Une mauvaise journée

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Le gouvernement du Québec avait demandé des engagements précis du fédéral sur ses grands projets d'infrastructures dans les transports, il n'a rien obtenu... pour le moment.

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(Québec) CHRONIQUE / «Ça aurait pu être une meilleure journée», a admis mercredi le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, en réaction au budget du gouvernement fédéral. Dans la bouche de ce ministre gentleman, ça veut dire que le gouvernement Couillard est très déçu de ce budget. D'ailleurs, le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, qui a rencontré les journalistes aux côtés de M. Leitão, n'a pas caché sa frustration.

Le gouvernement du Québec avait demandé des engagements précis du fédéral sur ses grands projets d'infrastructures dans les transports, il n'a rien obtenu... pour le moment. C'est à se demander si le gouvernement Trudeau ne sera pas aussi tatillon en ce domaine qu'il l'a été dans le traitement de l'aide à la compagnie Bombardier.

Pour le ministre Leitão, ce budget est le reflet de la capacité d'intervention limitée de son homologue Morneau. Il a bien raison, et ça risque de durer. Parce que s'il est une chose qui frappe à la lecture de ce budget, c'est à quel point le gouvernement Trudeau continuera de s'enfoncer dans le rouge.

L'an dernier, le ministre des Finances avait déclaré que son budget visait à «redonner espoir» et à «redynamiser l'économie». Cette année, c'est M. Morneau qui a besoin d'espoir. La relance promise de l'économie se fait attendre et l'incertitude face à Donald Trump accentue le malaise.

Ce deuxième budget du gouvernement fédéral ne passera pas à l'histoire, parce que les grands investissements promis par le gouvernement Trudeau ont été annoncés l'an dernier. Mais ce qu'il révèle, c'est que le ministre Morneau n'a pas de marge de manoeuvre. Quand on en est réduit à augmenter les taxes sur le tabac et l'alcool, comme on l'a annoncé mercredi, c'est que les nouvelles sources de revenus sont rares. Aller chercher 0,50 $ de plus par cartouche de cigarettes dans les poches des fumeurs, ça fait dur de la part d'un gouvernement qui a promis d'aider la classe moyenne.

La dette du Canada aura grimpé de 51,5 milliards $ au cours des deux premières années de pouvoir des libéraux. Ce recours aux déficits a été bien accueilli l'an dernier parce que le Canada est le pays le moins endetté au sein des membres du G-7, et que tout le monde convient que les gouvernements qui le peuvent doivent intervenir pour stimuler l'économie. Mais encore faut-il qu'ils obtiennent des résultats. Or les investissements massifs dans les infrastructures, comme ceux mis de l'avant par le gouvernement Trudeau, ne donneront jamais de résultats rapides, s'ils en donnent. Même si on est encore loin des élections fédérales de 2019, le pire scénario serait de voir une économie stagnante, malgré une hausse de 100 milliards $ au chapitre de la dette.

On aura beau dire que le ratio de la dette par rapport au produit intérieur brut va rester stable, à 31,6 %, ce n'est pas un message facile à passer dans les chaumières. Parce qu'au rythme actuel, la dette totale du gouvernement fédéral va dépasser 700 milliards $ en 2019. Et ça, c'est facile à dénoncer en campagne électorale, d'autant plus que le gouvernement ne s'est toujours pas donné une cible de retour à l'équilibre budgétaire.

Pour le reste, tout le monde sera d'accord avec les montants annoncés pour l'innovation (527 M$) et la formation (753 M$), mais il s'agit là d'objectifs à long terme. Au fond, c'est la baisse du prix du pétrole qui plombe ce budget, et c'est le retour à des prix plus élevés qui aiderait le plus les finances publiques. Une situation quelque peu contradictoire pour un gouvernement qui s'est engagé à réduire son empreinte carbone pour lutter contre les changements climatiques.




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