Crise de confiance

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La ministre de la Justice Stéphanie Vallée semble totalement dépassée par une décision de la Cour suprême qui évite la prison à des criminels notoires, soutient notre chroniqueur.

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(Québec) CHRONIQUE / Comment voulez-vous que l'électorat ne soit pas attiré par les solutions faciles d'un Donald Trump quand on voit jour après jour l'incurie de nos gouvernements et de nos institutions?

Une ministre de la Justice (Stéphanie Vallée) totalement dépassée par une décision de la Cour suprême qui évite la prison à des criminels notoires, une ancienne ministre des Finances (Monique Jérôme-Forget) qui oublie les décisions qui ont mené à ce qui pourrait être la pire fraude immobilière du Québec, un recteur (Denis Brière) qui flambe un demi-million de dollars dans les services d'une firme de relations publiques même s'il a une équipe de 80 personnes dans son service de communications.

On n'en finit plus de voir nos politiciens et nos systèmes de gouvernance mis à mal par l'actualité sur une base quotidienne. Essayez d'expliquer à votre voisin comment notre système de justice a pu libérer un mafioso notoire des accusations portées contre lui, en raison d'une décision de la Cour suprême, le plus haut tribunal du pays.

Essayez de comprendre comment la Cour a pu rendre un tel jugement, qui établit des délais pour être entendu en matière pénale et criminelle, sans tenir compte des conséquences. «L'introduction de ces plafonds risque sérieusement d'obliger les tribunaux à prononcer l'arrêt des procédures dans des milliers d'affaires», avait pourtant écrit le juge Thomas Cromwell au nom de trois autres juges dissidents.

Je comprends que la Cour a voulu brasser le système de justice qui souffre de lenteurs inacceptables. Mais essayez, juste pour voir, d'expliquer aux honnêtes citoyens pourquoi nos institutions sont incapables de corriger les lacunes du système sans libérer des centaines de criminels. Essayez de leur expliquer pourquoi la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, qui a vu venir les conséquences d'un tel jugement depuis le mois de juillet, semble incapable de réagir efficacement.

Il faudrait des circonstances «exceptionnelles» pour se soustraire à ce jugement par l'utilisation d'une clause dérogatoire, a dit Mme Vallée. Or c'est une situation «exceptionnelle», a-t-elle reconnu dans le même point de presse. Et alors? Qu'est-ce qu'on attend?

ET LE SCANDALE

Quand Philippe Couillard en est rendu à faire valoir que le scandale dans la vente des immeubles de la Société immobilière du Québec (SIQ) n'est pas le fait de son gouvernement... donc  celui de Jean Charest... c'est parce que cette affaire ne sent vraiment pas bon.

S'il est vrai que ce dossier est la pire fraude immobilière du Québec, il serait alors le pire exemple de mauvaise gouvernance de la part des libéraux. Ils avaient nommé à la tête de la SIQ un personnage que la ministre responsable n'aimait pas mais qui était pistonné d'en haut parce qu'il finançait le parti; il a vendu trois immeubles malgré des analyses sérieuses déconseillant ces transactions; des commissions illégales auraient été versées dans des comptes bancaires à l'étranger. Et quand les acheteurs ont été incapables de payer les sommes convenues aux dates convenues, les politiciens leur ont donné les délais demandés au lieu de reprendre les immeubles et d'empocher des dépôts de 50 millions $.

Je vous épargne les petits détails de cette sordide affaire. Encore cette semaine, la ministre du temps, Monique Jérôme-Forget, m'a fait savoir qu'elle ne se souvenait pas d'une rencontre au cours de laquelle le «politique» aurait accordé des délais supplémentaires aux acheteurs de ces édifices, malgré un avis contraire du conseil d'administration de la SIQ. 

L'opposition voudrait l'interroger en commission parlementaire. Mais sur quoi, si elle a tout oublié?

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