Quel clown!

Kevin O'Leary soutient avoir constaté qu'il n'aurait jamais obtenu... (La Presse canadienne, Nathan Denette)

Agrandir

Kevin O'Leary soutient avoir constaté qu'il n'aurait jamais obtenu suffisamment d'appuis du Québec pour battre Justin Trudeau aux prochaines élections.

La Presse canadienne, Nathan Denette

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CHRONIQUE / Kevin O'Leary pensait pouvoir copier Donald Trump. Il croyait qu'avec des déclarations-chocs et des promesses de bousculer les institutions, il pourrait devenir chef du parti conservateur et premier ministre du Canada. Il croyait pouvoir gagner l'appui des Québécois dans la langue de Shakespeare.

Le problème, c'est qu'O'Leary n'est même pas une pâle copie de Donald Trump. On a beau détester Trump et décrier ses politiques, il faut lui reconnaître une chose : il n'a jamais lâché prise malgré l'hostilité des médias, quand tout le monde prédisait qu'il n'avait aucune chance de devenir président des États-Unis.

Kevin O'Leary laisse tomber les 35 000 nouveaux membres du Parti conservateur qu'il avait recrutés et qui ont cru en lui. Il laisse tomber tous ceux et celles qui ont contribué à sa campagne de financement pour un montant total de 1,5 million $. Que reste-t-il de cette somme? Où ira le reste?

O'Leary avait attendu au lendemain du débat de Montréal, le 17 janvier, pour confirmer sa candidature. Il avait évité ainsi d'avoir à participer à ce débat bilingue. Il prétendait que son unilinguisme n'était pas un problème, arguant que c'est l'économie qui intéressait les Québécois. Aujourd'hui, il laisse tomber ses partisans moins de 24 heures avant le dernier débat officiel à Toronto. Il soutient avoir constaté qu'il n'aurait jamais obtenu suffisamment d'appuis du Québec pour battre Justin Trudeau aux prochaines élections. Il explique que le Québec, c'est la Floride du Canada, parce que la grande majorité des premiers ministres ont été élus grâce à l'appui de cette province. Tiens donc... C'est notre faute maintenant! 

L'explication est tout autre. L'homme ne manque pas seulement d'appuis chez nous, il manque de classe et de couilles. Trump n'avait peut-être pas de classe, mais il avait le reste...

O'Leary parti, c'est Maxime Bernier qui occupe la position de tête. Je ne suis pas sûr que notre Beauceron national a pris une bonne décision en participant à la conférence de presse d'O'Leary en fin d'après-midi. Ce n'était pas un moment très glorieux. La presse anglophone n'était pas particulièrement sympathique. M. Bernier aurait dû rester en retrait et laisser O'Leary s'empêtrer seul dans ses explications ridicules.

Mercredi matin, le chroniqueur Lawrence Martin du Globe and Mail commentait la position de tête de ces deux candidats dans la course à la direction des conservateurs. Selon lui, aucun n'avait la stature désirée pour diriger ce parti, mais Bernier avait au moins l'avantage d'être «populaire» au Québec. Martin est un journaliste de grande expérience, mais sa lecture du Québec est erronée. Maxime Bernier est très connu au Québec, mais pas pour les bonnes raisons. S'il est connu, c'est parce qu'on le tourne en ridicule depuis des années. Affirmer qu'il est populaire au point de pouvoir battre Justin Trudeau, c'est prématuré.

Il reste que le retrait de Kevin O'Leary vient brasser les cartes à un mois de l'élection du nouveau chef. Bernier pourrait en bénéficier, mais rien n'est acquis. La nouvelle a causé une telle commotion que beaucoup de membres en règle du Parti conservateur seront tentés de réévaluer leur position.

Je n'ai pas suivi cette campagne à la direction du parti d'aussi près que mes collègues de la galerie de la presse à Ottawa. Mais j'ai constaté, à l'écoute de leurs commentaires sur les réseaux anglophones, que personne n'est en mesure de prédire ce qui va se passer à partir de maintenant. Ce qui est clair, toutefois, c'est que Maxime Bernier est l'homme à battre pour les 12 autres candidats. Comme on dit en anglais, la campagne «anybody but Bernier» vient de commencer.




À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer