Le «moment» Lisée

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Si le chef Jean-François Lisée refuse d'imposer la loi 101 au niveau collégial, c'est parce qu'il sait que les Québécois veulent conserver cette possibilité d'y apprendre l'anglais.

La Presse canadienne, Graham Hughes

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(Québec) CHRONIQUE / Les militants ont besoin de vivre «leur moment Péladeau jusqu'au bout», a déclaré Jean-François Lisée en 2015, à l'issue de la victoire du patron de Québecor à la direction du Parti québécois. On pourrait dire aujourd'hui qu'ils se sont résignés à vivre leur moment Lisée.

Le moment Péladeau se fondait sur l'espoir renouvelé de voir le Québec devenir un pays. Le moment Lisée est un retour à la réalité assorti d'un souhait, celui d'éviter la débâcle et de former un bon gouvernement. Dans un tel contexte, j'aurais également accordé ma confiance à Jean-François Lisée si j'avais été un membre du PQ.

À défaut de pouvoir parler de référendum et de souveraineté, les péquistes ont longuement discuté des questions linguistiques. Ils ont été confrontés là aussi à la réalité : les Québécois francophones tiennent à leur langue, mais ils veulent que leurs enfants soient bilingues. C'est parfaitement légitime, parce que peu importe où vous allez dans le monde, l'anglais est généralement la langue la plus utilisée pour communiquer avec les gens d'autres cultures. Au Québec tout comme ailleurs au pays, l'anglais est également un outil important sinon essentiel sur le marché du travail.

Si le chef Jean-François Lisée refuse d'imposer la loi 101 au niveau collégial, c'est parce qu'il sait que les Québécois veulent conserver cette possibilité d'y apprendre l'anglais.

L'hypothèse soulevée par M. Lisée serait d'améliorer l'enseignement de l'anglais dans les cégeps, afin que les francophones et même les allophones n'aient plus à fréquenter une institution de langue anglaise pour maîtriser cette langue. C'est louable comme intention. 

Ce qui est moins louable, c'est cette idée de limiter aux cégépiens qui démontrent une bonne maîtrise du français la possibilité de suivre un parcours en anglais enrichi pouvant comporter un séjour dans un cégep anglophone. À sa face même, une telle mesure pénaliserait les étudiants qui ont peu d'intérêt ou qui sont moins doués pour le français, mais qui auront autant besoin de l'anglais dans leur travail ou leurs loisirs. Dans une société vieillissante aux prises avec des problèmes de main-d'oeuvre dans plusieurs secteurs professionnels, il serait insensé et odieux de créer deux classes de citoyens, ceux qui auraient droit au bilinguisme, et les autres. 

Autant s'y faire, le débat sur la langue sera toujours d'actualité au Québec. Et s'il est un domaine dans lequel le gouvernement, peu importe sa couleur, devrait investir davantage maintenant qu'il en a les moyens, c'est bien celui-là. Il serait beaucoup plus productif et prometteur de mettre des efforts considérables sur le français et sa présence sur le marché du travail, que de pénaliser les Québécois qui veulent être bilingues. 

L'apprentissage de l'anglais sera beaucoup moins synonyme d'assimilation s'il se fait dans un milieu francophone que dans une institution et un environnement anglophone. Mais encore faut-il que cet apprentissage soit efficace. C'est là que tous nos efforts devraient porter, et non pas seulement au niveau collégial. S'il est un grand chantier auquel tous les Québécois accepteraient de participer, c'est bien de consacrer beaucoup plus d'efforts à la qualité du français et à l'apprentissage de l'anglais pour leurs enfants. Nos gouvernements ont mis beaucoup d'argent dans la santé au cours des dernières années. Si les finances publiques continuent de bien se porter, l'occasion est venue de se donner d'autres défis. La qualité du français et l'apprentissage de l'anglais feraient consensus. Tous les partis devraient y travailler sérieusement dans la préparation de leur plateforme électorale de 2018.




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