La «baloune» se dégonfle

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La vérificatrice générale Guylaine Leclerc a présenté, mercredi, son rapport sur le ministère des Transports.

La Presse canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) CHRONIQUE / Un rapport «accablant, dévastateur» ont scandé hier les partis d'opposition en réaction au rapport de la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, sur le ministère des Transports. Franchement, j'ai trouvé que c'était tout le contraire. Après autant d'allégations et d'accusations à l'endroit du MTQ, le rapport du VG n'avait rien de spectaculaire.

Bien sûr, Mme Leclerc constate que le ministère demeure «vulnérable sur le plan de l'expertise» en raison du grand nombre de contrats donnés à des firmes externes. Elle a des «préoccupations quant à la capacité du ministère à encadrer adéquatement ces firmes».

Mais ce n'est rien par rapport aux soupçons de collusion et de manquements à l'éthique soulevés par l'analyste externe Annie Trudel, embauchée par l'ex-ministre Robert Poëti en 2015, pour vérifier les pratiques de son ministère. Et ce n'est rien par rapport aux soupçons de même nature véhiculés à l'endroit du MTQ pendant la commission Charbonneau.

Ce rapport de la vérificatrice avait été commandé par le Conseil du trésor et devait justement vérifier les points soulevés par Mme Trudel. Le VG a eu accès à tous ses documents, mais n'a rien trouvé de particulièrement nouveau. Mme Trudel s'était plainte du manque de collaboration du ministère. La vérificatrice a louangé la collaboration du ministère.

Ce qui ressort de sa recherche, encore une fois et une fois de trop, c'est que le MTQ n'encadre pas suffisamment les travaux et les contrats confiés au privé. Pourtant, le nombre d'ingénieurs à l'emploi du ministère est passé de 557 à 901 entre octobre 2011 et mars 2017. Comment se fait-il qu'on n'ait pas encore l'expertise nécessaire à l'interne pour surveiller adéquatement les contrats confiés au privé? Est-ce à dire que les nouvelles recrues n'ont pas l'expérience nécessaire pour effectuer ce travail? Le ministre Pierre Moreau a déclaré récemment que 30 % des ingénieurs du ministère ont 10 ans et plus d'expérience. C'est peu, dans un univers aussi complexe. Est-ce à dire que les salaires consentis à ces professionnels ne font pas le poids comparativement à ce qui est payé ailleurs? C'est la prétention de leur syndicat. Les avis sont partagés sur le sujet, selon qu'on tienne compte ou non des avantages marginaux accordés aux employés du gouvernement québécois. Mais peu importe la cause, il est évident qu'un jeune ingénieur aura plus de difficultés à porter un jugement critique sur le travail d'un collègue du privé qui compte de nombreuses années d'expérience. 

Au fond, la véritable question est la suivante : le MTQ manque-t-il d'ingénieurs, ou manque-t-il d'ingénieurs d'expérience? Si c'est la deuxième question qui s'applique, les considérations salariales deviennent plus pertinentes. Car il ne servirait à rien de doubler le nombre de ces professionnels si on est incapable de retenir les meilleures compétences à cause des salaires consentis.

La vérificatrice Guylaine Leclerc n'a pas voulu se prononcer sur ce point au cours de sa conférence de presse de mercredi. Elle a sans doute une opinion sur le sujet, mais la réponse est politique, et elle aurait été inconvenante dans le contexte actuel des négociations avec les ingénieurs.

Au moins, on a appris hier que le système n'est pas corrompu. C'est déjà ça de pris. Et on peut espérer que dans un domaine où tout le monde est de bonne volonté, on finira un jour par trouver un meilleur équilibre entre le nécessaire recours au secteur privé, et la protection des intérêts des contribuables.




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