PKP: les aventures d'un messie récalcitrant

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Il semble que depuis l'élection de Pierre Karl Péladeau, le PQ ait gagné du terrain.

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(Québec) Avez-vous vu passer Pierre Karl Péladeau, alias PKP, le nouveau chef du Parti québécois?

Depuis Batman, on ne se souvient pas d'un sauveur qui soit monté si haut, si vite, en parvenant à dévoiler aussi peu.

Au diable la gauche maladroite et la droite un peu gauche. Le PKP nouveau se veut «progressiste», une étiquette assez vague pour rassembler Amir Khadir, Carey Price et un club de cueilleurs d'oursins équitables.

Monsieur a même réussi l'exploit de conserver un flou artistique sur sa position concernant les lois du travail, les pipe-lines ou l'obligation de tenir un référendum.

N'exagérons rien. Pour l'instant, PKP ne serait pas sûr de gagner un concours d'éloquence qui l'opposerait à une clé à molette rouillée et à une marmotte aphone. À l'occasion, son agressivité semble aussi facile à camoufler qu'un chat noir juché sur un gâteau de noces blanc. On a fini par le comparer à un éléphant qui traîne avec lui son propre magasin de porcelaine. 

Pas grave. Dans un rare moment de modestie, le chef recrue a confié qu'il «poursuit son apprentissage». Et puis la politique, c'est comme l'art dramatique. La clé consiste à pouvoir faire semblant d'être sincère. Après, le reste vient tout seul.

À l'interne, PKP peut déjà compter sur une armée de cireurs de chaussures. Un adulateur vient même de lui découvrir des accents du général de Gaulle!

Pas sûr que le général aurait échappé, tel un PKP, que l'Assemblée nationale, «c'est plate en tabarnak».

Par contre, si le potentiel d'un leader se mesure à la hargne qu'il suscite chez ses adversaires, alors PKP a peut-être de beaux jours devant lui.

Le premier ministre Couillard l'accuse de vivre dans un monde «imaginaire». Le chef de la CAQ, François Legault, soutient qu'il effarouche les investisseurs. La porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, croit qu'il sonne faux, à cause de son passé «antisyndicaliste». 

En politique, même si votre adversaire marche sur les eaux, la règle consiste à ne jamais se montrer impressionné. 

Réplique suggérée? «Il ne sait même pas nager!»

Signe des temps, une blague place PKP au centre d'une rencontre entre le président Poutine et le premier ministre Couillard, à Québec.

Pour éblouir son hôte, Vladimir Poutine explique que ses ingénieurs ont développé une bombe atomique miniature.

- Vous pesez sur un bouton et bang! votre ennemi est pulvérisé, explique-t-il.

Philippe Couillard reste impassible.

- Au Québec, nous possédons une arme plus redoutable, renchérit-il. Il s'agit du PKP. Aux dernières élections, il lui a suffi de lever le poing dans les airs, et bang! tout le gouvernement péquiste s'est effondré.

En attendant la suite, PKP a déjà un miracle à son actif.

Soudain, comme par magie, plusieurs péquistes n'ont plus d'objections à ce qu'un éventuel premier ministre détienne un empire médiatique. Un comble, quand on se souvient qu'ils trouvaient jadis scandaleux que le libéral Paul Martin soit à la fois ministre des Finances et propriétaire de l'entreprise navale Canada Steamship Lines. 

M. Martin avait placé ses intérêts dans une fiducie sans droit de regard. Mais ça n'empêchait pas le Bloc québécois, alors dirigé par Gilles Duceppe, de voir des conflits d'intérêts partout. Souvent avec raison.

Est-ce une autre preuve que le mot éthique rime avec élastique? «L'impossible habite juste à côté du possible. Les gens se trompent de sonnette tout le temps», ajouterait l'écrivain Tibor Fischer.

Il semble que depuis l'élection de Pierre Karl Péladeau, le PQ ait gagné du terrain. Mais toute personne qui perçoit un raz-de-marée populaire apparaît mûre pour la camisole de force.

En 1981, le PQ comptait 300 000 membres. En 2005 : 140 000. En 2015 : 71 000.

Il est vrai qu'avec 46 000 membres, le Parti libéral fait pire. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. 

Reste qu'au PQ, les histoires d'amour avec les sauveurs finissent mal, en général. La légende veut même que l'on raconte l'anecdote suivante à chaque nouveau chef. En guise de bienvenue.

«Il était une fois un chef du PQ hospitalisé pour un léger malaise cardiaque. Après quelques jours, il reçoit une lettre lui signalant que l'exécutif du parti vient d'adopter une résolution lui souhaitant un prompt rétablissement.

La lettre fournit le résultat du vote : six "pour", cinq "contre" et quatre "abstentions".»

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