Mais d'où viennent ces armes? 

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L'ampleur de la tragédie est telle que les parlementaires devront à nouveau se demander si on peut aller plus loin pour éviter que des telles armes, comme les AK-47 (photo), ne tombent entre les mains de radicaux ou de loups solitaires.

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(Québec) CHRONIQUE / L'élan de sympathie qu'ont transmis lundi, en notre nom, les élus municipaux, provinciaux et fédéraux, est à la hauteur du drame survenu dimanche soir à la grande mosquée de Québec. On a posé les bons gestes. Personne ne peut être insensible à la dignité dans la douleur manifestée par les représentants de la communauté musulmane qui ont perdu des proches dans cette tuerie.

D'autres gestes viendront. L'appel à la générosité envers les familles des victimes, lancé par le maire Régis Labeaume, en est un bon exemple. Il sera entendu par la population. Nos concitoyens musulmans visés par cette tuerie ont besoin de nous.

L'aide aux victimes est une chose, la prévention en est une autre. Le grand défi sera de comprendre. Qu'est-ce qui a mené le tueur à poser de tels gestes? A-t-on ignoré des signaux avant-coureurs?

Et encore une fois, il faudra se poser la question : comment ce jeune homme a-t-il pu se procurer les armes qui ont servi au massacre? Cela fait des décennies que l'on s'interroge sur le contrôle des armes à feu au Canada. En fait, c'est depuis le 6 décembre 1989, date fatidique de la tuerie à l'École polytechnique de Montréal. On en parle, mais le sujet fait toujours controverse. En juin, l'Assemblée nationale a adopté le projet de loi 64 visant à remplacer le registre des armes d'épaule aboli par le gouvernement de Stephen Harper. Huit députés ont voté contre, dont sept de la Coalition avenir Québec... Cette loi, qui n'entrera en vigueur qu'en 2018, stipule que toutes les armes à feu sur le territoire du Québec doivent être immatriculées et que toutes les transactions doivent être signalées. Est-ce suffisant? Aurait-elle pu empêcher l'auteur de la fusillade de dimanche soir de se procurer des armes? On ne le sait pas, mais il demeure surprenant de voir qu'un jeune homme de 27 ans ait pu avoir deux armes de poing et une autre du genre AK-47 en sa possession. 

L'ampleur de la tragédie est telle que les parlementaires devront à nouveau se demander si on peut aller plus loin pour éviter que de telles armes ne tombent entre les mains de radicaux ou de loups solitaires. La question était pertinente en 2014, lorsque Michael Zehaf-Bibeau a tué le caporal Nathan Cirillo de trois balles dans le dos devant le Monument commémoratif de guerre à Ottawa. La GRC a été incapable de trouver où le terroriste s'était procuré son arme. L'homme s'était pourtant fait retirer son passeport dans les mois précédant l'attentat, et il avait déjà fait de la prison pour vol et possession d'armes.

L'autre conséquence de la tragédie de dimanche touche le débat politique. On a senti un grand malaise, lundi, à la conférence de presse de François Legault, quand les journalistes ont demandé si ses prises de position avaient contribué à l'islamophobie au Québec. M. Legault n'a pas voulu élaborer sur le sujet. Mais personne ne peut nier que les controverses sur la laïcité, lancées par l'ADQ sous Mario Dumont et par le PQ avec la Charte de la laïcité, ont alimenté les préjugés contre les musulmans. Les prises de position récentes de la CAQ vont dans le même sens. La fusillade à la mosquée de Québec forcera tous les politiciens et, espérons-le, tous les commentateurs, à mesurer davantage leurs propos sur le sujet. Il est dangereux d'exploiter les craintes des gens pour gagner des votes, vendre de la copie, ou augmenter les cotes d'écoute.

Cela n'a pas empêché le porte-parole de Donald Trump, Sean Spicer, d'utiliser la tragédie de Québec pour justifier le décret de son patron limitant l'immigration musulmane aux États-Unis. Mais ça, c'est Trump. Il serait odieux de suivre son exemple.

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