Question de vie et de mort...

Justin Trudeau avait le coeur gros quand un... (La Presse canadienne, Sean Kilpatrick)

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Justin Trudeau avait le coeur gros quand un journaliste lui a demandé quel a été l'évènement le plus sombre de sa première année au pouvoir. Les exécutions de Robert Hall et de John Risdel ont grandement affecté le premier ministre canadien.

La Presse canadienne, Sean Kilpatrick

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(Québec) CHRONIQUE / Justin Trudeau a dû retenir ses émotions, lundi, lorsqu'un journaliste lui a demandé quel avait été l'événement le plus sombre de sa première année au pouvoir. C'est la mort de Robert Hall et John Risdel, les deux Canadiens enlevés et exécutés par le groupe terroriste Abu Sayyaf, aux Philippines. C'est lui qui a dû rejeter la demande de rançon des kidnappeurs au nom du Canada, et expliquer la décision aux familles.

On n'a pas souvent l'occasion de partager les émotions d'un chef de gouvernement dans de telles circonstances, mais on imagine facilement la situation, surtout lorsque les otages sont exécutés. D'un côté, il y a les familles des otages qui vivent un drame épouvantable, et à qui il faut également dire non à cause des précédents dangereux que créerait le versement des rançons demandées.

Les gouvernements sont toujours interpellés dans de telles circonstances. Ils font appel à leurs services diplomatiques et aux autorités des pays concernés pour tenter d'obtenir la libération des otages. Dans certains cas, l'intervention de tiers donne des résultats, mais c'est l'exception. Un gouvernement qui céderait à un tel chantage mettrait en danger tous ses citoyens à l'étranger.

On sait que certains pays, dont la France, ont cédé au chantage lorsque le sort des otages était très médiatisé. Mais la position canadienne sur le sujet a toujours été de dire non. Le principe est facile à défendre, mais cela ne rend pas la situation plus facile à vivre. 

Le bilan de la première année du gouvernement Trudeau a montré un chef politique toujours désireux de trouver des compromis avec les provinces au lieu de leur imposer les diktats d'Ottawa. Son véritable test se jouera lundi à la rencontre des ministres de la Santé et des Finances. 

Paul Martin avait comblé les provinces en 2004, en leur accordant une hausse annuelle des paiements de transfert en santé de 6 % pendant 10 ans. Stephen Harper a fermé la porte à une telle générosité, et annoncé que l'augmentation serait dorénavant ramenée à la croissance du PIB nominal, avec une période de transition jusqu'en 2017. Au cours des derniers jours, la rumeur a couru selon laquelle on pourrait prolonger cette période de transition d'une année de plus, afin de donner le temps aux négociations. M. Trudeau n'a fermé aucune porte, mais il a pesé ses mots : «Les gens s'attendent à ce qu'on agisse de façon mesurée, mais aussi de façon assez immédiate sur la santé». «Mesurée», cela implique une prise en compte de la capacité de payer du gouvernement, mais «de façon immédiate» annonce une intention de régler le dossier rapidement.

En soi, c'est une position encourageante mais qui implique des compromis. Le désengagement du gouvernement Harper de la santé a fait mal au système, a dit le premier ministre. Une déclaration qui réaffirme l'intention du gouvernement central de demander des comptes aux provinces, en retour du financement fédéral. C'est une exigence à laquelle le Québec s'est toujours opposé.

Un dernier point sur la conférence de presse de M. Trudeau : le premier ministre ne semble pas comprendre que les activités de financement de son parti à 1500 $ par personne font problème même s'il est vrai que les invités n'y discutent pas de dossiers précis. En politique, les apparences font souvent plus de dommages que la réalité. Or ces rencontres privées à 1500 $ le couvert dans des résidences cossues de Vancouver, Toronto ou Montréal vont dans le sens opposé aux règles d'éthique auxquelles M. Trudeau a convié ses collègues ministres et députés en prenant le pouvoir. S'il ne corrige pas le tir rapidement, il en paiera le prix politique un jour.

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