Deltell: le chef devra être vraiment bilingue

Gérard Deltell... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Gérard Deltell

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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(Québec) CHRONIQUE / Expérience aidant, Gérard Deltell a fait sa place rapidement au sein de la députation conservatrice à Ottawa. Et depuis que la course à la direction du parti a été déclenchée, il est régulièrement consulté par ses collègues... sur les connaissances linguistiques des prétendants au trône.

«Ce que les collègues me demandent, c'est quel est le degré de bilinguisme de monsieur ou madame. Et leur référence, c'est Stephen Harper», a raconté Deltell au cours d'une rencontre avec Le Soleil à son bureau de Louis-Saint-Laurent, dans la région de Québec.

«On voit que l'enjeu du bilinguisme est important, ça revient tout le temps. Les gens savent que pour gagner, il faut gagner le Québec, et que tu ne peux pas gagner au Québec si tu ne parles pas les deux langues.»

La définition du bilinguisme peut être édulcorée selon les exigences qu'on lui impose. Bill Morneau, le ministre des Finances du gouvernement Trudeau, peut lire un texte en français et répondre à quelques questions si on a la patience de l'écouter, mais il n'est pas véritablement bilingue. Alors que Katherine McKenna, la ministre de l'Environnement, est capable de tenir une conversation correcte dans la langue de Molière, malgré un léger accent et un vocabulaire incomplet. C'est là que Gérard Deltell tire la ligne lorsqu'on lui demande son opinion sur le bilinguisme des candidats à la succession de Stephen Harper.

«Ce que je leur dis, c'est que la personne doit pouvoir s'exprimer en français, faire des entrevues et avoir des discussions informelles avec les militants. Mais il faut que la personne soit prête à faire un face-à-face avec Justin Trudeau à un débat dans deux ans et demi. Je peux accepter qu'il faille poser des questions lentement à un candidat aujourd'hui. Mais dans un débat, l'adversaire ne parlera pas lentement. C'est ça, le test. Si tu n'es pas capable de faire un débat dans deux ans et demi, n'y pense même pas.»

À l'heure actuelle, 14 personnes sollicitent la direction du Parti conservateur en vue du congrès du mois de mai. Deltell estime que la moitié d'entre elles peuvent prétendre au bilinguisme. Mais leur vrai test sera leur capacité de débattre avec Justin Trudeau, ce qui n'est pas acquis pour tout le monde. «Tu peux être un excellent député, un excellent ministre sans t'exprimer dans les deux langues, explique-t-il, mais si tu veux être premier ministre, il faut que tu parles les deux langues. Tous les députés du Québec sont d'accord là-dessus, et il y a énormément de députés qui sont d'accord là-dessus.»

Le principe de l'alternance entre francophones et anglophones a souvent guidé les partis politiques dans le choix de leur chef, surtout chez les libéraux. Deltell n'en fait pas une condition : «Peu importe que la meilleure personne, homme ou femme, soit de l'est, de l'ouest, du nord ou du sud, ça ne me dérange pas, mais il faut qu'il ou elle soit conservatrice et soit bilingue.»

Malgré la lune de miel avec l'électorat dont a bénéficié Justin Trudeau depuis son élection en 2016, Deltell estime que les conservateurs ont une chance réelle de reprendre le pouvoir en 2019, à la condition de faire le débat sur la gestion. Critique pour son parti en matière de finances, le député prédit que le gouvernement Trudeau se dirige vers un déficit accumulé de 150 milliards $ d'ici la fin de son mandat. «Si on l'attaque sur l'image, on va perdre. Mais sur la gestion, on est costaud. La popularité a ses limites. Pendant la campagne pour les élections complémentaires du 24 octobre dans Medecine Hat, les libéraux avaient réservé une salle de 500 personnes pour la venue de Trudeau. Ils en ont eu 2500, mais le conservateur a gagné avec 70 % des voix.»

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