Un grand dérangement à l'automne?

Le prochain remaniement de Philippe Couillard sera d'autant... (Archives La Presse canadienne, Jacques Boissinot)

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Le prochain remaniement de Philippe Couillard sera d'autant plus important que cette équipe ministérielle sera celle de la campagne électorale de 2018.

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(Québec) CHRONIQUE / La «transformation» du Québec annoncée par Philippe Couillard ne touchera pas son conseil des ministres... pour le moment. À partir du moment où l'Assemblée nationale reprend ses travaux, mardi, il devient impossible de se lancer dans un grand jeu de chaises musicales sans laisser aux nouveaux ministres le temps de faire leurs devoirs.

Mais Philippe Couillard a tout de même un as dans sa poche arrière :  il pourrait annoncer le dépôt d'un mini-budget en novembre et mettre fin ensuite à la session parlementaire en vue d'une nouvelle session et d'un discours inaugural en février. 

Pourquoi un mini-budget? Parce que le ministère des Finances prévoit des surplus budgétaires importants qui ouvrent la porte à des baisses d'impôts dès le 1er janvier. Attention! Je ne vous prédis pas que le gouvernement s'en va dans cette direction. Mais c'est un scénario techniquement possible.

Pourquoi ne pas avoir remanié le conseil des ministres plus tôt? Parce qu'un vrai remaniement risquait de faire des mécontents et de provoquer d'autres départs comme celui de Sam Hamad. À plus d'un an des élections générales, il aurait fallu déclencher d'autres élections partielles. Mais après le 1er octobre, donc moins d'un an avant les élections, cette contrainte disparaît. Philippe Couillard pourra donc effectuer un grand remaniement s'il le désire.

C'est là où l'option de mettre fin à la session parlementaire apparaît. Elle permettrait aux nouveaux ministres de prendre connaissance de leurs dossiers avant de revenir à l'Assemblée nationale.

S'il veut bouger avant les Fêtes, le premier ministre devra toutefois attendre l'adoption de quelques projets de loi. On pense qu'il voudrait nettoyer la table et faire adopter le controversé projet de loi 62 sur la neutralité religieuse. On pense aussi qu'il devrait attendre la sanction de l'Assemblée nationale pour l'entrée en vigueur de l'important projet de loi 137 sur la réalisation du Réseau électrique métropolitain (REM). La Caisse de dépôt et placement attend l'adoption de ce projet de loi dont l'étude article par article s'est terminée à la fin août.

Une fois ces étapes terminées, quelque part en novembre, tout devient possible. 

Il y a longtemps que M. Couillard parle de rajeunir son équipe. Mais son seul remaniement d'importance a été celui de janvier 2016 et l'affaire a mal tourné avec la maladie de Pierre Moreau qui l'a forcé à faire un autre mini-­remaniement en catastrophe. 

Le prochain remaniement sera d'autant plus important que cette équipe ministérielle sera celle de la campagne électorale de 2018. Même si les remaniements ont peu d'effets immédiats sur la popularité des gouvernements, ils offrent la possibilité d'offrir une nouvelle image et de répondre aux besoins de changements de la population. Ils peuvent également contribuer à faire réélire les nouveaux ministres dans leur circonscription. 

L'élément clé d'un remaniement en année électorale est de savoir lesquels n'ont pas l'intention des se représenter. Certains sont plus âgés ou sont en politique depuis longtemps. D'autres peuvent juger qu'ils ont fait le tour du jardin. Pierre Arcand aura 66 ans en 2018; il est là depuis 10 ans. Rita de Santis aura 64 ans et elle a été élue en 2012. Lise Thériault aura 52 ans, mais elle est députée depuis 15 ans. Kathleen Weil a 63 ans et elle a été élue en 2008.  

L'âge et l'ancienneté sont parfois des facteurs, mais pas toujours. Carlos Leitão n'a que 61 ans, mais il est venu en politique parce qu'il était opposé à la Charte de la laïcité de Bernard Drainville. Il est indépendant de fortune, et il a ramené le Québec à l'équilibre budgétaire. Il pourrait décider de passer à autre chose. On me dit qu'il réfléchit.

Pierre Arcand est un ministre apprécié, mais il ne voudra peut-être pas solliciter un autre mandat qui l'amènerait à 70 ans. Kathleen Weil n'a pas besoin de la politique pour vivre. Après 10 ans à l'Assemblée nationale, elle pourrait décider qu'elle veut profiter davantage de sa famille. Rita de Santis a été tellement surprise de sa nomination au conseil des ministres, l'hiver dernier, qu'elle acceptera de céder sa place à la jeunesse. À 57 ans, Jean-Marc Fournier a déjà fait plus de 20 ans à l'Assemblée nationale. S'il en est un qui est associé à l'ancienne image libérale de Jean Charest, c'est bien lui, mais il adore la joute politique et c'est le meilleur pompier de l'équipe pour noyer le poisson lorsque ça chauffe. Voudra-t-il faire un autre quatre ans? La question est posée.

Plus on regarde l'équipe actuelle, plus on se rend compte que le premier ministre jouit d'une certaine marge de manoeuvre pour rajeunir son cabinet. C'est également du côté des députés fatigués qu'il pourrait naviguer pour obtenir des départs et chercher la jeunesse. Vu de loin, ça peut sembler simple, mais dans la vraie vie, c'est souvent une entreprise risquée. C'est plus facile dans des cas comme celui de Pierre Paradis, 67 ans, qui est en politique depuis 1980. Mais c'est moins évident pour d'autres, qui n'ont pas d'emploi en vue, et pour qui la politique est devenue un gagne-pain. À prendre avec des pincettes...




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