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«Comment les élus libéraux peuvent-ils se regarder dans les yeux et dire à quel point ils sont fiers de leur parti, de leurs années au pouvoir et de leur ancienne collègue Monique Jérôme-Forget ?», demande notre chroniqueur Gilbert Lavoie.

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(Québec) CHRONIQUE / En écoutant l'émission Enquête, jeudi soir, je me suis senti comme le gars d'un petit village encore sous le choc après avoir appris qu'un crime grave a été commis dans sa rue. La fraude immobilière sur des immeubles gouvernementaux et impliquant des collecteurs de fonds du Parti libéral est tellement scandaleuse qu'on a peine à croire que ça puisse s'être passé ici, à deux pas de l'Assemblée nationale du Québec! On a l'habitude de se faire dire que la corruption est endémique ailleurs, mais pas ici, et surtout pas comme ça, sous le nez de nos élus!

Je me demande comment se sentent les ministres et les députés du Parti libéral à la lumière d'un tel scandale. Comment peuvent-ils se regarder dans les yeux et dire à quel point ils sont fiers de leur parti, de leurs années au pouvoir et de leur ancienne collègue Monique Jérôme-Forget. Si j'étais un des leurs, j'irais siéger comme indépendant pendant quelques mois en guise de protestation, le temps d'évacuer l'odeur de purin qui empeste encore l'héritage de ces années libérales.

Je vous reviendrai sur le sujet mardi. Je dois d'abord vous parler de cette affaire d'espionnage des journalistes. Il y aura donc une commission d'enquête publique. La décision s'imposait. Mais le danger qui guette les commissaires est de voir leur mandat s'enliser dans la tache d'huile partisane qui s'annonce. Mercredi, les libéraux ont pris plaisir à signaler que l'espionnage de journalistes par la Sûreté du Québec s'était fait sous la gouverne du ministre péquiste Stéphane Bergeron. Jean-François Lisée a réagi et annoncé que Bergeron se retirait de son poste de critique de la sécurité publique, pour éviter les conflits d'intérêts. C'était sage. Mais deux heures plus tard, il a profité de la période de questions pour demander à Philippe Couillard si la commission irait aussi loin que huit ans en arrière pour étudier une demande d'enquête sur des fuites, par l'ancien ministre libéral Robert Dutil. Il en a remis en se lançant sur le cas de Nathalie Normandeau. Philippe Couillard a riposté avec les propos récents de Lisée selon qui la Sûreté du Québec avait prévenu le gouvernement Marois à trois reprises d'enquêtes en cours sur des gens du Parti québécois.

On le voit déjà, il sera difficile d'éloigner les intérêts partisans de la rédaction du mandat de la commission d'enquête.

Selon les termes utilisés par le premier ministre, la liberté de la presse et l'indépendance des pouvoirs seront les grands principes au coeur du mandat de cette enquête publique. La liberté de la presse, ça passe notamment par la protection des sources journalistiques, par les pouvoirs de la police et par la surveillance de ces pouvoirs par les tribunaux.

L'indépendance des pouvoirs, c'est tout aussi complexe. Quelles contraintes doit respecter le ministre de la Sécurité publique dans ses relations avec les corps policiers? Quelles règles doivent encadrer le choix du directeur de la Sûreté du Québec? Faudrait-il que sa nomination soit entérinée par les deux tiers de l'Assemblée nationale?

Dans un monde idéal, les élus devraient s'entendre facilement sur de tels sujets. Mais si on tente d'élargir le débat à des fins partisanes, cette enquête peut devenir un cirque. Ce qu'il importe de savoir, c'est comment et pourquoi les corps policiers en sont venus à espionner les journalistes, s'ils ont suivi des ordres d'en haut, si c'est une pratique isolée dans le temps et sinon quelle est son ampleur. Et aussi, comment les juges de paix ont pu autoriser un tel espionnage sans se poser de questions. Il ne faudrait pas que le mandat limite le travail des commissaires, tout comme il serait malsain de les envoyer dans toutes les directions et de noyer le poisson.

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