, veut devenir le candidat du Parti républicain à la présidence des États-Unis, en 2016. Contre toute attente, les sondages le placent au premier rang, loin devant les... autres candidats. 

L'animateur Jon Stewart a résumé le malaise.

- Normalement, les gens comme [Donald Trump] s'achètent un candidat. Ils ne se présentent pas aux élections.

***

La recette Trump apparaît simple. Plus il insulte, plus il fait parler de lui. Plus il fait parler de lui, plus il grimpe dans les sondages.

Les femmes, les latinos, les écolos, les homosexuels, les prisonniers de guerre, les scientifiques, tout le monde passe à la moulinette. Même les républicains. Dans un élan poétique, il a comparé l'ancien candidat Mitt Romney à une «méduse congelée». 

Vérification faite, M. Trump a vraiment déclaré que les changements climatiques étaient une invention des Chinois pour ruiner la compétitivité des entreprises américaines.

En revanche, il n'a jamais dit «qu'un groupe de politiciens qui désavouent un président pour sa moralité déplorable, c'est comme la mafia qui désavouerait le Parrain parce qu'il ne va pas à la messe le dimanche».

***

Très drôle. Malgré tout, les succès du milliardaire colérique ne constituent pas un exploit sans précédent.

Au fil des ans, le Parti républicain a servi de rampe de lancement à une collection impressionnante de bizarres et d'illuminés. Il n'y manque que E.T. l'extraterrestre et le Géant vert. Ne dites pas que vous avez déjà oublié la candidate qui associait le film Le roi lion à de la propagande homosexuelle? Ou celui qui affirmait que les premiers hommes avaient cohabité avec les dinosaures? 

La nouveauté, c'est que le Donald possède les moyens de ses ambitions. Au point de pouvoir intimider son propre parti. 

En juillet, Trump associait les immigrants illégaux mexicains à des «trafiquants de drogue» et à des «violeurs». Du racisme pur. Pourtant, la plupart des candidats n'ont pas osé le contredire. Même le favori, Jeb Bush, a mis deux semaines avant de prendre ses distances. Une honte.

Apparemment, il importe peu que le milliardaire au franc-parler n'ait guère de chance d'être élu. Selon le Washington Post, les partisans du Donald apprécient d'abord le fait qu'il ne soit «pas un politicien».

De toute manière, avec ou sans le Donald, le Parti républicain n'en finit plus de toucher le fond. Cette semaine, un candidat a lancé une publicité dans laquelle il fait cuire une tranche de bacon enroulée sur le canon brûlant d'un fusil d'assaut.

«Mmmm. Du bacon de mitraillette», déclare-t-il en roulant des yeux de merlan frit.

À côté de cela, même Homer Simpson passe pour un intellectuel.

***

Des fois, la joute politique semble aussi sincère que l'histoire du gars qui se fait embaucher dans un zoo. On lui explique qu'il doit revêtir une peau de gorille et prendre la place de l'animal dans une cage.

Jour après jour, le gars enfile le costume et il s'enferme dans la cage. Les visiteurs n'y voient que du feu. Ils applaudissent son moindre geste.

Avec le temps, le faux gorille gagne en confiance. Il se frappe le torse avec ses poings. Il se met à multiplier les acrobaties.

Sauf qu'un après-midi, en sautant d'une liane à l'autre, il est projeté en dehors de sa cage. Il rebondit sur un filet de sécurité pour atterrir dans la cage du lion.

Le fauve s'approche d'un air menaçant. Terrifié, notre gorille se met à crier : à l'aide!

Aussitôt, le lion lui saute dessus. Mais au lieu de mordre, il lui murmure quelque chose à l'oreille.

- Tais-toi. Ou alors nous allons tous les deux perdre notre emploi!

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