L'escabeau du PQ...

Les solidaires, comme ici les porte-paroles du parti... (La Presse, Ninon Pednault)

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Les solidaires, comme ici les porte-paroles du parti Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, ne se considèrent pas comme un simple ingrédient à la recette péquiste pour déloger les libéraux, souligne notre chroniqueur.

La Presse, Ninon Pednault

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(Québec) CHRONIQUE / «Les militants refusent que Québec solidaire serve d'escabeau au Parti québécois afin qu'il puisse atteindre le pouvoir» a commenté Manon Massé dimanche, après le rejet d'une alliance de son parti avec celui de Jean-François Lisée.

Le commentaire est dur, mais il reflète bien l'impression généralisée des solidaires : ils ne se considèrent pas comme un simple ingrédient à la recette péquiste pour déloger les libéraux, mais comme un parti politique capable de grandir et d'occuper un espace beaucoup plus grand. «Québec solidaire a maintenant la responsabilité de démontrer qu'il peut gouverner et qu'il offre un projet de société emballant» a aussi déclaré Mme Massé. Le défi est grand...

Il faut dire que l'invitation à la collaboration lancée par le PQ à Québec solidaire avait pris une tournure bien bizarre en fin de semaine. Un sondage Léger Marketing, samedi, annonçait qu'une alliance du Parti québécois avec Québec solidaire leur garantirait 39% des voix aux élections, contre 29% aux libéraux et 24% à la CAQ. Le message était tiré par les cheveux : on n'additionne pas les intentions de vote comme on le fait avec les chiffres. On l'a vu au congrès de Québec solidaire en fin de semaine, la méfiance est grande à l'endroit du PQ chez les militants de la gauche. Il était présomptueux d'affirmer qu'une alliance électorale avec les troupes de Jean-François Lisée aurait été suivie par tout le monde. «L'escabeau» dont parlait Manon Massé aurait probablement manqué une marche ou deux...

Cela dit, les résultats du congrès de Québec solidaire annoncent une bataille politique très dure d'ici les élections de 2018. À partir du moment où aucune alliance du centre gauche n'est possible pour déloger les libéraux, seule une remontée importante du PQ ou de la CAQ permettra d'échapper à un autre mandat pour l'équipe de Philippe Couillard. Le faible taux de satisfaction de la population à l'endroit de son gouvernement permet de croire qu'il y aura un véritable désir de changement aux élections. Les libéraux tenteront d'incarner ce changement avec de nouveaux candidats et des promesses alléchantes, mais ce sera difficile et les regards se tourneront vers les partis d'opposition. Qui de François Legault ou de Jean-François Lisée saura répondre à ce besoin? Voilà la question. Si aucun des deux ne se démarque, on pourrait se retrouver encore une fois avec un gouvernement libéral. Peut-être minoritaire, mais libéral quand même...

Le plus ironique dans le refus de Québec solidaire de former une alliance électorale avec le PQ, c'est qu'elle est en partie le résultat des changements au financement électoral adoptés...sous le gouvernement de Pauline Marois. À défaut de représentation proportionnelle, on a mis sur pied un financement électoral public, proportionnel au nombre de votes obtenus aux élections. Avec comme résultat que les partis comme Québec solidaire jouissent maintenant d'un budget beaucoup plus  élevé que commanderait leur représentation politique à l'Assemblée nationale. Dans un tel contexte, les solidaires n'ont aucun intérêt économique à un mariage de raison avec les péquistes, qui pourrait mal tourner si une portion importante de leurs membres désavouent une telle alliance et se tournent vers Option nationale en guise de protestation.

Dernier point d'interrogation : que sera Québec solidaire sous la houlette de Manon Massé et de Gabriel Nadeau-Dubois ? Comme au temps des carrés rouges du printemps érable, GND n'est qu'un porte-parole de QS, en théorie... Mais en pratique, c'est une autre affaire. Ce qui est certain, c'est qu'il ne sera pas la réincarnation de Françoise David !




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